Lancement du programme Voix EssentiELES au Bénin : une nouvelle ère pour l’inclusion et le leadership des femmes

Ce mercredi 12 mars 2025, la Salle Cèdre de l’hôtel Golden Tulip de Cotonou a accueilli le lancement de la deuxième phase du programme Voix EssentiELLES au Bénin, initié par Speak Up Africa avec le soutien financier du Fonds Mondial et de la Fondation CHANNEL. Placée sous le signe d’une solidarité renforcée entre partenaires, cette nouvelle phase vise à amplifier l’impact du programme au Bénin, au Togo et en Côte d’Ivoire.

Frantz Oke, Coordonnateur de Speak Up Africa Bénin, a ouvert la rencontre en souhaitant la bienvenue aux partenaires, aux bénéficiaires et aux représentants des médias. Il a ensuite présenté Speak Up Africa, une organisation engagée dans la transformation sociale et le renforcement du leadership des femmes et des filles en Afrique francophone.

L’introduction de Voix EssentiELLES au Bénin met un accent particulier sur la voix, la prise de décision et le leadership des femmes, des éléments clés de leur autonomisation. L’objectif est de garantir une participation significative des femmes et des filles dans toutes les sphères de prise de décision.

En assurant une inclusion effective des femmes et des filles dans toute leur diversité, Voix EssentiELLES s’attache à influencer positivement les politiques et programmes de santé en Afrique de l’Ouest et du Centre a rappelé Marielle Montcho.

Un programme pour l’autonomisation et la prise de décision des femmes

Les organisations et réseaux locaux impliqués dans cette deuxième phase ont ensuite présenté leurs thématiques de travail et leurs zones d’intervention. Speak Up Africa collabore avec 15 organisations au Burkina Faso, 12 en Côte d’Ivoire et 10 au Bénin, en partenariat avec des réseaux médiatiques comme le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN).

Au Bénin, une dizaine d’organisations bénéficient du programme, parmi lesquelles : ROAJELF, FADEC ONG, ICONE 360, Fondation des Jeunes Amazones pour le Développement, Réseau des Féministes du Bénin, Fondation Reine Hangbé, Bénin Women Alumni Association, Fondation de la Reine Natabou de Toviklin, et bien d’autres.

“Ces organisations vont travailler d’arrache pied pour mettre en place des plaidoyers efficaces qui visent à obtenir soit des lignes budgetaires, soit des changements de politique au niveau local et national pour l’amélioration de l’accès au service de santé pour les femmes dans leurs communautés” a laissé entendre Christiane Yelibi, Coordonnatrice Voix Essentielles.

Tout en saluant les projets portés par les bénéficiaires, Dr Odjè Adeichan, secrétaire permanent de l’instance Nationale de Coordination des Ressources du Fonds Mondial a invité à une gestion transparente des ressources à allouer.

Victorine Kemonou Djitrinou, Présidente de la Fondation Reine Hangbe se réjouit de l’appui de Speak Up Africa pour relever le défi des droits à la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles dan la ville de Porto-Novo.

Comme elle, sa majesté Adjignon Natabou, Présidente de la Fondation Reine Adjignon Natabou est convaincue que l’accompagnement de l’initiative Voix Essentielles permettra de conduire une communication stratégique pour la lutte contre le paludisme dans la zone sanitaire Klouekanme-Toviklin – Lalo avec l’implication des leaders religieux et traditionnels.

La Présidente du Caucus des Femmes Parlementaires du Bénin, He Djamilatou Sabi Mohamed, et l’Honorable Aké Natondé ont exprimé leur enthousiasme quant à la participation du Bénin à ce programme, soulignant l’implication des parlementaires béninois dans la réussite de Voix Essentielles.

Rappelons que depuis 2021, Voix Essentielles a permis à plus d’une vingtaine d’organisations et de réseaux locaux de femmes et de filles Burkina Faso, au Sénégal et en Côte d’Ivoire de jouer un rôle actif dans le changement des paradigmes sociaux.

Mahougnon Josué Tchagnonsi




Journée Internationale de la Femme 2025 : La PASCiB engagée au renforcement des droits, de l’égalité et de l’autonomie de la femme et de la fille

À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme 2025, sous le thème retenu par l’ONU, « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation », la Plateforme des Acteurs de la Société Civile au Bénin (PASCiB) réaffirme son engagement à promouvoir les droits humains, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles. Ce thème, en phase avec les actions entreprises par le programme Benkadi, souligne l’importance de l’égalité entre les sexes pour aller vers un avenir durable et résilient face aux défis mondiaux actuels, en particulier ceux liés aux changements climatiques.

Le nom « Benkadi » que porte le programme vient de la langue bambara et signifie « travailler ensemble dans la même direction ». Ce nom « Benkadi » est également celui du consortium de mise en œuvre du programme, formé par quatre (4) plateformes d’organisations de la société civile (OSC) ouest africaines que sont : la Plateforme des Acteurs de la Société Civile au Bénin (PASCiB), le Secrétariat Permanent des ONG (SPONG) au Burkina-Faso, la Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI) en Côte d’Ivoire et le Secrétariat de Concertation des ONG nationales du Mali (SECO-ONG).

Le programme Benkadi, qui bénéficie de l’appui technique de l’ONG néerlandaise Woord en Daad et celui financier du Ministère des Affaires Étrangères (MoFa) du Royaume des Pays Bas, est un programme de plaidoyer et d’influence des politiques publiques en faveur des groupes vulnérables (femmes, jeunes et personnes handicapées) dans le domaine agricole et de lutte contre les effets néfastes des changements climatiques.

Cette déclaration révèle quelques acquis du programme en lien avec le thème retenu pour cette année et appelle à des actions plus soutenues dans la poursuite des efforts que la PASCiB effectue avec l’appui de ses partenaires.

  1. Acquis du Programme Benkadi et leur impact sur les femmes et les filles

Le programme Benkadi, lancé en 2021, met l’accent sur la résilience des communautés vulnérables face aux effets néfastes des changements climatiques, avec une attention particulière pour les femmes, les jeunes et les personnes handicapées.

Ce programme a permis de :

• Renforcer le rôle des femmes dans l’adaptation au changement climatique : Grâce à des actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer, les femmes ont acquis une meilleure compréhension des enjeux climatiques et ont participé activement aux décisions locales, notamment en ce qui concerne les Plans de Développement Communal (PDC) de 4ème génération.

• Promouvoir l’autonomisation économique des femmes : À travers des projets innovants comme la transformation de la jacinthe d’eau en biofertilisants et biopesticides, les femmes maraîchères ont, non seulement, renforcé leur résilience face au changement climatique, mais ont également bénéficié de nouvelles opportunités économiques, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et à la durabilité de leurs communautés.

• Soutenir les femmes dans la gestion des ressources naturelles : le programme Benkadi a facilité l’accès des femmes à des terres agricoles pour la production et le reboisement, tout en les élevant au rang d’actrices clés dans la gestion durable des écosystèmes, en particulier dans les réserves des biosphères du Mono et de l’Ouémé.

  • Approche Genre et Inclusion dans les Changements Climatiques

Les femmes, en particulier celles vivant en milieu rural, sont les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Leur dépendance vis-à-vis des ressources naturelles, leur accès limité à la terre, à l’eau et à l’énergie, exacerbent leur précarité face à ces phénomènes.

La PASCiB, à travers le programme Benkadi, intègre la dimension genre et inclusion dans ses actions d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique, en veillant à ce que les besoins spécifiques des femmes, des jeunes et des personnes handicapées soient pris en compte dans les politiques climatiques. Cette approche de résilience et centrée sur l’adaptation basée sur les écosystèmes (AbE) contribue à l’autonomisation des femmes en leur fournissant les outils nécessaires pour défendre leurs droits et améliorer leurs conditions de vie.

  • Objectifs et Engagement pour 2025

À l’occasion de la JIF 2025, la PASCiB, par le biais du programme Benkadi, réaffirme son engagement à :

▪ Promouvoir l’égalité des sexes dans la lutte contre le changement climatique :

Nous appelons les autorités, tant locales que nationales, à prendre des mesures concrètes pour intégrer la dimension genre dans les politiques de développement durable et dans les stratégies d’adaptation et d’atténuation du changement climatique.

▪ Valoriser les actions entreprises par les femmes :

En tant que piliers de la résilience face aux changements climatiques, les femmes doivent être reconnues et soutenues pour leurs contributions essentielles à la durabilité des communautés.

▪ Encourager l’inclusion des femmes et des filles dans les processus décisionnels : Leur participation active à la gestion des ressources naturelles, à la mise en œuvre des Plan de Développement Communal (PDC) et à la définition des stratégies climatiques est cruciale pour garantir l’égalité des chances et l’autonomisation.

4. Appel à l’Action

La PASCiB appelle les gouvernements, les organisations de la société civile, le secteur privé, et toutes les parties prenantes à :

• Renforcer l’accès des femmes aux ressources, aux services et aux opportunités économiques, en particulier dans les secteurs les plus affectés par le changement climatique tels que l’agriculture et les ressources en eau.

• Promouvoir l’éducation et la formation sur les droits des femmes et l’adaptation aux changements climatiques, en intégrant une approche genre dans les programmes et les projets de développement.

• Développer des partenariats stratégiques pour multiplier les impacts du programme Benkadi et d’autres initiatives similaires en vue de renforcer la résilience des communautés vulnérables, en particulier les femmes, les jeunes et les personnes handicapées.

La PASCiB réaffirme son engagement à poursuivre ses efforts pour garantir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles, en intégrant ces objectifs dans la lutte contre les effets du changement climatique.

À l’occasion de cette Journée Internationale de la Femme 2025, nous réaffirmons que l’égalité des sexes est un impératif pour la construction d’un avenir durable, juste et équitable pour tous.

Nous appelons les autorités et les acteurs de la société civile à poursuivre le travail entamé et à unir leurs forces pour créer un environnement propice à l’épanouissement de toutes les femmes et de toutes les filles.

La PASCiB, à travers son programme Benkadi, continue de soutenir l’engagement de chaque femme et de chaque fille pour un avenir plus juste et résilient face aux défis climatiques.




Femmes et prise de décision : Voix Essentielles étend son action au Bénin et au Togo

Dans le cadre de la Journée internationale des femmes 2025, Speak Up Africa réaffirme son engagement en faveur de l’autonomisation des femmes en Afrique de l’Ouest à travers le projet Voix Essentielles. Une rencontre virtuelle a réuni des expertes et militantes avec des journalistes sur l’importance du plaidoyer et du leadership féminin. Avec l’élargissement du projet Voix Essentielles au Bénin et au Togo, Speak Up Africa se veut renforcer l’impact des organisations communautaires et d’accroître la participation des femmes dans les espaces de décision.

En prélude à la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars, une importante rencontre virtuelle a regroupé une centaine de journalistes du REMAPSEN autour de Mme Awa Yanogo, chargée de plaidoyer à Speak Up Africa, Mme Cécile Konan, présidente de l’Union nationale des femmes handicapées de Côte d’Ivoire, Mme Armanda Sawadogo, secrétaire générale de l’Association de soutien aux enfants et femmes vulnérables au Burkina Faso et Mme Fatimata Sy, présidente de l’Association sénégalaise pour l’avenir de la femme et de l’enfant. Ces panélistes ont entretenu les journalistes sur le thème : Plaidoyer et changement social, amplifier les initiatives locales pour un impact durable.

Chacune des intervenantes a amplement expliqué les activités menées dans sa structure, les résultats enregistrés ainsi que les difficultés rencontrées. C’est dans cet esprit que Mme Awa Yanogo, chargée de plaidoyer à Speak Up Africa, s’est beaucoup appesantie sur le projet Voix Essentielles, les raisons de sa création, les résultats enregistrés et les perspectives de ce projet qui œuvre aujourd’hui dans cinq pays africains. Ce projet est mis en œuvre par Speak Up Africa, une organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer, en partenariat avec la Fondation CHANEL.

Donnant les raisons de la création de Voix Essentielles, Mme Awa Yanogo a affirmé dans sa présentation que : « Malgré leurs contributions significatives à l’économie africaine, les femmes ont un accès limité aux opportunités dans divers aspects de la vie. La voix, la prise de décision et le leadership sont des facteurs essentiels pour l’autonomisation des femmes. Ces facteurs, selon elle, garantissent que les femmes peuvent exprimer leurs préférences, leurs demandes, leurs points de vue et leurs intérêts et qu’elles peuvent accéder aux postes de décision.»

Elle a rappelé que la phase 1 du projet Voix Essentielles, lancée en juillet 2021 au Sénégal, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, a mobilisé 38 organisations à base communautaire (OCBs) dans le secteur de la santé, qui ont reçu un soutien technique et financier. « L’objectif principal visait à renforcer les politiques et les programmes qui soutiennent la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles et à investir dans la réduction des inégalités en matière de santé et des disparités liées au genre et à l’âge.»

Elle a ajouté que les organisations de la société civile participantes ont pu bénéficier d’une assistance financière dédiée à l’engagement significatif et d’une assistance technique, fournie par l’Université de l’Excellence, sous la forme d’un renforcement des capacités sur mesure des organisations bénéficiaires et d’un programme de leadership ouvert à toutes les organisations communautaires partenaires.

*« Ces organisations ont pu renforcer leurs compétences en leadership, en plaidoyer et en communication afin d’amplifier l’impact de leurs activités communautaires. Cette phase a aussi vu la création de réseaux dirigés par des femmes dans chaque pays et l’établissement de feuilles de route qui ont permis la mise en place d’un plaidoyer pour influencer positivement les plateformes de prise de décision. *»

Ce qui a permis aux femmes d’avancer à grands pas dans le domaine du dialogue national, d’intégrer des instances de décisions publiques et de bénéficier de formations diverses, notamment en matière de leadership.

Eu égard aux résultats enregistrés, la phase 2 du projet (2024-2027) a été étendue à deux nouveaux pays, le Togo et le Bénin. L’objectif, selon Mme Awa Yanogo, est « de transformer les normes sociales et culturelles, lutter contre les lois, politiques et pratiques discriminatoires qui contribuent aux inégalités entre les sexes et augmentent la vulnérabilité des femmes et des filles aux maladies.»

Elle a expliqué que « cet appui consistera à identifier 10 organisations communautaires de base dans chacun de ces pays afin de soutenir leurs efforts de plaidoyer autour de l’accès des femmes et des filles aux espaces de décision et l’amélioration de leurs conditions de vie.»

L’objectif, selon la chargée de plaidoyer de Speak Up Africa, est de renforcer la capacité de ces OCBs à relever efficacement les défis liés à la santé, notamment le VIH, la violence basée sur le genre (VBG), la tuberculose (TB), la santé sexuelle et reproductive (SSR), le paludisme, le changement climatique et la vaccination, et à faciliter l’intégration des femmes dans les espaces de décisions publiques et sanitaires.

Ainsi, « chaque organisation sélectionnée pourra accéder à un financement d’un maximum de 9.000.000 F CFA sur la base d’un plan d’action de plaidoyer et de renforcement des capacités. Ce financement pourra être utilisé pour la réalisation d’activités durant l’année calendaire 2025, renouvelable une fois pour l’année 2026.» Il faut rappeler que l’initiative Voix Essentielles vise à fournir un soutien significatif aux organisations de femmes et de filles œuvrant au niveau communautaire en Afrique francophone de l’Ouest.




Journée mondiale de la femme : l’urgence d’agir pour les femmes et les filles face au VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre

Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation

Le 8 mars est une journée de célébration, mais aussi de mobilisation. Alors que nous rendons hommage aux contributions des femmes à nos sociétés, nous devons impérativement rappeler une réalité alarmante : en Afrique de l’Ouest et du Centre, le VIH/SIDA continue de toucher de manière disproportionnée les femmes et les filles.

Par Mme Berthilde Gahongayiré, Directrice Régionale ONUSIDA Afrique de l’Ouest et du Centre. 

Les chiffres sont préoccupants. Dans cette région, les jeunes femmes et les adolescentes représentent près de 60 % des nouvelles infections au VIH. Les inégalités de genre, la pauvreté, la violence basée sur le genre (accentué par les conflits dans notre région et les changement climatiques) et l’accès limité aux services de santé accentuent leur vulnérabilité. Trop souvent, elles n’ont pas le pouvoir de négocier des relations sexuelles sécurisées, d’accéder aux services de prévention ou de poursuivre un traitement sans crainte de stigmatisation et de discrimination.

Mme Arlette Mvondo, Représentante ONUFEMMES, Dakar, Sénégal. 

La Journée internationale des droits des femmes est une occasion de revendiquer des actions concrètes adaptées aux réalités de l’Afrique de l’Ouest et du Centre :

  1. Accélérer l’accès à la prévention et aux soins : Les moyens outils de prévention comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP) doivent être accessibles à toutes les femmes et les filles qui en ont besoin. L’intégration du dépistage et du traitement du VIH dans les services de santé sexuelle et reproductive est essentielle pour renforcer la riposte.
  2. Lutter contre les violences faites aux femmes : La violence basée sur le genre, y compris les mariages précoces et forcés, est une des causes majeures de l’exposition des jeunes filles au VIH. Il est urgent de renforcer les lois et les mécanismes de protection pour garantir la sécurité et les droits des femmes et des filles.
  3. Investir dans l’éducation et l’autonomisation : En Afrique de l’Ouest et du Centre, des millions de filles sont déscolarisées, limitant ainsi leurs opportunités d’autonomie et augmentant leur vulnérabilité face au VIH. Un accès équitable à une éducation complète sur la sexualité et les droits des femmes est essentiel pour leur permettre de prendre en main leur santé et leur avenir.
  4. Soutenir le leadership féminin : Les femmes vivant avec le VIH doivent être au centre des décisions qui les concernent. Leur voix, leur expérience et leur résilience sont indispensables pour une réponse efficace et inclusive.
  5. Mobilisation de ressources dans le but de maintenir les acquis en matière de prévention et de traitement du VIH : la situation actuelle du financement de la santé appelle à plus de progrès dans le financement domestique pour la lutte contre le VHI en général et la féminisation du VIH en particulier.

Ce 8 mars, engageons-nous à renforcer la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation. L’égalité ne sera réelle que lorsque la santé et les droits de toutes seront une priorité absolue.




Condensé de l’actualité du Dimanche 2 Mars 2025 

Ami(e)s auditrices et auditeurs, nous sommes ravis de vous retrouver pour ce nouveau numéro du point de l’actualité sanitaire et environnementale. Voici les sujets qui y sont abordés.

Aménagement urbain au Bénin : 21 communes bientôt dotées de plan directeur d’urbanisme

Plan d’action pour le Climat : la plupart des pays n’ont pas soumis leur nouvelle feuille de route

La BAD et le Fonds pour la lutte contre la pandémie signent un accord visant à mobiliser des ressources pour la préparation aux pandémies

Le directeur général de l’OMS annonce que le mpox demeure une urgence de santé publique de portée internationale

À écouter ici 




Comprendre et respecter la loi en un clic grâce à la solution TOSSIN

Face à la complexité et à l’inaccessibilité des textes juridiques au Bénin, la startup RAB TECH propose une solution innovante, TOSSIN. Il s’agit d’une application mobile qui permet aux citoyens et aux entreprises d’accéder facilement aux lois en République du Bénin et au-delà.

« Monsieur, vous êtes en infraction ! » Jules, un jeune meunier résidant à Bohicon, ne s’attendait pas à recevoir une amende pour non-respect du temps de repos face à la pollution sonore que génère son moulin à maïs. Pourtant, il n’avait jamais entendu parler de cette règle. Comme lui, beaucoup de citoyens et d’entreprises ignorent les Lois faute d’un accès facile aux textes juridiques.

Pour résoudre ce problème, une solution dénommée en langue nationale Fon, TOSSIN, et qui signifie en français « Loi du peuple », a été créée et développée par la startup RAB TECH. Elle permet d’accéder aux lois en République du Bénin et dans bien d’autres pays, directement sur son téléphone portable, en un clic et en quelques secondes. Disponible sur Google Play via le lien http://www.bit.ly/tossin-app, cette solution est également accessible en version texte et audio.

« Nous avons une application qui nous donne accès à la loi, permet de la lire et de l’écouter en audio, et de gérer une liste de favoris », a déclaré Roland Alavo, son promoteur. Il précise qu’une fois qu’une loi est téléchargée sur le portable, le citoyen n’a plus besoin de connexion internet pour y accéder en tout temps. « Nous vous permettons d’aller télécharger le fichier PDF de la source pour garantir l’authenticité du travail ».

Selon Amnesty International, c’est un « projet important pour l’éducation aux droits humains ». Parmi les textes disponibles, on trouve la Constitution du Bénin, le Code pénal, le Code de l’Enfant, la loi-cadre sur l’environnement, le Code du numérique, et bien d’autres.

Si nul n’est censé ignorer la Loi, les textes juridiques sont souvent longs et compliqués pour le citoyen lambda. La langue utilisée est difficile à comprendre pour la plupart des gens, même pour les juristes, qui ont parfois du mal à tout retenir. De plus, de nombreuses entreprises ignorent les règles qu’elles doivent respecter.

Une étude de l’Union Africaine menée en Afrique de l’Ouest en 2020 a montré que la majorité des citoyens ne savent pas où trouver les Lois de leur pays, et que de nombreuses petites et moyennes entreprises ont du mal à identifier leurs obligations légales.

Un accès simplifié aux textes législatifs

TOSSIN rend les textes de Loi accessibles et compréhensibles par tous. Grâce à cette application, chaque utilisateur peut consulter les Lois en version numérique, les écouter en audio, et les explorer par thématique. Une fonctionnalité permet également de surligner des passages importants et de créer une liste d’articles favoris. Un moteur de recherche performant aide à retrouver facilement des textes à partir de mots-clés.

Pour les entreprises, cette solution propose une version avancée qui leur permet d’accéder aux exigences légales spécifiques à leurs activités. Elles peuvent consulter les règles qui s’appliquent à leur secteur, ajouter leurs propres exigences internes et évaluer leur niveau de conformité. Un tableau de bord permet de suivre en temps réel les actions mises en place pour respecter la réglementation.

Le juriste Qowiyou Fassassi, l’initiative de TOSSIN soutient le droit à l’information, un principe fondamental inscrit dans la loi n°2015-07 portant code de l’information et de la communication. Les articles 70 à 107 sont particulièrement significatifs à cet égard, car ils sont directement liés à l’accès à l’information tel que défini au chapitre IV.

Pour Achille Azonhoumon, un utilisateur de l’application, le travail accompli par TOSSIN est remarquable et mérite d’être soutenu par le ministère de la Justice afin d’en renforcer l’impact. Un constat partagé par Zimé Oroutamou, « TOSSIN constitue un cadre fédérateur des lois de la République. Grâce à son interface intuitive, elle facilite une recherche rapide et un accès simplifié aux textes législatifs ».

Aujourd’hui, TOSSIN enregistre plus de 56 000 téléchargements de son application, plus de 72 000 téléchargements de Lois, et plus de 20 000 utilisateurs ponctuels. Elle a d’ailleurs remporté le premier prix Jeunesse Francophone.

L’application couvre déjà les Lois de vingt pays ainsi que les traités de cinq organisations internationales. Elle s’adresse aux citoyens, aux juristes, aux étudiants en droit et en relations internationales, aux acteurs politiques, aux gouvernements, aux organisations de la société civile, ainsi qu’aux entreprises.

L’histoire de TOSSIN a commencé en décembre 2016, avec l’initiative de rendre les Lois plus accessibles. Entre 2017 et 2018, l’équipe a travaillé sur un prototype. En 2019, la première version de l’application a été mise en production. L’année suivante, une campagne intensive a permis de numériser plus de trois cents Lois béninoises en seulement quinze jours. En 2021, le projet a pris une dimension internationale avec l’intégration des Lois de 20 pays en huit différentes langues.

Aujourd’hui, TOSSIN continue d’élargir sa base de données, avec pour ambition de couvrir tous les pays du monde. Elle facilite non seulement l’accès aux Lois mais aussi contribue à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable, notamment ceux liés à l’accès à la justice, à la réduction des inégalités, à l’éducation et à l’égalité des genres.

TOSSIN vient compléter et renforcer les efforts déjà entrepris par le gouvernement du Bénin pour améliorer l’accès à la législation. Il s’agit des plateformes existantes, telles que celle du Secrétariat Général du Gouvernement et du Centre de Documentation et d’Information Juridique.

Dans un monde où la Loi régit tous les aspects de la vie en société, des initiatives comme TOSSIN apporte une réponse concrète pour que chacun puisse s’informer, comprendre et agir en toute légalité.

Cet article est rédigé dans le cadre de la bourse du Programme de journalisme sur les Infrastructures Publiques Numériques (IPN) de la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) en collaboration avec Co-Develop.

Megan Valère SOSSOU




Digitalisation du service public en cours au Bénin : le certificat de résidence en un clic…

Finies les longues files d’attente devant l’Agence nationale pour l’identification des personnes (ANIP) pour juste obtenir le justificatif du lieu où on est domicilié. Désormais le certificat de résidence peut être obtenu en ligne.

Jean M’po n’oubliera jamais ce jour. Ce matin-là, il s’était réveillé avec une énergie nouvelle, prêt à saisir une opportunité en or. Après des mois de recherche d’emploi, il venait enfin d’être présélectionné pour un poste qui pouvait changer sa vie. Il ne lui manquait qu’un document pour compléter son dossier : un certificat de résidence à compléter dans un délai très court. Confiant, il se rend chez son chef de quartier pour obtenir la fiche de résidence. Mais il découvre rapidement que le processus ne sera pas aussi simple. Le chef de quartier est absent, il doit repasser plus tard. Lorsqu’il obtient enfin le document manuscrit, il se précipite à la mairie. Là-bas, une longue file d’attente l’attend. Les heures passent, son tour n’arrive toujours pas. À la fermeture des services, il repart bredouille. Le lendemain, il tente à nouveau sa chance, mais il est déjà trop tard : l’entreprise a clôturé le processus de sélection. « C’était frustrant, surtout après avoir tant attendu une offre d’emploi » a-t-il déploré.

Le certificat de résidence est un document essentiel pour de nombreuses démarches administratives. Pour obtenir ce précieux document, les Béninois ont longtemps été confrontés aux tracasseries administratives, des files d’attente, des documents égarés, des allers-retours incessants entre leur chef quartier et la mairie. Mais aujourd’hui, un vent de modernisation souffle sur cette pièce des services d’état civil.

Jusqu’à récemment, obtenir un certificat de résidence était une véritable épreuve. Au-delà des lourdes conséquences en termes de perte d’opportunité, c’est aussi une énorme perte de temps. C’est aussi le cas de Raymond Adjomai : « Récemment, j’ai eu besoin d’un certificat de résidence. J’ai commencé par aller voir mon chef de quartier, ce qui m’a déjà pris beaucoup de temps. Ensuite, je suis allé à la mairie pour payer le timbre, et là, j’ai dû attendre pendant des heures. De 10h du matin à 18h, sans gain de cause. »

Entre les files d’attente et les nombreux déplacements, l’expérience relevait du parcours du combattant. Mais avec la nouvelle réforme annoncée par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) le vendredi 14 février 2025, les citoyens peuvent désormais avoir un accès plus rapide et plus simple à leur certificat de résidence.

Désormais, avec quelques clics sur la plateforme eservices.anip.bj, il est possible de faire sa demande et de recevoir son document sans se déplacer.

Selon Elvys Daa –Kpode, Informaticien à l’ANIP, la procédure a été optimisée en trois étapes clés. Il s’agit d’obtenir sa fiche de résidence auprès du chef de quartier ou du village, de soumettre sa demande en ligne sur eservices.anip.bj et de recevoir son certificat validé par l’ANIP, téléchargeable depuis son espace personnel.

Une procédure simplifiée avec un service d’assistance

Pour sécuriser le processus, chaque citoyen doit créer un compte personnel sur la plateforme avec son Numéro Personnel d’Identification (NPI) et son numéro de téléphone a-t-il indiqué. Cette innovation permet également de suivre l’évolution de ses demandes, de vérifier l’authenticité de ses documents et de solliciter des corrections en cas d’erreur.

L’ANIP a également mis en place un centre d’appel gratuit à travers 7054. Ce service d’assistance permet aux citoyens d’obtenir des explications sur la procédure et de signaler d’éventuels blocages même en langue nationale.

Lucresse Y. K., étudiante à Kétou, témoigne : « Puis que c’est nouvellement mis en place, j’avais peur de ne pas comprendre comment faire ma demande en ligne, mais j’ai appelé le service d’assistance et un agent m’a guidée pas à pas. J’ai pu effectuer ma demande et obtenir mon certificat de résidence ! »

Cette réactivité marque une rupture avec le passé et redonne confiance aux usagers de l’administration publique. Le Socio-anthropologue, Valentin Houessou est convaincu qu’avec cette réforme, les citoyens peuvent non seulement tout gérer depuis leur téléphone ou ordinateur mais aussi suivre leur dossier en temps réel. «Finis les jours de patience pour un simple document », a t-il déclaré.

Pour lui, des défis restent à relever, notamment pour les personnes en zone rurale qui ne sont pas à l’aise avec les outils numériques. «Il faut prévoir des séances de sensibilisation et des formations pour accompagner ces personnes, surtout les personnes âgées, pour qu’ils puissent s’adapter à ces nouveaux services ».

Quant à Hilary Christelle Kpadonou, elle regrette encore le passage obligatoire chez le chef de quartier qui peut parfois compliquer inutilement les démarches. « J’espère que cela sera bientôt simplifié aussi. »

Un constat partagé par Chabi Gado Ludovic, qui déplore également le coût de cette pièce. « Pourquoi cette pièce coûte-t-elle désormais jusqu’à 2000 Francs CFA alors qu’elle valait 500 F auparavant ? C’est une bonne réforme, mais le coût reste excessif. »

Selon Aristide Guy Adjinacou Gnahoui, Directeur Général de l’ANIP, tous les défis seront relevés. « Nous voulons transformer l’identification au Bénin en une expérience simple, fluide, moderne. Ce que nous faisons, ce n’est pas seulement moderniser l’état civil. C’est construire l’infrastructure de confiance de notre pays ».

Cette infrastructure permet aujourd’hui d’accéder à plusieurs documents d’état civil : l’acte de naissance sécurisé, le Certificat d’Identification Personnelle (CIP), la carte d’identité nationale biométrique, le certificat de résidence et bien d’autres. L’ANIP ne compte pas s’arrêter là. À moyen terme, l’agence prévoit d’intégrer d’autres services en ligne et de renforcer la sécurisation des données personnelles.

Avec la mise en place de cette réforme, l’obtention du certificat de résidence ne dépendra plus d’interminables files d’attente ou d’aléas administratifs. Un simple clic suffit pour accomplir en quelques minutes ce qui prenait autrefois des jours. Une transformation numérique qui, bien que perfectible, ouvre la voie à un accès et une gestion plus fluide des documents administratifs au Bénin.

Cet article est rédigé dans le cadre de la bourse du Programme de journalisme sur les Infrastructures Publiques Numériques (IPN) de la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) en collaboration avec Co-Develop.

Megan Valère SOSSOU




Plan d’action pour le Climat : La plupart des pays n’ont pas soumis leur nouvelle feuille de route

Le Bénin parmi les absents

La lutte contre le changement climatique marque un temps d’arrêt. Près de 200 pays devaient remettre leur nouvelle feuille de route climatique aux Nations unies avant lundi. Pourtant, seule une dizaine l’a fait, laissant craindre un manque d’engagement face à l’urgence climatique. Le Bénin pays vulnérable aux changements climatiques et régulièrement présent à la Conférence des Parties sur le Climat n’a pas encore présenté son Plan d’Action Climat.

Seuls les États-Unis, l’Équateur, le Brésil, l’Uruguay, le Royaume-Uni, Andorre, la Suisse, les Émirats arabes unis, Sainte-Lucie et la Nouvelle-Zélande ont soumis leurs stratégies mises à jour pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035. Ces pays représentent seulement 16 % des émissions mondiales. Des émetteurs majeurs comme la Chine, l’Inde et l’Union européenne n’ont pas respecté la date limite. L’inaction de ces poids lourds pose question, alors que l’Accord de Paris impose une révision régulière des engagements climatiques pour maintenir le réchauffement bien en deçà de +2°C, voire +1,5°C.

La réélection de Donald Trump aux États-Unis pourrait aussi peser lourd. Son intention de retirer son pays de l’Accord de Paris inquiète, car elle risque de freiner la mobilisation internationale.

Un monde vers +2,6°C à +2,8°C

D’après l’ONU, avec les engagements actuels, la planète se dirige vers un réchauffement de +2,6°C à +2,8°C d’ici la fin du siècle. Un scénario qui accentuerait les canicules, sécheresses et catastrophes naturelles, mettant en péril des millions de vies, notamment en Afrique.

Face aux retards, l’ONU a accordé un répit aux pays qui n’ont pas encore soumis leur plan climatique. Simon Stiell, chef du secrétariat climat des Nations unies, a annoncé qu’ils avaient jusqu’en septembre pour le faire, avant la COP30 prévue au Brésil en novembre.

La question reste posée : ces nouvelles feuilles de route seront-elles à la hauteur des enjeux climatiques ?

Megan Valère SOSSOU




Le triomphe historique du Niger sur la cécité des rivières est une lueur d’espoir pour l’Afrique.

Une tribune de Dr. Paulin Basinga sur l’élimination de l’onchocercose au Niger

Dans un petit village de la région de Tahoua, au Niger, un homme du haut de ses 80 ans est assis à l’ombre, ses yeux voilés par une cécité irréversible. Sa femme, septuagénaire, est assise à proximité, son corps couvert de cicatrices sous ses vêtements. Ils font partie des dernières personnes au Niger que le Dr Salissou Adamou a traitées pour la cécité des rivières (également connue sous le nom d’onchocercose), une maladie cruelle qui prive les gens de leur vue, de leur santé et de leur dignité.

Environ 70 % des membres de cette communauté ont souffert de la cécité des rivières, l’une des 21 maladies tropicales négligées (MTN) qui, à elles seules, touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde. Cette maladie a fait des ravages dans les écoles et les exploitations agricoles locales, plongeant les familles dans la pauvreté. Un grand nombre de leurs voisins ont fui en cherchant une solution, à la fois pour échapper à la maladie et pour fuir la peur.

En moins d’une génération, le contexte s’est remarquablement amélioré. Cela est dû en grande partie grâce à M. Salissou, qui coordonne le programme national de lutte contre la cécité des rivières au Niger avec le soutien du Comité pour l’élimination de l’onchocercose, un réseau mondial d’ONG et d’experts de la maladie, ainsi que des sociétés pharmaceutiques et des donateurs. Plus tôt dans la journée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a certifié que le Niger avait éliminé la cécité des rivières en tant que problème de santé publique, ce qui signifie qu’aucun enfant né au Niger aujourd’hui ne craindra d’être aveugle de façon permanente à cause de cette maladie évitable.

Cette avancée extraordinaire, qui s’est faite en 45 ans, n’est pas seulement un triomphe en matière de santé publique. C’est la preuve de ce qui est possible lorsque les pays touchés et les donateurs mondiaux s’unissent derrière un objectif commun.

Et ce ne sera pas la dernière, car chaque jour, des champions locaux comme le Dr Salissou font tomber les barrières pour éliminer les MTN et s’assurer qu’elles ne reviennent pas. Certains font office d’historiens, passant au peigne fin de vieilles cartes et de vieux dossiers pour identifier tous les villages qui ont signalé un cas. D’autres se portent volontaires pour servir d’appât humain, s’asseyant pendant des heures sur le lit des rivières – la peau exposée – pour attirer et attraper de minuscules mouches avant qu’elles ne piquent, une tâche dangereuse mais nécessaire qui permet aux scientifiques de suivre la propagation de la maladie.

Leurs efforts inlassables méritent à la fois une large reconnaissance et le soutien total des bailleurs de fonds et des décideurs politiques.

Les programmes visant à éliminer les MTN telles que la cécité des rivières font bien plus que restaurer la santé. Ils permettent aux enfants de rester à l’école, aux adultes d’aller travailler et aux familles d’échapper à la pauvreté. Rien qu’au Niger, on estime que l’élimination de la cécité des rivières ajoutera 2,3 milliards de dollars à l’économie du pays en permettant à un plus grand nombre de personnes de mener une vie productive. Le rapport coût-efficacité est frappant : de nombreuses personnes peuvent être atteintes et traitées pour moins de 50 cents de dollars par personne.

À l’échelle mondiale, 55 pays ont désormais éliminé au moins une MTN, ce qui représente plus de la moitié du chemin à parcourir pour atteindre l’objectif de 100 pays d’ici à 2030 fixé par l’OMS. Plus de 20 de ces pays se trouvent en Afrique, ce qui constitue un exploit remarquable compte tenu de la charge de morbidité disproportionnée de ce continent. Pourtant, plus d’un milliard de personnes dans le monde restent exposées au risque. Pour honorer les efforts des champions locaux et accélérer les progrès, les programmes de lutte contre les MTN ont besoin de ressources plus importantes et de meilleure qualité.

Tout d’abord, les gestionnaires de programmes ont besoin de données fiables pour comprendre les lieux de propagation des maladies afin que les personnes reçoivent un traitement en temps voulu. Des technologies telles que l’intelligence artificielle et la cartographie géospatiale, qui combinent des données sur les conditions météorologiques, les populations et d’autres éléments de manière visuelle, permettent de localiser plus précisément les habitats changeants des insectes vecteurs de maladies, afin que les équipes sachent dans quelles zones allouer des ressources. Les investissements dans le développement de ces outils permettront de s’assurer que les programmes les exploitent au maximum.

Le dépistage des maladies n’est qu’une partie du défi. Les équipes chargées des programmes ont besoin de médicaments efficaces pour prévenir ou traiter rapidement les maladies. Bien qu’il existe de nombreux traitements éprouvés, des schémas thérapeutiques plus courts permettraient aux agents de santé de traiter les malades en moins de consultations et sur des périodes plus courtes, ce qui accélérerait les délais d’élimination. En 2023, moins de 10 % des fonds consacrés à la recherche et au développement pour la plupart des maladies infectieuses ont été affectés aux MTN, ce qui ne représente qu’une petite fraction de ce qui est nécessaire pour s’attaquer pleinement aux MTN.

Même avec des données et des médicaments, les pays ont besoin d’un financement flexible pour s’adapter à l’évolution de la situation et pour orienter la planification. C’est précisément ce que fait le fonds « Reaching the Last Mile » (Atteindre le dernier kilomètre) (RLMF), une plateforme de financement collaborative et diversifiée, en réunissant des autorités locales, des bailleurs de fonds internationaux, des entreprises et des ONG pour soutenir les gestionnaires de programmes dans leurs priorités essentielles, qu’il s’agisse de renforcer les capacités des laboratoires locaux ou de donner aux travailleurs de la santé les moyens d’atteindre les populations vulnérables.

En 2023, le Fonds « Reaching the Last Mile » a audacieusement élargi son objectif afin d’atteindre tous les pays d’Afrique où la cécité des rivières et la filariose lymphatique sont endémiques d’ici 2030, soit cinq fois plus que l’objectif initial. La Fondation Gates est fière de s’associer à d’autres partenaires désireux de soutenir cette vision, mais l’augmentation des objectifs du fonds s’est accompagnée d’une augmentation de ses besoins de financement. Des investissements accrus de la part des bailleurs de fonds et des pays endémiques aideraient les pays du continent à mettre en place des programmes de traitement dans un plus grand nombre de communautés et à veiller à ce que les progrès durement acquis soient préservés même après l’arrêt du traitement – reproduisant ainsi le succès du Niger à grande échelle.

Dans le contexte actuel, nous devons donner la priorité aux investissements qui ont un effet transformateur. S’il existe de nombreuses opportunités intéressantes dans le domaine de la santé publique, les programmes de lutte contre les MTN représentent une opportunité inégalée. Rien qu’au Niger, on estime que l’élimination de la cécité des rivières a ajouté 2,3 milliards de dollars USD à l’économie du pays entre 1976 et 2019 – lorsque la plupart des programmes étaient actifs – permettant ainsi à davantage de personnes de mener une vie saine et productive.

Les bailleurs de fonds internationaux et les pays endémiques sont redevables à ceux qui sont en première ligne de la lutte et doivent faire plus en mettant tout leur soutien financier et politique au service des programmes de lutte contre les MTN. Ensemble, nous pouvons faire de la réussite historique du Niger le catalyseur d’un mouvement mondial, en permettant à des millions de personnes d’échapper à la négligence et en donnant de l’espoir à ceux qui souffrent encore.

Au Niger, cela fait des années déjà que l’équipe de Salissou a traité les derniers patients atteints de cécité des rivières et qu’elle a entamé le long chemin vers la certification de l’élimination de la maladie. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes n’ont jamais entendu parler de la maladie, ce qui représente un profond symbole de progrès, que nous pouvons continuer à reproduire, j’en suis persuadé.




Accès à la liste des pharmacies de garde au Bénin : PharMap, la solution simplifiée

Pour pallier le casse-tête de la maîtrise des tours de garde puis les promenades inutiles et stressantes dans les officines de pharmacie juste pour connaître celles qui sont ouvertes, PharMap offre aux patients et à leurs parents, une solution en ligne.

Roland Houngbadji et Nourah Mazu ont créé en 2021, PharMap. Une solution de healthtech développée à travers Swiitch Design, une start-up béninoise spécialisée dans la conception de solutions numériques. Conçue sous forme d’application mobile, cette solution aide chaque Béninois à localiser rapidement les pharmacies ouvertes, partout et à tout moment. PharMap simplifie la vie des patients en leur permettant de trouver en quelques secondes une pharmacie de garde ou un médicament précis. Une réalité possible grâce aux nouvelles technologies numériques.

L’application, disponible gratuitement sur Google Play et iOS https://bit.ly/pharmapandroid, a déjà conquis plus de 10 000 utilisateurs. Son mode d’emploi est simple et intuitive. Après l’installation, il suffit de créer un compte pour accéder aux services proposés. Le premier permet de rechercher un médicament en fonction de sa disponibilité et de son prix dans les pharmacies à proximité. Il est possible de saisir le nom du produit ou d’envoyer une photo de son ordonnance. Le second service permet de localiser en un clic les pharmacies ouvertes ou de garde dans une zone donnée. PharMap ne se limite pas à la recherche d’informations. L’application propose un service de commande en ligne, permettant aux utilisateurs de réserver leurs médicaments. Le paiement se fait directement depuis l’interface grâce à l’intégration d’un système de paiement rattaché services mobile money. Les utilisateurs peuvent ensuite récupérer leur achat sans attendre.

Pour ceux qui préfèrent une approche plus simple, PharMap fonctionne aussi sur WhatsApp. Un message envoyé à un numéro dédié permet d’obtenir en quelques minutes l’adresse de la pharmacie la plus proche ou la disponibilité d’un médicament.

Selon Emmanuel Moïse Zinsou, PharMap est une application formidable qui sauve des vies. « Je l’ai testée lorsque j’avais besoin d’un médicament contre l’épilepsie, introuvable selon plusieurs pharmacies que j’avais consultées. Grâce à PharMap, j’ai pu le trouver en un temps record. Cette application permet non seulement de gagner du temps, mais aussi d’économiser de l’argent et d’accéder rapidement aux médicaments nécessaires. »

Pour Afoussa Traoré, PharMap est une belle initiative qui apporte une véritable valeur ajoutée au secteur de la santé. Elle apprécie, « Trouver la liste des pharmacies en ligne est possible, mais connaître précisément celles qui disposent du médicament recherché et leur localisation exacte reste un défi, surtout lorsqu’on ne connaît pas bien la ville.»

Nourah Mazu, co-fondatrice de PharMap et pharmacienne de formation, explique que de nombreux patients doivent visiter plusieurs pharmacies avant de trouver un médicament urgent. Cela représente un réel problème de santé publique. « Aujourd’hui, une application permet de trouver le médicament peu importe où vous êtes sur le territoire nationale quelques soit l’heure en moins de 10 min. Mieux après l’avoir commandé vous pouvez le récupérer. Zéro rang, zéro problème de monnaie. » a-t-elle déclaré.

En cas d’urgence médicale, chaque minute compte. Pourtant, dans de nombreuses villes africaines, trouver une pharmacie ouverte au bon moment relève encore du parcours du combattant. Que ce soit en pleine nuit, un jour férié ou simplement dans un quartier peu familier, la recherche d’un médicament peut vite devenir une source de stress et d’incertitude. Ce manque d’accessibilité ne concerne pas seulement les grandes agglomérations, mais touche aussi les zones rurales où l’offre pharmaceutique est encore plus limitée.

D’où est partie l’initiative ?

Face à cette situation, de nombreux patients se retrouvent contraints de faire le tour de plusieurs officines avant de trouver ce dont ils ont besoin, ou pire, de se tourner vers le marché informel et ses médicaments de qualité douteuse. Ce problème, bien que fréquent, reste sous-estimé alors qu’il impacte directement la santé publique.

C’est pourquoi Roland Houngbadji et Nourah Mazu, tous deux promoteurs de PharMap, ont voulu révolutionner le secteur. Tout est parti d’une mauvaise aventure de ces derniers. En effet, ils ont peiné à trouver une pharmacie de proximité afin d’acheter un médicament en urgence pour leur fille.

Roland Houngbadji raconte, « Un soir, alors que je terminais ma journée de travail, un message de ma compagne a changé le cours de ma soirée. Notre fille, Maria, toussait intensément. Je me précipite dehors, persuadé qu’en quelques minutes, j’aurai trouvé une officine ouverte. Mais ma course contre la montre tourne vite au cauchemar.1ère pharmacie : fermée, 2ème pharmacie : fermée, 3ème pharmacie : fermée, 4ème pharmacie ? Devinez… encore fermée. » De nombreux béninois ont déjà eu les mêmes difficultés à trouver une pharmacie ouverte en urgence.

L’application repose sur un modèle économique freemium où plus de 300 officines sont à retrouver sur l’application avec la possibilité d’utiliser les fonctionnalités initiales et avancées. Son utilisation est gratuite pour le grand public, mais un service premium payant est proposé aux pharmacies pour améliorer leur visibilité et optimiser la gestion de leur stock. En parallèle, la start-up explore des partenariats avec des hôpitaux et des mutuelles de santé pour intégrer PharMap dans les services médicaux.

Avec des milliers d’utilisateurs et un impact concret sur l’accès aux soins, PharMap constitue le modèle pour un accès rapide et efficace aux médicaments.

Une initiative qui vient renforcer la volonté du ministère de la santé de garantir une répartition équilibrée et efficace des structures pharmaceutiques sur le territoire béninois. Une mesure actée par le ministre de la Santé du Bénin, Benjamin Hounkpatin le lundi 16 décembre 2024 et qui met en vigueur une nouvelle carte pharmaceutique pour la période 2025-2027.

L’impact de ces innovations est déjà perceptible. PharMap facilite déjà l’accès aux médicaments pour de nombreux Béninois. Elle réduit le stress et les pertes de temps associés aux situations d’urgence médicale. C’est la preuve que les infrastructures publiques numériques peuvent jouer un rôle important dans l’accessibilité aux services de santé publique.

Cet article est rédigé dans le cadre de la bourse du Programme de journalisme sur les Infrastructures Publiques Numériques (IPN) de la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) en collaboration avec Co-Develop.

Megan Valère SOSSOU