Mise en conformité de stratégie d’interventions en nutrition du projet Cascade : Les PMO actualisent leur plan d’actions et de plaidoyer

La ville de Covè abrite l’atelier de l’Alliance de la Société Civile pour l’intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB).  Cette rencontre qui s’est ouverte ce lundi 28 juillet 2025, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet CASCADE sous financements  de  Care International Bénin-Togo, le Royaume des Pays-Bas et de Gain.

Renforcer les capacités  des Pmo à porter un plaidoyer contextualisé  relatif aux questions  de l’alimentation, de  nutrition en vue d’atteindre les résultats escomptés. Tel est le principal mobile qui sous-tend l’organisation de cette rencontre. «De façon spécifique, nous voulons travailler pour actualiser, s’il existe, les plans de plaidoyers ou engager des embauches de plan de plaidoyer et lobbying pour que chaque Pmo dispose d’une feuille de route claire de cette intervention dans le domaine de plaidoyer » a explicité Angélo Kanclounon, responsable plaidoyer  de l’ASCINB.

Durant leur séjour de 48heures en région Agonlin, chaque PMO aura donc  à identifier et à planifier ses différentes actions sur lesquelles il pourra bénéficier de l’accompagnement de l’ASCINB pour le suivi et l’évaluation  du plaidoyer et de lobbying. Lors de cet atelier qui a réuni les acteurs, des ONG membres et partenaires de l’ASCINB, il sera question d’ébaucher le plan d’action, d’harmoniser les pratiques et les stratégies d’intervention sur le terrain  en vue de mieux appuyer les communautés à aller de l’avant en ce qui concerne le plaidoyer et la nutrition communautaire.

Pour  le Dr Lougoudou Zato,  Secrétaire exécutif de l’ASCINB,  il s’est agi d’une séance de partage d’expériences et de bilan  d’exécution des plans de plaidoyers qui permettra d’évoquer les difficultés  qui se posent et de revoir la stratégie de communication en ce qui concerne les rase pour qu’à la revue les indicateurs puissent être améliorés. En procédant à l’ouverture des travaux de l’atelier de mise en conformité de la stratégie d’interventions en nutrition du projet Cascade, la Vice-Présidente de l’ASCINB, a souligné l’importance de la rencontre d’où sortiront des intrants et des extrants possibles pour avancer. « Cet atelier est un tournant décisif  pour la stratégie de plaidoyer du projet Cascade dirigé et mis en œuvre par les Pmo » a insisté  Pascaline Fagninou Gbaguidi qui a exhorté les participants à une participation active.

Edmond Zinzindohoué, Chargé de projet CASCADE, a salué l’engagement des participants en soulignant qu’ils ont répondu à un appel pressant : celui d’agir pour le changement à travers le plaidoyer. Il a souhaité que les travaux des organisations puissent être mis en cohérence avec la stratégie élaborée avec l’expertise de l’ASCINB. Selon lui, en unissant leurs efforts, les acteurs pourront faire entendre leur voix et influencer positivement les décisions des autorités.

A retenir que le projet Cascade est une initiative du Gouvernement qui vise à renforcer l’efficacité des politiques nationales de nutrition existantes en vue de l’amélioration de la sécurité alimentaire et la contribution à la réduction de la malnutrition des femmes en âge de procréer et des enfants. il est mis en œuvre dans les départements du Zou, de l’Ouémé, du Couffo, de l’Atacora de l’Alibori et dans le Borgou.

Zéphirin Toasségnitché  




L’Association Galien Africa et REMAPSEN s’engagent dans un partenariat de promotion de la santé et de l’Environnement en Afrique

À Dakar, le 16 juillet 2025, l’Association Galien Africa et le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) ont scellé un partenariat stratégique. Objectif : promouvoir la santé publique et la protection de l’environnement à travers le renforcement des capacités médiatiques, le soutien à la recherche et l’organisation d’évènements de haut niveau sur le continent.

La cérémonie de signature de la convention de partenariat a été signé en présence des représentants du Ministère de la Santé et de l’Action sociale, du Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (Sénégal) et d’un parterre de partenaires nationaux et internationaux. Dans son adresse, le Président du REMAPSEN, M. Bamba Youssouf, s’est félicité de cette signature de partenariat entre son organisation et l’association Galien Africa. Il a fait l’historique du REMAPSEN et rappelé les progrès réalisés au cours de cinq dernières années, avant de préciser les principaux objectifs de cet accord de partenariat.

Selon le Président du REMAPSEN : « il s’agira pour les deux organisations signataires de promouvoir la santé et l’environnement à travers des partages d’expériences et le développement de contenus médiatiques percutants, de renforcer les capacités des journalistes et des professionnels des médias africains sur les questions de santé et d’environnement et de soutenir la recherche et l’innovation en renforçant leur collaboration dans le cadre des projets de recherche pour une meilleure compréhension des défis sanitaires et environnementaux ». Il a également déclaré que : « cette alliance stratégique entre Galien Africa et le REMAPSEN marque un tournant majeur dans la quête commune pour une amélioration de la santé et de l’environnement en Afrique », non sans lancer un appel à tous les acteurs pour une meilleure intégration de la communication médiatique dans les stratégies de mise en œuvre des programmes de santé et d’environnement au triple plans national, régional et international.

La Présidente de l’Association Galien Africa, le Professeur Awa Marie Coll Seck, a félicité le REMAPSEN pour son dynamisme et sa productivité. À travers ce partenariat, elle a engagé son organisation à soutenir l’organisation des Forums annuels des médias du REMAPSEN, à faire le plaidoyer auprès des partenaires pour la réalisation des projets et activités du REMAPSEN, et à soutenir l’organisation des rendez-vous du REMAPSEN de la coordination nationale au Sénégal.

Les clauses de cet accord de partenariat stipule aussi que le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) assurera la couverture médiatique du Forum et du Prix Galien Afrique dont les prochaines éditions sont prévues du 28 au 31 octobre 2025, à Dakar (Sénégal) sur le thème : « Souveraineté sanitaire, un impératif pour l’Afrique ». Le REMAPSEN diffusera aussi des communiqués de presse relatifs aux évènements initiés et organisés par Galien Africa, et contribuera à l’organisation de webinaires sur des sujets de santé et/ou d’environnement, entre autres.

Signalons que cette convention de partenariat entre le REMAPSEN et Galien Africa a été signée pour une durée de deux ans renouvelables.




Données administratives et statistiques officielles: Casablanca accueille le débat continental sur les données administratives

Le Forum africain surt les données administratives a démarré à Casablanca, l’Afrique mise sur la modernisation des données administratives afin de renforcer les statistiques officielles.

Les travaux du Forum continental surt les données administratives ont débuté hier, mercredi 9 juillet 2025, à Casablanca, réunissant des représentants de haut niveau issus des États membres de l’Union africaine, d’institutions statistiques européennes, d’organisations internationales et d’agences de coopération technique.

Organisé dans le cadre du Programme Statistique Panafricain II (PAS II), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, en partenariat avec STATAFRIC et avec l’appui de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), ce forum vise à renforcer l’usage des données administratives comme levier essentiel d’une gouvernance fondée sur des données fiables et actualisées.

Sous le thème « Exploiter les données administratives en Afrique : Briser les silos pour accélérer la réalisation de l’Agenda 2063 et de l’Agenda 2030 », cette première journée a permis d’ouvrir un dialogue approfondi sur les enjeux liés à la production, la gestion et l’utilisation des données administratives sur le continent africain.

Les échanges ont mis en lumière les défis structurels auxquels font face de nombreux pays, notamment la fragmentation des sources de données administratives, l’absence de standards communs et le manque de coordination entre institutions. Des initiatives en vue de renforcer la gouvernance et les cadres juridiques propices au partage et à l’utilisation des données administratives pour la production de statistiques officielles ont été présentées, comme celle du Sénégal avec son système d’identification unique NINEA, ou encore la nouvelle loi statistique de l’Afrique du Sud, qui prévaut sur les lois relatives à la vie privée dans la production des comptes nationaux et pour les recensements de la population.

La question du renforcement de la coopération entre les Instituts nationaux de statistique et les fournisseurs de données a été abordée par le Rwanda et l’INSEE France, traitant des aspects tels que l’anonymisation, l’interopérabilité et l’accès sécurisé aux données.

Des cas pratiques d’utilisation des données administratives pour la production de statistiques officielles ont été traités par quelques pays, dont le Maroc sur l’utilisation des données de consommation d’énergie pour le suivi économique, le Ghana sur l’exploitation des données administratives pour renforcer la gouvernance locale, et le Sénégal sur l’utilisation des données fiscales pour les indicateurs économiques.

Ces présentations et études de cas ont donné lieu à des échanges entre les participants. Ils ont unanimement souligné l’importance cruciale de la coopération entre institutions pour établir des registres administratifs interconnectés et promouvoir une gouvernance fondée sur des données probantes.

Selon Maxime Bonkoungou, chef d’équipe du PAS II, « les données administratives de qualité sont la pierre angulaire d’une gouvernance démocratique efficace. Elles permettent aux décideurs de mieux répondre aux besoins des citoyens et d’orienter les politiques publiques en conséquence. »

Les travaux du forum se poursuivent aujourd’hui et demain, avec des sessions consacrées à l’expérience des pays nordiques en matière de modernisation et d’exploitation des données administratives à des fins statistiques, à l’innovation dans l’intégration des données et aux cadres d’évaluation de la qualité des données administratives pour les rendre propices à la production de statistiques officielles.

Megan Valère SOSSOU




Extrémisme violent au Nord Bénin : de la nécessité d’un soutien psychosocial aux cœurs meurtris !

Au nord du Bénin, les attaques terroristes laissent indubitablement derrière elles morts, écoles et commissariats de police brûlés. Mais au-delà des dégâts visibles, les blessures invisibles – mentales et émotionnelles – rongent les survivants. 

Ce reportage de Venance Ayébo TOSSOUKPE met l’accent sur la nécessité d’une prise en charge psychosociale des survivants des attaques terroristes au Nord Bénin.




PNAN 2024 : une société civile tenue à l’écart d’une politique qu’elle devra mettre en œuvre

Si la Politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (PNAN), adoptée en juillet 2024, est saluée pour sa vision, sa légitimité est fragilisée par le manque d’implication de la société civile dans son processus d’élaboration. Les acteurs communautaires, pourtant au cœur des interventions de terrain, n’ont pas été pleinement associés. Une exclusion dénoncée par plusieurs ONG, qui alertent sur les risques de non-appropriation locale et d’échec dans la mise en œuvre.

L’Alliance de la Société Civile pour l’Intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB), faitière des organisations de la société civile luttant contre la malnutrition au Bénin n’a pas été associée à la validation du document. Le texte officiel mentionne une consultation large, sans toutefois préciser les entités concernées, laissant planer un doute sur la représentativité réelle et la dimension inclusive du processus.

Une société civile absente du processus d’élaboration

Augustin Babagbeto, Chargé de Programmes à la Mutuelle de Jeunes Chrétiens pour le Développement (MJCD ONG), participant à l’atelier national d’appropriation de la PNAN organisé par l’ASCINB, estime que bien que la Politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition parte d’une bonne intention, elle souffre de lacunes majeures qui traduisent une faible implication de la société civile dans son élaboration.

À son avis, si les organisations de terrain avaient été associées, plusieurs de ces faiblesses auraient pu être évitées. Il souligne également qu’un grand nombre d’acteurs locaux ignorent même l’existence du document, ce qui, selon lui, compromet sérieusement son efficacité, puisque ceux chargés de sa mise en œuvre n’en ont pas connaissance ni appropriation. Il est convaincu qu’avec les apports constructifs de la société civile, le tir pourra être corrigé.

A noter que le document adopte une définition classique de la nutrition, centrée sur les processus biologiques. Une vision jugée trop étroite par les experts ayant passés au peigne fin le document. Pourtant, le Professeur Roch Mongbo, expert reconnu, avait proposé une définition plus intégrative, « La nutrition est l’ensemble des processus biologiques, sociaux, psychiques, environnementaux, par lesquels l’organisme humain valorise l’aliment pour la vie. »

Une telle définition aurait permis une meilleure prise en compte des facteurs sociaux, culturels et environnementaux dans la lutte contre la malnutrition.

L’absence d’approche communautaire

La stratégie proposée reste technocratique selon les experts. Elle néglige les dynamiques communautaires et les savoirs locaux. Aucune stratégie spécifique n’est prévue pour mobiliser les bénéficiaires, intégrer leurs réalités ni valoriser les dispositifs communautaires déjà en place, souvent portés par des ONG.

La PNAN n’analyse pas en profondeur les causes structurelles de la malnutrition, notamment les inégalités de genre, les pratiques culturelles, les difficultés d’accès aux soins, ou encore la précarité économique des femmes. Ces dimensions sont pourtant essentielles pour la réussite de toute politique nutritionnelle.

L’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), chargée du suivi, ne prévoit pas explicitement la participation des organisations de la société civile dans le mécanisme d’évaluation. Où sont les indicateurs ? Où est le plan d’action ?, s’interrogent les organisations de la société civile avant de noter que la société civile est totalement absente du dispositif de suivi comme à l’élaboration.

Vers une meilleure inclusion ?

Face à cette mise à l’écart, la société civile entend apporter ses contributions pour une politique inclusive et réaliste. Des consultations sont en cours actuellement à Grand Popo pour formuler des propositions concrètes afin d’améliorer la politique, renforcer la transparence et garantir l’appropriation communautaire.

Il est évident que sans la mobilisation des organisations de terrain, la PNAN risque de rester un texte sans effet. Une politique publique qui ne s’appuie pas sur ceux qui œuvrent au quotidien pour la nutrition est vouée à l’inefficacité.

Megan Valère SOSSOU




Des journalistes formés aux enjeux sanitaires de l’eau de boisson consommation au Bénin

À Cotonou, le vendredi 13 juin 2025, le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN Bénin) a tenu la quatrième édition de ses rencontres périodiques, consacrée cette fois aux problèmes sanitaires liés à l’eau de consommation. Le thème retenu : « Eau de boisson au Bénin : défis et perspectives pour la santé des populations », a réuni plusieurs journalistes autour d’une problématique majeure de santé publique.

Au cœur des échanges, l’intervention du Dr Firmin Adandédji, chercheur à l’Institut National de l’Eau (INE), a apporté un éclairage scientifique sur la situation actuelle. Il a présenté des résultats de recherches qui confirment une qualité de l’eau préoccupante pour une large partie des Béninois. En 2022, seuls 67,4 % de la population bénéficiaient d’un service de base en eau potable – un chiffre inférieur à la moyenne régionale – et moins de 20 % disposaient d’installations sanitaires sécurisées.

Les causes de la pollution de l’eau sont multiples et bien identifiées. Elles incluent les rejets domestiques non traités, une gestion inefficace des déchets, la défécation à l’air libre et l’insalubrité des alentours des points d’eau. S’y ajoutent les forages privés non autorisés, qui fournissent souvent une eau distribuée sans contrôle sanitaire.

Des analyses menées à Abomey-Calavi ont révélé que plus de 30 % des puits y sont contaminés. Dans des quartiers tels qu’Agori, Cité-la-Victoire ou Jouhadié, la présence de coliformes fécaux dans l’eau de consommation a été constatée. Cette situation est en grande partie due au non-respect des distances réglementaires entre latrines et points d’eau.

À Djougou, les données sanitaires mettent en évidence l’exposition élevée des enfants de 1 à 14 ans à des maladies hydriques. Diarrhées, dermatoses et fièvre typhoïde y sont couramment observées, confirmant l’impact direct de la mauvaise qualité de l’eau sur la santé des populations les plus vulnérables.

Par cette initiative, le REMAPSEN Bénin entend renforcer les capacités des journalistes afin qu’ils puissent mieux relayer ces enjeux auprès du grand public et contribuer à une meilleure sensibilisation autour des problématiques de l’eau et de la santé.

Megan Valère SOSSOU




Cotonou : le REMAPSEN Bénin restitue les enseignements du Forum des Médias de Dakar

La Coordination Bénin du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (Remapsen Bénin) a tenu, le samedi 12 avril à Cotonou, un atelier de restitution du Forum des Médias de Dakar, organisé en décembre 2024. Soutenue par le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance (MASM) et l’organisation Speak Up Africa, cette rencontre a rassemblé de nombreux acteurs à savoir : des représentants gouvernementaux, des experts, des journalistes membres de la coordination et des militants des droits humains.

Participants en pleine séance

A l’ouverture, Michaël Tchokpodo, coordonnateur du Remapsen Bénin, a rappelé que cette restitution répond à une recommandation issue du Forum de Dakar, organisé avec l’appui technique et financier de l’ONU Femmes et des Fonds français Muskoka. Ce forum, tenu du 4 au 6 décembre 2024, portait sur le thème : « Élimination des violences faites aux femmes et aux filles en Afrique : respect des droits humains et autonomisation ».

« Cette rencontre a mis en lumière les multiples visages de la violence que subissent les femmes et les filles, qu’elle soit physique, psychologique, économique ou institutionnelle. Elle a également rappelé que l’autonomisation des femmes est l’un des leviers essentiels pour briser le cycle des violences », a-t-il souligné, saluant par la même occasion les efforts du gouvernement béninois, à travers le MASM, dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

Speak Up Africa en soutien au REMAPSEN Bénin

Prenant la parole à son tour, Franz Okey, conseiller régional de Speak Up Africa, a mis en avant la collaboration stratégique entre son organisation et le Remapsen. « Le premier réseau des médias avec lequel nous travaillons à amplifier notre projet ‘‘Voix EssentiElles’’ est le Remapsen », a-t-il déclaré en précisant que ledit projet vise à combler le manque d’attention et de financement pour les organisations de la société civile, en particulier celles dirigées par des femmes.

Cérémonie d’ouverture

Franz Okey a également lancé un appel clair à l’endroit des professionnels des médias : « La gent féminine reste un maillon essentiel dans notre action au quotidien… Au-delà de la restitution, vous devez travailler véritablement à amplifier l’action publique mais aussi à aller vers des spécificités dans vos productions médiatiques pour que l’action soit plus commune et holistique… »

Représentant la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Anice Gambari Adam Akpékou, directrice générale de la Promotion de la Femme et du Genre, a félicité le Remapsen Bénin pour cette initiative. Elle a souligné la pertinence du thème, en lien avec les enjeux actuels au Bénin.

Une initiative qui vient à point nommé

« Au cours des cinq dernières années, le Bénin a réalisé des avancées significatives en matière de promotion des droits des femmes, de l’égalité de genre, et de l’autonomisation », a-t-elle affirmé. Elle a aussi mis l’accent sur le rôle des médias dans l’éradication des violences faites aux femmes et dans la construction d’une société plus juste. La directrice n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude à l’endroit des partenaires ayant contribué au succès du forum de Dakar, notamment l’ONU Femmes et les Fonds français Muskoka.

Vue d’ensemble des participants

Les participants ont par la suite pris connaissance des principales recommandations du forum de Dakar ainsi que deux distinctions décrochées par le Bénin : le prix de la « Meilleure journaliste radio » et le troisième prix de « Meilleure coordination ».

Une communication sur « les avancées du Bénin en matière d’autonomisation des femmes et des filles », présenté par Anice Gambari Adam Akpékou, a permis de découvrir les efforts entrepris au Bénin en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Le panel de discussion qui a suivi a porté sur le rôle des médias et des organisations de la société civile dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Plusieurs experts ont contribué aux échanges partageant des connaissances et expériences avec le public présent.

Les différentes parties prenantes ont pris connaissance des résultats des travaux du forum de Dakar et ont échangé sur les voies et moyens pour maintenir le cap dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles tout en œuvrant pour leur autonomisation.

Megan Valère SOSSOU




Don d’infrastructures sociocommunautaires à l’EPP Dakpararou : l’association Palmier Bénin accompagne le développement local à Parakou

Dans le cadre du projet Amélioration des conditions sanitaires et de l’accès à l’eau potable, l’association Palmier Bénin soutenue par l’association Palmier Suisse, a doté le public scolaire de Dakpararou de plusieurs ouvrages d’hygiène et d’assainissement. La réception desdits ouvrages a eu lieu ce vendredi 11 avril 2025 dans l’enceinte de l’Ecole Primaire Publique Dakpararou à Nikki kpérou, dans le 3ème arrondissement de Parakou. Elle a connu la présence de l’équipe projet, d’une délégation de la Mairie avec à sa tête le maire Inoussa Chabi Zimé, et des bénéficiaires qui sont massivement sortis pour exprimer leur gratitude envers les donateurs.

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La grande satisfaction observée dans le rang des bénéficiaires est à la hauteur des réalisations : construction d’un bloc de latrines à quatre (04) cabines VIP, construction d’une cantine scolaire, réfection d’un bloc de latrines à quatre (04) cabines VIP, réalisation d’un forage équipé de pompe à motricité humaine, mise en place d’un jardin potager, dotation de quatre (04) dispositifs de lave main, réalisation d’un bloc composé de deux (02) latrines et deux (02) douches, pour ne citer que celles-là. Des réalisations qui viennent mettre fin aux mauvaises conditions de vie et de travail des acteurs de cette école où des latrines et cantine étaient construites en matériaux précaires, ne répondant à aucune norme d’hygiène et d’assainissement.

Après avoir parcouru les différents ouvrages, le maire Inoussa Chabi Zimé n’a pas caché sa satisfaction. Le premier citoyen de la ville de Parakou a, au nom du Conseil municipal, témoigné sa reconnaissance à l’association Palmier Bénin et son partenaire qui, à travers ces réalisations, accompagnent ainsi les efforts de développement au niveau local. « La Mairie à elle seule ne peut pas répondre aux attentes des populations. Il faut l’accompagnement des bonnes volontés comme l’Association Palmier Bénin, pour qu’ensemble nous puissions subvenir aux besoins de nos populations », a-t-il laissé entendre.

Cantine avant / Cantine après (Palmier Bénin)

Pour Fidèle Sanni Sinagourigui, président de Palmier Bénin, ce projet vise à accompagner le développement du Bénin en général et de la commune de Parakou en particulier. « Ce qui a été réalisé répond à notre devise : parler moins, agir plus ! » a-t-il clamé. « C’est l’occasion pour nous de remercier nos partenaires, en particulier l’association sœur Palmier Suisse, qui nous accompagne dans la plupart des actions que nous menons au Bénin » a-t-il ajouté. Fidèle Sanni Sinangourigui rassure que des comités de gestion seront mis en place pour assurer le suivi des différents ouvrages.

Le maire Inoussa Chabi Zimé a invité les responsables de l’école, ainsi que les apprenants et parents d’élèves à faire bon usage des ouvrages qui leur ont été réalisés car, prévient-il, c’est la seule condition de bénéficier à nouveau de la confiance des partenaires et de nouvelles autres réalisations surtout que des attentes restent encore à combler. Mais Yacoubou Soumanou, directeur de l’Ecole Primaire Publique Dakpararou, rassure : « Nous vous promettons de faire bon usage de toutes ces infrastructures ».

Equipe Palmier Bénin et le Maire de Parakou

A travers ces dons, l’association Palmier Bénin et son principal partenaire Palmier Suisse contribuent non seulement au développement local à Parakou, mais aussi à l’atteinte des objectifs de développement durable, notamment l’accès à une éducation de qualité, à une bonne santé, à l’eau potable et l’assainissement.

Venance Ayébo TOSSOUKPE




Amélioration de la nutrition à travers l’augmentation des rendements agricoles : le projet CASCADE change les pratiques de production des communautés béninoises.

A Tanguiéta dans le département de l’Atacora, les acteurs de la filière riz ont désormais de quoi se réjouir. Avec l’introduction de nouvelles techniques et outils propres à l’approche Farmers Field Business School (FFBS), les estimations en termes de tonnage ont largement augmenté grâce au projet CASCADE;. Plus de quatre (04) tonnes à l’hectare au cours de la campagne 2024 contre deux (02) tonnes par le passé.

Champ d’expérimentation de l’approche FFBS de la coopérative des producteurs de riz de Sonta, commune de Tanguiéta

L’Atacora est l’un des départements d’intervention du projet CASCADE, réputé pour la production du riz local. Ce riz riche en nutriments et prisé par les populations, est devenu de plus en plus rare sur le marché. Cet état de chose est dû aux facteurs tels que les variations climatiques et les techniques de production désuètes. Avec l’avènement du projet CASCADE, le secteur rizicole dans l’Atacora renait de ses cendres, avec l’approche FFBS. Farmers Field Business School (FFBS) est une approche d’apprentissage par la pratique qui intègre  pratiques d’agriculture durable, engagement sur le marché, genre, sécurité alimentaire et nutritionnelle, autonomisation des groupes vulnérables ainsi que le suivi et l’évaluation.

En 2024, la coopérative villageoise des producteurs de riz du village Sonta a adopté l’approche FFBS avec la mise en application de ses outils et techniques. Selon Pascaline KOUENE, secrétaire de la coopérative « cette première expérience est très positive. Les membres de notre coopérative sont satisfaits parce que nous avons augmenté le rendement et notre bien-être grâce à l’approche FFBS du projet CASCADE ».

Placée au cœur de tous les efforts, l’amélioration de la nutrition des femmes en âge de procréer et des enfants de 0 à 10 ans, est l’objectif principal poursuivi par le projet CASCADE. Par le passé, les producteurs ont tendance à brader presque toute leur production et faire face à des pénuries en période de soudure. Mais le projet CASCADE prône la priorisation de la consommation des produits par le producteur lui-même et la conservation d’une part pour la vente à un meilleur prix sur le marché. Pascaline KOUENE et sa coopérative ont pris conscience de cette nécessité et témoignent : « Les partenaires du projet CASCADE nous ont longtemps sensibilisé sur la nécessité pour nous de manger le riz que nous produisons au lieu d’aller tout vendre au marché à vil prix. D’ailleurs notre riz est de très bonne qualité et nous et nos familles devons en consommer ».

« La mise en œuvre de l’approche FFBS est une expérience réussie pour le projet CASCADE. Elle permet de regrouper les femmes autour du concret tout en renforçant leur capacité à mieux produire, à mieux vendre et à s’auto-suffire » témoigne Fiacre ALLADAYE, Chargé de projet CASCADE au sein de l’ONG ERAD, partenaire de CARE Bénin/Togo dans la mise en œuvre du projet. Des hommes bien outillés pour une meilleure applicabilité des principes de l’approche qu’a introduit le projet CASCADE, mais c’est aussi une synergie bien structurée entre différents acteurs de la filière : « Nous avons mis en place un dispositif de pérennisation qui regroupe tous les acteurs à savoir : la DDAEP, l’ATDA/CCeC, les structures agréées en conseil agricole, les producteurs et les bénéficiaires qui sont les groupements de femmes…En dehors de cette organisation technique, le projet CASCADE a également mis à la disposition des unités de démonstration (UD), tous les intrants agricoles nécessaires à la production. Toutes les activités notamment l’application des innovations, le déroulement des modules de formation et la définition des stratégies de réplication de l’approche, se sont déroulées sous le leadership des responsables de la DDAEP Atacora, de l’ATDA Pôle 3 et de ERAD ONG » a rajouté le Chargé de projet à ERAD ONG.

Pour bien se nourrir, la disponibilité des aliments est l’un des piliers importants. Renforcer ce pilier de la sécurité alimentaire, est devenu un défi important pour l’équipe du projet CASCADE. C’est ce qui fonde les partenariats avec les structures gouvernementales comme l’Agences territoriales de Développement Agricole (ATDA). Au sein de cette structure, les résultats obtenus à travers l’approche FFBS témoignent de la qualité de la synergie d’action. Selon Taofik TAPE BATTA, Chef de la Cellule Communale de Tanguiéta, l’approche FFBS est une approche innovante que l’ATDA a découverte. Il témoigne : « Nous sommes satisfaits par rapport aux résultats obtenus. Dans la zone, l’état des lieux montrait un rendement moyen qui tournait autour de deux (02) tonnes à l’hectare. Et lorsqu’on a mis en œuvre cette approche au niveau de la parcelle vulgarisée, nous sommes allés à quatre (04) tonnes à l’hectare. »

L’approche FFBS a été également appliquée dans d’autres communes du Bénin. A Nikki dans le Borgou et à Toviklin dans le Couffo, plusieurs groupements ont appliqué les techniques de cette approche, avec des résultats positifs enregistrés dans la production des fruits et légumes, de même que la production du niébé.

L’adoption des approches innovantes en termes de production agricole par les communautés leur ouvre ainsi les portes sur un avenir plus prometteur en termes de disponibilité alimentaire pour l’amélioration de la nutrition au sein des ménages Béninois. Chaque ménage s’engage donc à dupliquer l’approche pour la disponibilité alimentaire.

Bamidélé LAOUROU




Sécurité des soins au Bénin : l’ARS et Amnesty International œuvrent pour une charte des droits et devoirs des patients

L’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), avec l’appui financier d’Amnesty International, a organisé un atelier de co-construction et de pré-validation de la charte des droits et devoirs des patients au Bénin. Cet événement, qui a démarré le 11 mars et s’est achevé le 14 mars 2025, a rassemblé divers acteurs : société civile, professionnels de la santé, médias, associations de défense des droits humains et experts.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne d’éducation aux droits à la santé suivie de plaidoyer institutionnel conduite par Amnesty International. Selon Eric-Orion Biao, coordonnateur Éducation aux Droits Humains à Amnesty International, ce projet de charte faisait déjà partie des priorités de l’ARS dans son programme de renforcement du dispositif de sécurité des patients au Bénin. « Amnesty International nourrissait une profonde ambition pour sa concrétisation », a-t-il souligné avant d’expliquer que cette charte aura pour objectif de faire des patients et patientes des acteurs et actrices actifs et actives de leur propre santé.

Un document consensuel et participatif

Durant trois jours d’échanges, de communications et de travaux de groupe, les participants ont identifié 16 droits et 8 devoirs pour le projet de charte, ainsi qu’un plan national de vulgarisation.

Pour Enock Boni, juriste expert en droit de la santé à l’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), « le patient a des droits, mais il a aussi des devoirs. Or, la plupart des citoyens ignorent leurs droits en matière de soins de santé, ce qui limite leur capacité à les faire valoir. »

Selon lui, l’initiative vise à doter les établissements de santé d’une charte unique, harmonisée et standardisée. Ainsi, les droits des patients resteront identiques dans tous les centres de santé du pays, garantissant un traitement équitable et respectueux. « Posséder un droit sans le connaître, c’est presque ne pas l’avoir », a-t-il insisté.

Dagbeto Dieudonné, directeur exécutif d’Amnesty International Bénin, est revenu sur les motivations de cette initiative lors de la pré-validation des documents. Il explique : « Amnesty International a commandité en 2023 une étude qui a révélé plusieurs situations peu reluisantes, notamment une relation parfois tendue entre certains patients et certains professionnels de la santé, ce qui impacte la qualité des soins offerts. » Amnesty International Bénin reste engagé à poursuivre les prochaines étapes, notamment la finalisation, la signature et la vulgarisation de la charte pour la sécurité des patients au Bénin.

Pour Elisée Sessi Kinkpé, chargée de mission et représentant le ministre de la Santé, cette charte constitue un outil indispensable pour améliorer l’offre de soins de santé au Bénin.

Depuis le 28 mars 2024, un dispositif de sécurité des patients a été déployé dans tous les établissements de santé au Bénin par l’ARS. Son président, le Pr Lucien Dossou-Gbèté, a salué l’engagement des parties prenantes dans l’élaboration de cette charte : « Vous apportez la preuve de la bonne compréhension et de l’importance que revêt la sécurité des patients. (…) C’est ensemble que nous pouvons enrichir ce projet de charte et garantir qu’il réponde aux besoins et aux aspirations des parties prenantes. »

Une implication nécessaire des professionnels de santé

L’un des participants, Odelvis Camille Santos, médecin généraliste et membre de la commission d’écoute client de l’hôpital Saint-Martin de Papane à Tchaourou, a appelé les professionnels de santé à voir cette charte non pas comme une contrainte, mais comme un levier pour améliorer la qualité des soins. Il les invite à s’approprier son contenu afin d’en assurer une mise en œuvre efficace.

L’atelier de co-construction et de pré-validation de la charte des droits et devoirs des patients a permis d’élaborer une charte et un plan national de vulgarisation, deux outils qui contribueront à renforcer la protection des patients et à promouvoir un accès équitable à des soins de qualité au Bénin.

La balle est désormais dans le camp des autorités et des acteurs de la santé pour assurer la mise en application effective de cette charte dans tout le pays après sa validation définitive.

Megan Valère SOSSOU