Cotonou accueille le Sommet Climate Chance Afrique 2025 sur les énergies renouvelables
La ville de Cotonou accueillera en 2025 le Sommet Climate Chance Afrique (SCCA2025), un rendez-vous majeur des acteurs africains engagés dans la lutte contre le changement climatique. Organisé en collaboration avec l’association Climate Chance, l’événement se tiendra sur deux jours et réunira une diversité de participants venus de tout le continent : personnalités politiques, experts, collectivités locales, entreprises, ONG, mouvements de jeunes et réseaux professionnels.
Placé sous le thème « Les énergies renouvelables : un défi africain », le sommet entend mettre en lumière les enjeux liés à la transition énergétique sur le continent, tout en valorisant les solutions africaines en matière d’atténuation, d’adaptation et de préservation de la biodiversité.
Au programme, des plénières de haut niveau, des ateliers participatifs, des séances de pitchs de projets, des animations interactives et des moments de réseautage stratégique. Trois grands axes structureront les discussions : l’adaptation urbaine, en lien avec la résilience des villes et des territoires face aux aléas climatiques ; l’atténuation à travers le développement des énergies renouvelables ; et la biodiversité, notamment par la création de corridors écologiques et l’adoption de solutions fondées sur la nature.
En accueillant cet événement panafricain, Cotonou affirme son engagement pour le climat et se positionne comme une ville moteur de la transition écologique sur le continent africain. Le Sommet Climate Chance Afrique 2025 s’annonce ainsi comme une étape cruciale dans la construction d’un avenir durable, porté par et pour les Africains.
Megan Valère SOSSOU
Réserve de biosphère de la Basse vallée de l’Ouémé : Benkadi matérialise une porte d’entrée aux Aguégués
La Plateforme des Acteurs de la Société civile au Bénin (PASCiB) à travers son projet environnemental Benkadi a matérialisé une porte d’entrée de la réserve de biosphère de la basse vallée de l’Ouémé. La cérémonie officielle a été présidée le mercredi 23 juillet 2025 à l’embarcadère par le Chef projet Benkadi, M. Sagbo Damien Djodjo Kouton en présence du Maire de la Commune des Aguégués M. Marc Gandonou.
Le Chef Projet Benkadi à gauche remettant l’ouvrage au Maire des Aguégués à droite
Dans son intervention, le Chef Projet Benkadi a précisé que la cérémonie du jour est la matérialisation du processus de renforcement des capacités des communautés vulnérables pour une résilience face aux effets des changements climatiques. C’est surtout le couronnement des activités d’actualisation des plans d’aménagement et de gestion et le renforcement des Aires Communautaires de Conservation de la Biodiversité (Accb).
Pour Monsieur Djodjo Kouton, il était convenu que les réserves de biosphère soient délimitées et matérialisées. Mais cela est quasi impossible tout autour du périmètre. La Commune des Aguégués étant une commune verte, sa position par rapport à la réserve de l’Ouémé indique que le projet Benkadi puisse la retenir comme une porte d’entrée de ladite réserve.
C’est cette matérialisation qui a été faite à travers l’implantation d’une plaque à l’entrée de la commune. Ceci est l’expression d’une mission accomplie au terme de la mise en œuvre du projet. Le Chef projet Benkadi, M. Sagbo Damien Djodjo Kouton a profité de l’occasion pour saluer l’engagement du Maire, de toute sa communauté et souhaité que les actions engagées puissent continuer au delà de Benkadi afin de rendre durable la résilience des communautés face aux effets de changement climatique.
La plaque de la réserve de biosphère de la base vallée de l’Ouémé à l’embarcadère des Aguégués
Dans son mot de remerciement à l’équipe du projet pour le travail abattu ensemble, le Maire des Aguégués, M. Marc Gandonou a laissé entendre que la fin de Benkadi est une fin heureuse au regard des acquis réalisés.
Toutefois, l’espace est encore libre pour réaliser de grands projets comme ce qui a été fait avec Benkadi. Il a tenu à saluer la prise en compte de la communauté dans la conduite de toutes les activités. La matérialisation actuel selon le Maire est le symbole du travail fait ensemble. Il restera très longtemps et quiconque y compris les acteurs actuels passera dans les années à venir se rappellera le travail accompli dans le but d’atténuer les effets de changement climatique.
Mais, comme dans sa commune la situation reste encore critique surtout avec les inondations, et que dame nature pour cette année commence déjà par dicter sa loi, cela montre qu’il reste beaucoup à faire. C’est pour cette raison qu’il lance au nom de ses collègues maires de l’Ouémé et même du Mono, un appel pour que d’autres projets puissent emboîter les pas à Benkadi afin d’aider les communautés vulnérables à faire face aux effets des changements climatiques.
Cell Com/ Bekadi Bénin
À Adjohoun, les communautés unies avec ODDB pour restaurer la forêt de Kolizoun
Porté par la volonté de sauvegarder les ressources naturelles locales, le projet de restauration communautaire de la forêt de Kolizoun, soutenu par le partenaire Up2Green, mobilise depuis deux ans les villages d’Affossodo, Houèdo-Wo et Houèdo-Agué dans une dynamique collective de reboisement. Le jeudi 30 janvier 2025, une mission de suivi-évaluation a permis de mesurer les résultats obtenus sur le terrain.
La forêt Kolizoun, située dans la commune d’Adjohoun, subit depuis plusieurs années une forte pression humaine. Face à cette dégradation avancée, l’ONG ODDB a initié, avec l’appui financier de Up2Green, un projet structuré de restauration écologique et de sensibilisation communautaire.
Depuis 2023, les trois communautés partenaires (Affossodo, Houèdo-Wo et Houèdo-Agué) s’impliquent activement dans l’installation de plantations communautaires sur les terres dégradées avec des espèces à croissance rapide (Acacia auriculiformis et Eucalyptus camaldulensis) pour satisfaire la demande croissante en bois-énergie des communautés et la restauration des parties dégradées de la forêt avec des espèces forestières autochtones (Ceiba pentandra, Cola gigantea, Pterocarpus santalinoides, Kaya senegalensis, Terminalia superba, etc)..
Des résultats encourageants en deux phases.
La première phase, réalisée en 2023, a permis de reboiser 8 hectares dont 6 hectares consacrés aux plantations de bois-énergie et 2 hectares pour les essences forestières.
En 2024, la deuxième phase a amplifié l’initiative. Ainsi, huit (8) hectares supplémentaires de plantations communautaires ont été réalisées dont cinq (5) hectares pour les plantations de bois de chauffe et 3 ha alloués exclusivement à la restauration de la forêt naturelle.
Dans les trois villages, Affossodo et Houèdo-Wo ont chacun reboisé 3 hectares. Quant à Houèdo-Agué 2 hectares ont été restaurés. Les espèces choisies Acacia et Eucalyptus offrent une couverture végétale rapide pour satisfaire les demandes en bois-énergie des communautés d’ici 3-4 années tout en servant de barrière de protection pour les formations forestières naturelles replantées sur 5 hectares de la forêt Kolizoun.
La mission de suivi-évaluation conduite le 30 janvier 2025 a mobilisé une équipe mixte composée de quatre membres de l’ODDB, de cinq représentants des autorités locales (chefs de village et conseillers), ainsi que de trois pépiniéristes.
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Les visites sur les cinq sites reboisés ont révélé un excellent taux de survie des plants, confirmant le soin et l’engagement des populations locales. Lors de la réunion d’évaluation qui a suivi, chaque acteur a pu partager ses impressions, ses inquiétudes et ses propositions pour améliorer les prochaines interventions.
« La détermination des communautés dans les travaux de reboisement montre à quel point elles ont compris l’importance de ce projet », a souligné Tanguy Houngbédji, animateur du projet.
Ce projet, au-delà de son aspect environnemental, renforce la cohésion sociale autour d’un objectif commun : la résilience écologique. Il s’inscrit dans une logique durable où les communautés sont au cœur de l’action, actrices de la préservation de leur patrimoine naturel. À Kolizoun, les arbres reprennent racine, et avec eux, l’espoir d’une forêt restaurée pour les générations futures.
Megan Valère SOSSOU
Gestion des aires protégées en Afrique : African Parks renforce la protection des droits humains
Pour enquêter sur toutes les allégations de fautes graves affectant les communautés vivant dans ou autour des zones protégées qu’elle gère à travers le continent africain, l’organisation de conservation African Parks (AP) a annoncé la création d’un comité indépendant chargé de superviser son mécanisme de réclamation et de recours (GRM).
Ce comité vise à offrir une réponse crédible et impartiale aux griefs exprimés par les communautés locales et les autres parties prenantes. Il garantira une supervision autonome du fonctionnement du mécanisme de gestion des plaintes existant, contribuant ainsi à prévenir et résoudre les conflits sociaux souvent liés à des divergences de valeurs, d’intérêts ou à des pressions extérieures.
Les membres de ce comité indépendant, qui rendront compte directement au conseil d’administration d’African Parks, joueront également un rôle consultatif en matière de droits humains.
« Nous sommes profondément reconnaissants envers ces experts juridiques qui consacrent leur temps à titre bénévole pour promouvoir les droits de l’homme dans le domaine de la conservation. Leur expérience et leur expertise profiteront grandement aux communautés dans lesquelles African Parks opère, garantissant que l’organisation respecte les normes internationales en matière de droits de l’homme. Nous considérons le lancement du Panel indépendant comme une initiative clé parmi une série d’améliorations critiques mises en œuvre dans l’ensemble de notre organisation », a déclaré Peter Fearnhead, PDG d’African Parks.
Le Groupe indépendant du GRM est composé de six éminents juristes africains spécialisés dans les droits humains : le juge Isaac Lenaola de la Cour suprême du Kenya, Ivete Mafundza Espada, avocate au Mozambique, le juge Zione Ntaba de la Haute Cour du Malawi, Brigadier Siachitema, avocat en Zambie, Isidore Clément Capo-Chichi, avocat béninois, et Justice Violet Mavisi, juge au Kenya. Leur travail sera soutenu par un conseiller externe spécialisé en droits humains et en justice pénale, ainsi que par une équipe d’enquêteurs et de spécialistes chargés d’accompagner les victimes.
Dans un communiqué, https://www.africanparks.org/african-parks-announces-appointment-independent-panel-grievance-resolution l’organisation souligne : « African Parks a considérablement amélioré ses processus de protection dans l’ensemble de l’organisation. Ces améliorations continues favoriseront la collaboration avec les communautés locales et garantiront le respect et la protection des droits humains pour toutes les parties prenantes. African Parks continuera d’améliorer son approche de la conservation, en veillant à ce qu’elle soit fondée sur les droits et durable dans toutes ses dimensions. »
Pour rappel, African Parks est une organisation à but non lucratif dédiée à la gestion à long terme des aires protégées. À ce jour, elle gère 23 sites dans 13 pays africains, totalisant plus de 20 millions d’hectares, notamment en Angola, au Bénin, en République centrafricaine, au Tchad, en RDC, en Éthiopie, au Malawi, au Mozambique, en République du Congo, au Soudan du Sud, au Rwanda, en Zambie et au Zimbabwe. L’ensemble de ces interventions sont menées en étroite collaboration avec les gouvernements nationaux et les communautés locales.
En République Démocratique du Congo, African Parks est active depuis 2005 dans le Parc National de la Garamba, l’un des plus anciens parcs d’Afrique, situé dans le nord-est du pays. La gestion s’y effectue en partenariat avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).
Ce renforcement des mécanismes de redevabilité intervient dans un contexte délicat pour African Parks. En mai 2025, l’organisation a reconnu que « dans certains cas, des violations des droits humains ont été commises » dans le cadre de ses activités au Congo-Brazzaville. Ces aveux faisaient suite à une enquête menée par un cabinet indépendant, après de graves accusations de la part de membres du peuple Baka. Ces derniers affirment avoir subi des violences, tortures, voire des viols de la part de rangers opérant dans le parc national d’Odzala-Kokoua, que l’ONG cogère depuis 15 ans avec le gouvernement congolais.
Dans son communiqué du 8 mai,https://www.africanparks.org/african-parks-response-conclusion-independent-human-rights-investigation-odzala-kokoua-nationalAfrican Parks exprimait ses regrets face à la douleur causée aux victimes et reconnaissait des « défaillances » dans son dispositif. Soutenues par l’organisation Survival International, les victimes réclament justice. Ces faits ont ravivé les critiques sur le modèle de conservation de type « forteresse » de l’organisation, longtemps présidée par le prince Harry, qui siège toujours à son conseil d’administration.
Megan Valère SOSSOU
Bénin : des villages jadis oubliés, aujourd’hui connectés à l’eau potable
Dans la commune de Bantè, les habitants ont longtemps cru que l’eau potable était un luxe réservé aux riches. « Nous n’avons jamais bénéficié des services de la Soneb », déplorait un habitant il y a encore quelques années. Aujourd’hui, cette situation est en train de changer.
Des communes comme Banikoara, Bembèrèkè ou encore Lokossa voient fleurir des forages, des réservoirs d’eau modernes et des bornes-fontaines, signes concrets d’une révolution silencieuse. Trente-huit forages d’exploitation et trois piézomètres y ont récemment été approuvés en Conseil des ministres pour améliorer la disponibilité en eau potable.
Dans les départements du Borgou, de l’Atacora et de la Donga, 177 forages sont en cours de réalisation pour alimenter 47 systèmes multi-villages. Un défi géographique majeur que le gouvernement a décidé de relever pour améliorer la vie quotidienne.
Quand l’eau coule enfin
À Bantè, longtemps privée d’infrastructures hydrauliques, les habitants découvrent les effets d’un vaste programme : deux forages réhabilités, trois nouveaux forages, près de 39 000 ml de conduites posées, des réservoirs de 200 m³… et, surtout, une eau désormais accessible à bas prix.
À Glazoué, la pose de 38 100 ml de conduites, la construction de réservoirs de 500 m³ et l’installation de systèmes de télégestion modernisent tout un réseau. La station d’Ayédjoko, d’une capacité de 2 millions de m³, alimente Savè, Dassa-Zoumè et Glazoué.
Même dynamique à Savalou où un important projet d’extension vise à renforcer le réseau existant et connecter de nouveaux quartiers. Les écoles aussi en bénéficient : 123 postes d’eau modernes y ont été installés, notamment dans les établissements dotés de cantines scolaires.
À Abomey-Calavi, une réponse structurelle à la pression démographique
En 2016, Abomey-Calavi produisait 13 574 m³/jour d’eau potable, alors que les besoins excédaient 17 358 m³/jour. Grâce au projet d’adduction d’eau, la ville respire mieux.
La phase I, mise en service en octobre 2020, a permis une production additionnelle de 1 500 m³/h, impactant 240 000 personnes. Les localités de Agori 1 et 2, Houèto, Tankpè ou Zogbadjè sont désormais connectées. La phase III ciblera Ahossougbéta, Ouèdo et Togba, avec un raccordement au réseau de la Soneb pour garantir qualité et coût accessibles.
Une couverture passée de 42 % à 82 % en milieu rural
Autrefois, seuls 300 villages étaient alimentés en eau potable. Aujourd’hui, grâce à la stratégie des adductions d’eau multi-villages, le taux de desserte rural est passé de 42 % à 82 %. 294 bornes-fontaines ont été réalisées sur les 611 prévues, touchant près de 500 villages.
Un modèle pensé pour l’équité : au bout du système, des bornes permettent aux ménages non encore raccordés d’avoir accès à l’eau, à des prix réduits, le branchement individuel coûtant désormais 10 000 F CFA.
Pour réussir cette transformation, le gouvernement a mis en œuvre une réforme clé : la scission de la Soneb en deux entités distinctes, dont la Sobie chargée des infrastructures, et une seconde structure dédiée à la distribution en zones urbaine et rurale.
Réformes profondes et scission de la Soneb
L’objectif : moderniser les équipements vétustes, professionnaliser la gestion et garantir une tarification équitable. « Les réformes menées ont visé à moderniser les équipements. Elles concernent également la professionnalisation du service d’eau en milieu rural et visent à rétablir l’équité en matière de prix », explique le ministre Paulin Akponna.
En neuf ans, le taux de desserte urbaine est passé de 50 % à 75 %, avec 114 000 nouveaux abonnés. La maintenance des ouvrages et les investissements stratégiques dans toutes les régions ont positionné le Bénin comme un modèle régional.
« Ce que le président Patrice Talon promet est toujours suivi du concret », affirme le ministre Akponna, qui annonce déjà de nouvelles perspectives, aussi bien en ville qu’en milieu rural.
Aujourd’hui, grâce à cette politique audacieuse, le Bénin trace son chemin vers l’objectif 6 des ODD : garantir l’accès de tous à l’eau potable d’ici 2030.
Megan Valère SOSSOU
Koudjé, là où le typha cède la place à la vie : un projet pilote qui transforme les marais en moteur de résilience
Dans le Dallol Bosso, aux abords de la réserve de Dosso, un combat silencieux se joue : celui de l’homme contre les plantes envahissantes. Mais ici, c’est la nature qui gagne, avec l’homme comme allié. Sur ce territoire le Projet NB-ITTAS transforme des vies grâce à une restauration au service de la communauté.
Dans la commune de Falmey, région de Dosso au Niger, le Projet NB-ITTAS a permis de mettre en œuvre un projet pilote audacieux : la gestion écologique de la mare de Koudjé, envahie par le Typha domingensis, une plante aquatique invasive qui menaçait les moyens de subsistance locaux, la biodiversité et les équilibres hydrologiques.
L’initiative, portée par l’Autorité du Bassin du Niger avec l’appui du FEM, s’est concentrée sur trois axes d’intervention. Il s’agit du faucardage de 10 hectares de typha pour libérer la mare ; de la formation de 31 membres des coopératives locales, dont 9 femmes, sur la GIRE, la gestion communautaire et l’utilisation durable des ressources naturelles ; et la mise en place d’un hectare de site maraîcher irrigué, apportant une nouvelle source de revenu durable pour les populations riveraines.
Pour accélérer le processus pour l’atteinte des résultats, des équipements de pêche et de transformation ont également été remis aux mareyeuses et pêcheurs de Koudjé, concrétisant l’ambition du projet : restaurer l’environnement tout en améliorant la vie des communautés.
Une dynamique collective portée par les acteurs locaux
Le projet s’appuie sur quatre organisations paysannes solidement ancrées dans les villages de Koudjé, regroupant hommes et femmes dans une dynamique coopérative. Avec l’appui de la mairie et des services techniques, des comités de gestion ont été mis en place, assurant un suivi de proximité et la sécurisation des aménagements.
Les premiers résultats sont visibles : les habitats se reconstituent, l’eau circule à nouveau, les revenus augmentent, et les savoirs se transmettent.
C’est un véritable projet intégré qui transforme substantiellement des vies. A Koudjé, la lutte contre le typha n’est pas seulement écologique. Elle est sociale, économique, culturelle. Elle incarne l’avenir.
Après le « happy end »
La communauté exprime un fort engouement pour une extension du projet. Mais des défis subsistent, notamment les menaces sécuritaires et les lenteurs administratives. Le Niger plaide pour que, dans la phase 2 du Projet NB-ITTAS : les projets à fort impact économique soient multipliés (apiculture, écotourisme, éducation environnementale) ; les programmes régionaux soient priorisés, notamment dans le complexe W et les zones humides partagées avec le Bénin et le Burkina ; et la biodiversité soit mieux suivie et valorisée, y compris les espèces aviaires et les produits forestiers non ligneux.
Mais en attendant, les populations profitent d’une nouvelle vie agréable. Plus qu’un projet pilote, Koudjé est une preuve vivante que la gestion durable des ressources peut rimer avec dignité humaine et espoir collectif.
Communication Projet NB-ITTAS
Nice sonne l’alerte et l’engagement pour les océans
Sur les rives de la Méditerranée, la ville de Nice a accueilli, du 9 au 13 juin, la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC3), co-organisée par la France et le Costa Rica. L’événement a réuni 15 000 participants, dont plus de 60 chefs d’État et de gouvernement, venus des quatre coins du monde pour réfléchir à l’avenir des mers et des océans.
La clôture a été marquée, vendredi, par le puissant concert des cornes de brume des navires du port de Nice. Juste avant, plus de 170 États avaient adopté une déclaration politique ambitieuse visant à accélérer la préservation des océans.
« Nous clôturons cette semaine historique non seulement avec de l’espoir, mais avec des engagements concrets, une direction claire et une dynamique incontestable », a affirmé Li Junhua, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales, et secrétaire général de la conférence.
Un plan d’action global
La conférence a donné naissance au Plan d’action de Nice, fondé sur deux piliers : une déclaration politique commune des États membres, et plus de 800 engagements volontaires portés par des gouvernements, des scientifiques, des agences de l’ONU et des représentants de la société civile.
Parmi les annonces les plus marquantes, la Commission européenne a promis un milliard d’euros pour la conservation des océans, la science marine et la pêche durable. La Polynésie française a quant à elle annoncé la création de la plus grande aire marine protégée au monde, couvrant l’ensemble de sa zone économique exclusive, soit environ cinq millions de kilomètres carrés.
L’Allemagne s’est engagée à hauteur de 100 millions d’euros pour le retrait de munitions immergées dans les mers du Nord et Baltique. De son côté, la Nouvelle-Zélande a débloqué 52 millions de dollars pour améliorer la gouvernance océanique dans le Pacifique. L’Espagne a annoncé la création de cinq nouvelles aires marines protégées.
Une coalition de 37 pays, menée par le Panama et le Canada, a lancé la High Ambition Coalition for a Quiet Ocean, pour lutter contre la pollution sonore sous-marine. Par ailleurs, l’Indonésie, en partenariat avec la Banque mondiale, a présenté une « obligation corail » destinée à financer la conservation des récifs coralliens.
« Les vagues du changement déferlent », a souligné M. Li. « Il est désormais de notre responsabilité collective de les endosser – pour les peuples, pour la planète, pour les générations futures ».
Une scène de diplomatie planétaire
L’ouverture de la conférence a été marquée par un constat sans appel du secrétaire général de l’ONU, António Guterres : « Nous ne traitons pas l’océan à la hauteur de ce qu’il est – le bien commun mondial par excellence. »
Les présidents Emmanuel Macron et Rodrigo Chaves Robles ont, quant à eux, plaidé pour un renouveau du multilatéralisme, fondé sur la science.
Lors de la clôture, l’envoyé spécial de la France, Olivier Poivre d’Arvor, a rappelé le pari de cette édition : « À Nice, nous avons voulu tenter un pari : celui d’un changement transformateur. Je pense que nous avons avancé, mais nous ne pouvons plus reculer. »
L’un des objectifs principaux de la conférence était d’accélérer l’entrée en vigueur du traité sur la haute mer (BBNJ), adopté en 2023. Avec 19 ratifications supplémentaires annoncées cette semaine, le traité compte désormais 50 ratifications sur les 60 requises. « C’est une victoire considérable », a déclaré M. Poivre d’Arvor. « Il est très difficile d’agir pour l’océan aujourd’hui, alors que les États-Unis sont aussi peu impliqués. » Faisant référence à l’absence de hautes autorités américaines et à l’ordonnance du président Donald Trump visant à lancer l’exploration minière dans les grands fonds marins, il a insisté :
« Les abysses ne sont pas à vendre. » Il s’est toutefois félicité de la participation massive : « Un pays est peut-être absent, mais 92 % des copropriétaires étaient présents aujourd’hui à Nice. » Le ministre des Affaires étrangères du Costa Rica, Arnoldo André-Tinoco, a appelé à un engagement ferme en faveur du financement de la protection océanique : « Chaque engagement doit être scrupuleusement suivi. »
Un moment charnière pour l’avenir marin
Peter Thomson, envoyé spécial de l’ONU pour l’océan, a souligné l’importance du tournant que représente cette conférence : « Ce n’est pas tant ce qui se passe lors de la conférence qui compte, mais ce qui en découle. » Il a évoqué les avancées majeures depuis l’adoption de l’ODD 14 en 2015 : « En 2015, nous étions dans un désert… Regardez où nous en sommes aujourd’hui ! »
Tous les regards sont désormais tournés vers la quatrième conférence, prévue en 2028 au Chili et en Corée du Sud. Peter Thomson a exprimé son espoir de voir d’ici là les grands accords multilatéraux pleinement ratifiés et appliqués : le BBNJ, l’accord de l’OMC sur les subventions à la pêche, et le futur traité sur les plastiques. « Que ferons-nous quand cet objectif arrivera à maturité ? Il faudra aller plus loin, faire preuve de plus d’ambition. »
Saluant les engagements exemplaires des petits États insulaires, il a lancé : « Si de petits pays peuvent faire de grandes choses, pourquoi les grands ne suivraient-ils pas ? » Portant un collier offert par les îles Marshall, il a rappelé : « Les premiers bénéficiaires des aires marines protégées, ce sont les communautés de pêche. »
Des tensions en filigrane
Malgré l’élan général, certaines divergences ont émergé. Les petits États insulaires en développement (PEID) ont exigé une reconnaissance plus forte des pertes et dommages causés par le changement climatique, au-delà de leurs capacités d’adaptation : « On ne peut pas avoir de déclaration sur les océans sans les PEID », a rappelé un délégué.
D’autres voix, notamment celle du président du Costa Rica, ont plaidé pour un moratoire sur l’exploitation minière en haute mer. Cette demande ne figure cependant pas dans la déclaration finale.
Le texte adopté réaffirme néanmoins l’objectif de protéger 30 % des terres et mers d’ici 2030, et soutient plusieurs cadres internationaux, tels que l’accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité ou encore la stratégie climatique de l’OMI.
« La véritable épreuve, ce n’est pas ce que nous avons dit ici à Nice, mais ce que nous ferons ensuite », a conclu M. Li. Alors que la lumière déclinait sur la Promenade des Anglais, la mer, silencieuse mais omniprésente, restait le témoin immuable d’une promesse collective : fragile, mais bien réelle.
Megan Valère SOSSOU
De l’Afrique de l’Ouest au sud-ouest de l’océan Indien : l’action régionale du GRID-Arendal contre la pêche INN prend de l’ampleur
Dans sa lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), Madagascar a organisé une formation intensive à la surveillance aérienne qui a présenté les technologies de pointe des drones aux autorités des pêches, aux agences gouvernementales et de surveillance, ainsi qu’aux acteurs locaux. Cet atelier, organisé par le gouvernement malgache et le WWF-Madagascar en partenariat avec GRID-Arendal et Distant Imagery, s’inscrit dans le cadre d’un programme plus vaste d’économie bleue durable du sud-ouest de l’océan Indien (SWIO-SBE), financé par l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD).
Vol de démonstration à Madagascar
Démonstration de drones à ailes Delta à Madagascar
Vol de nuit à Madagascar
Pendant trois jours, des participants du Centre de Surveillance des Pêches (CSP), du Ministère des Pêches et de l’Économie Bleue, du WWF et de l’Observatoire Indépendant des Pêches (FITSINJO) ont bénéficié d’une formation pratique sur l’assemblage et la construction locale de drones, l’intégration des opérations aériennes aux systèmes existants de Suivi, Contrôle et Surveillance (SCS) des pêches, et les techniques de surveillance en temps réel. Des démonstrations en direct au-dessus de la baie de Diego ont démontré la puissance des outils aériens pour détecter et dissuader les activités illégales.
Cette formation marque une avancée significative pour Madagascar. En intégrant la surveillance aérienne à notre stratégie nationale de pêche, nous comblons des lacunes techniques critiques en matière de capacités en adoptant des innovations qui nous aideront à protéger nos océans et à soutenir les communautés qui en dépendent.
— Rijasoa Fanazava, directeur exécutif, Centre de surveillance des pêches (CSP), ministère de la Pêche et de l’Économie bleue
Une approche holistique de la gouvernance des pêches
Si la formation aux drones constitue une avancée notable, le GRID-Arendal souligne que les outils technologiques ne constituent pas à eux seuls une solution miracle. Une réponse véritablement efficace à la pêche INN doit être globale : elle doit intégrer l’innovation aux réformes juridiques et institutionnelles, à la collaboration interinstitutionnelle, à l’harmonisation régionale et au développement des capacités à long terme.
Intégration de la technologie des drones dans le système MCS des pêches en Guinée
« L’utilisation des technologies de télédétection en combinaison avec les technologies des drones fournit un outil complémentaire puissant aux États côtiers pour mieux protéger leurs ressources marines, améliorer la transparence et améliorer la gouvernance marine globale »,
— Romain Langeard, expert en gouvernance des pêches du GRID-Arendal
Cette philosophie sous-tend le travail de GRID-Arendal au-delà de Madagascar. En Guinée, par exemple, le projet « Renforcer la gouvernance des pêches » lancé en 2021 va au-delà de la surveillance en renforçant les cadres juridiques nationaux, en révisant les mandats institutionnels, en soutenant la mise en œuvre des traités internationaux comme l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port (PSMA) et en améliorant les voies de poursuite et de sanction des infractions liées à la pêche. Dès 2015, aux Seychelles, l’initiative « FishGuard » utilise les données satellitaires et les systèmes VMS non seulement pour l’application de la loi, mais aussi pour améliorer la coordination entre les agences maritimes, les autorités portuaires et les organismes de surveillance environnementale.
Déploiement de drones depuis un bateau en Guinée
Plus récemment, en Guinée-Bissau, dans le cadre du projet Bijagos Bleus, en partenariat avec le Partenariat régional pour la conservation marine (PRCM), un travail complémentaire de développement des capacités bleues a été mené par GRID-Arendal, renforçant ainsi la solidité institutionnelle locale. Ce projet soutient les organismes de première ligne, les organisations de la société civile et les communautés côtières en leur fournissant les compétences, les outils et les systèmes de gouvernance nécessaires pour gérer efficacement leurs espaces marins et soutenir les moyens de subsistance locaux sur le long terme.
Soutenir la collaboration interinstitutions régionale
L’initiative de Madagascar renforce également l’importance de la coopération interinstitutionnelle, pierre angulaire d’une gestion efficace des pêches. Le GRID-Arendal œuvre aux niveaux national et régional pour améliorer la coordination entre les autorités des pêches, la police maritime, la marine, les douanes, les autorités portuaires et les organismes régionaux de pêche. Ces liens sont essentiels pour exploiter le renseignement, partager les données et garantir une application cohérente et équitable des règles.
Ce projet pilote est plus qu’une simple mise à niveau technologique : il représente un changement radical dans notre façon de gérer nos ressources marines. Les drones offrent une surveillance rapide et économique qui peut combler d’importantes lacunes en matière de contrôle, notamment dans les zones côtières reculées où la pêche artisanale est la plus active et la plus vulnérable.
— Umair Shahid, responsable des pêches du WWF pour la région SWIO.
Le projet pilote de surveillance aérienne s’inscrit dans une vision régionale plus large de systèmes SCS accessibles et peu coûteux, adaptables et maîtrisables localement. Les enseignements tirés seront intégrés à des notes d’orientation destinées à la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI), à la Commission des pêches du sud-ouest de l’océan Indien (SWIOFC) et au Centre de coordination SCS de la SADC à Maputo. Pour ce faire, GRID-Arendal et le WWF développeront conjointement des outils de communication visuelle, des infographies et des boîtes à outils visant à sensibiliser et à développer une compréhension pratique des meilleures pratiques en matière de surveillance et de contrôle.
Un modèle évolutif à travers les régions
Le portefeuille plus large de GRID-Arendal reflète ce modèle intégré et adapté au contexte. En Guinée-Bissau, l’initiative Blue Bigajos soutient la cogestion des principales pêcheries dans les aires marines protégées tout en pilotant des structures communautaires de SCS. Le programme travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales pour mettre en place des systèmes de données et renforcer les réseaux locaux de surveillance, le tout ancré dans les principes d’équité, de durabilité et de conservation de la biodiversité marine.
Vers une gouvernance maritime modernisée et résiliente
Ce pilote de drone à Madagascar pose les bases d’un système de contrôle des pêches plus intelligent et plus réactif. Il constitue également une étape importante dans un processus plus vaste : une évolution vers une architecture régionale de gouvernance marine modernisée et résiliente, capable de répondre aux menaces actuelles et de se préparer aux défis futurs.
Grâce à ses interventions ciblées, ses partenariats régionaux et son engagement à bâtir des institutions durables, GRID-Arendal contribue à façonner un avenir dans lequel les États côtiers peuvent affirmer leur contrôle sur leurs ressources maritimes, lutter contre la criminalité environnementale et offrir des avantages durables aux millions de personnes qui dépendent de l’océan.
Projet Adapt-WAP au Bénin : les écoliers et élèves à l’école de la préservation des écosystèmes transfrontaliers
Du 19 au 23 mai 2025, une vaste session de sensibilisation a mobilisé les écoliers et élèves des communes riveraines des parcs W et Pendjari dans le cadre de la mis en œuvre par le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF) à travers le Ministère du Cadre de Vie et des Transports, en charge du Développement Durable. Huit communes au total ont accueilli la sensibilisation. Il s’agit des communes de Kandi, Banikoara, Malanville et Karimama pour le compte du département de l’Alibori et les communes de Matéri, Kérou, Kouandé et Tanguiéta pour le département de l’Atacora.
Photo d’ensemble apprenants
L’objectif est de sensibiliser les apprenants à savoir les écoliers et élèves des écoles établissements des communes autour des parcs Pendjari et W-Bénin a déclaré le Colonel Georges Sossou, Coordonnateur du projet. Il n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction face à la mobilisation des différentes parties prenantes.
Pour Alazi Tino, représentant du Directeur départemental des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Alibori, la stratégie de sensibilisation auprès des jeunes est porteuse d’avenir. A le croire, trois raisons soutiennent cela : la période choisie, les cibles que sont les élèves et les différentes thématiques au centre de la sensibilisation. Il a exhorté tous les acteurs à pleinement jouer leur rôle pour l’atteinte des résultats durablement.
Même son de cloche dans l’Atacora, où Nahini Chabi-Boni, Inspecteur de l’Enseignement du Premier Degré et Directeur Départemental des Enseignements Maternel et Primaire, a mis en exergue la pertinence de l’approche pédagogique : « La méthode des supports et les illustrations utilisées sont d’une grande portée pédagogique. » Selon lui, le contenu est adapté aux niveaux des élèves et permet de toucher indirectement toute la communauté : « Les changements de comportement des écoliers et élèves vont impacter très rapidement et efficacement les parents d’élèves en particulier et, par ricochet, la communauté en général. » a-t-il laissé entendre.
Des modules pratiques et engageants
Trois thématiques majeures ont structuré cette session : la gestion des risques et catastrophes naturelles, la lutte contre le braconnage et la gestion des conflits, et la gestion durable des terres en lien avec l’adaptation aux changements climatiques. Ces modules ont été animés par les enseignants des différentes écoles concernées.
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Pour Issa Bio Sounon, Directeur du Collège d’Enseignement Général de Goumori à Banikoara, le contexte s’y prêtait parfaitement : « Le milieu et le temps s’y prêtent. » Il reste convaincu que les notions acquises permettront aux élèves de jouer un rôle actif dans la gestion durable des ressources naturelles.
Le Chef division des ressources humaines, représentant le Directeur départemental de l’Enseignement maternel et primaire de l’Alibori, salue quant à lui l’initiative : « L’initiative est louable et son importance sur la vie n’est pas mesurable. Personnellement, j’ai appris beaucoup et je ne peux que souhaiter bon vent au projet. »
Les parents d’élèves à l’unisson
Du côté des associations de parents d’élèves, la mobilisation et l’enthousiasme sont tout aussi palpables. Bio Peregue Issa, de la Fédération départementale des associations des parents d’élèves et d’étudiants de l’Alibori, apprécie « l’approche de sensibilisation est innovante » et appelle à sa duplication dans d’autres localités.
Zakari Boukari, Président de la Fédération des associations de parents de l’Atacora, se réjouit de la participation massive observée de Matéri à Tanguiéta, en passant par Kérou et Kouandé. Il a expliqué : « Les enfants sont très contents d’avoir appris des pratiques simples et durables de gestion des terres comme la culture du muccuna, des pois d’angole, la rotation des cultures. Ils sauront transmettre les messages à leurs parents pour une prise de conscience collective ».
Une jeunesse motivée et bien informée
L’engouement des jeunes écoliers et élèves a été unanimement salué. Ouin-Ouro Claude, Chef du service de l’orientation scolaire et professionnelle de l’Atacora, note que la session interactive. Elle a permis selon lui que les élèves aient une meilleure compréhension des enjeux liés aux deux parcs. « A titre illustratif, les écoliers et élèves ont découvert et compris ce qu’est le système d’alerte précoce, les risques que comporte l’utilisation intensive des herbicides et les mesures d’adaptation aux changements climatiques. » a-t-il ajouté.
Même les plus jeunes ont manifesté leurs impressions.. Bakari et Mariam, tous deux en classe de CM1 à l’École primaire publique de Wantéou (commune de Matéri), se disent fiers d’avoir acquis des connaissances utiles pour préserver les ressources du parc. Ils promettent de partager ces leçons avec leurs parents pour encourager des comportements plus respectueux de l’environnement.
Au total huit-cent trente-trois (839) personnes de huit communes riveraines des parcs W et pendjari ont bénéficié et contribué à cette session de sensibilisation dont en grande majorité les écoliers et élèves.
Il convient de rappeler que cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une formation tenue du 15 au 19 août 2022, à l’attention des enseignants des zones concernées.
Venance Ayébo TOSSOUKPE & Megan Valère SOSSOU
Amélioration de la nutrition à travers l’augmentation des rendements agricoles : le projet CASCADE change les pratiques de production des communautés béninoises.
A Tanguiéta dans le département de l’Atacora, les acteurs de la filière riz ont désormais de quoi se réjouir. Avec l’introduction de nouvelles techniques et outils propres à l’approche Farmers Field Business School (FFBS), les estimations en termes de tonnage ont largement augmenté grâce au projet CASCADE;. Plus de quatre (04) tonnes à l’hectare au cours de la campagne 2024 contre deux (02) tonnes par le passé.
Champ d’expérimentation de l’approche FFBS de la coopérative des producteurs de riz de Sonta, commune de Tanguiéta
L’Atacora est l’un des départements d’intervention du projet CASCADE, réputé pour la production du riz local. Ce riz riche en nutriments et prisé par les populations, est devenu de plus en plus rare sur le marché. Cet état de chose est dû aux facteurs tels que les variations climatiques et les techniques de production désuètes. Avec l’avènement du projet CASCADE, le secteur rizicole dans l’Atacora renait de ses cendres, avec l’approche FFBS. Farmers Field Business School (FFBS) est une approche d’apprentissage par la pratique qui intègre pratiques d’agriculture durable, engagement sur le marché, genre, sécurité alimentaire et nutritionnelle, autonomisation des groupes vulnérables ainsi que le suivi et l’évaluation.
En 2024, la coopérative villageoise des producteurs de riz du village Sonta a adopté l’approche FFBS avec la mise en application de ses outils et techniques. Selon Pascaline KOUENE, secrétaire de la coopérative « cette première expérience est très positive. Les membres de notre coopérative sont satisfaits parce que nous avons augmenté le rendement et notre bien-être grâce à l’approche FFBS du projet CASCADE ».
Placée au cœur de tous les efforts, l’amélioration de la nutrition des femmes en âge de procréer et des enfants de 0 à 10 ans, est l’objectif principal poursuivi par le projet CASCADE. Par le passé, les producteurs ont tendance à brader presque toute leur production et faire face à des pénuries en période de soudure. Mais le projet CASCADE prône la priorisation de la consommation des produits par le producteur lui-même et la conservation d’une part pour la vente à un meilleur prix sur le marché. Pascaline KOUENE et sa coopérative ont pris conscience de cette nécessité et témoignent : « Les partenaires du projet CASCADE nous ont longtemps sensibilisé sur la nécessité pour nous de manger le riz que nous produisons au lieu d’aller tout vendre au marché à vil prix. D’ailleurs notre riz est de très bonne qualité et nous et nos familles devons en consommer ».
« La mise en œuvre de l’approche FFBS est une expérience réussie pour le projet CASCADE. Elle permet de regrouper les femmes autour du concret tout en renforçant leur capacité à mieux produire, à mieux vendre et à s’auto-suffire » témoigne Fiacre ALLADAYE, Chargé de projet CASCADE au sein de l’ONG ERAD, partenaire de CARE Bénin/Togo dans la mise en œuvre du projet. Des hommes bien outillés pour une meilleure applicabilité des principes de l’approche qu’a introduit le projet CASCADE, mais c’est aussi une synergie bien structurée entre différents acteurs de la filière : « Nous avons mis en place un dispositif de pérennisation qui regroupe tous les acteurs à savoir : la DDAEP, l’ATDA/CCeC, les structures agréées en conseil agricole, les producteurs et les bénéficiaires qui sont les groupements de femmes…En dehors de cette organisation technique, le projet CASCADE a également mis à la disposition des unités de démonstration (UD), tous les intrants agricoles nécessaires à la production. Toutes les activités notamment l’application des innovations, le déroulement des modules de formation et la définition des stratégies de réplication de l’approche, se sont déroulées sous le leadership des responsables de la DDAEP Atacora, de l’ATDA Pôle 3 et de ERAD ONG » a rajouté le Chargé de projet à ERAD ONG.
Pour bien se nourrir, la disponibilité des aliments est l’un des piliers importants. Renforcer ce pilier de la sécurité alimentaire, est devenu un défi important pour l’équipe du projet CASCADE. C’est ce qui fonde les partenariats avec les structures gouvernementales comme l’Agences territoriales de Développement Agricole (ATDA). Au sein de cette structure, les résultats obtenus à travers l’approche FFBS témoignent de la qualité de la synergie d’action. Selon Taofik TAPE BATTA, Chef de la Cellule Communale de Tanguiéta, l’approche FFBS est une approche innovante que l’ATDA a découverte. Il témoigne : « Nous sommes satisfaits par rapport aux résultats obtenus. Dans la zone, l’état des lieux montrait un rendement moyen qui tournait autour de deux (02) tonnes à l’hectare. Et lorsqu’on a mis en œuvre cette approche au niveau de la parcelle vulgarisée, nous sommes allés à quatre (04) tonnes à l’hectare. »
L’approche FFBS a été également appliquée dans d’autres communes du Bénin. A Nikki dans le Borgou et à Toviklin dans le Couffo, plusieurs groupements ont appliqué les techniques de cette approche, avec des résultats positifs enregistrés dans la production des fruits et légumes, de même que la production du niébé.
L’adoption des approches innovantes en termes de production agricole par les communautés leur ouvre ainsi les portes sur un avenir plus prometteur en termes de disponibilité alimentaire pour l’amélioration de la nutrition au sein des ménages Béninois. Chaque ménage s’engage donc à dupliquer l’approche pour la disponibilité alimentaire.