Politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition au Bénin : la société civile formule ses recommandations

Pour une politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition inclusive et efficace au Bénin  l’Alliance de la Société Civile pour l’Intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB) a réuni du 24 au 26 juin 2025 à Grand Popo, une quarantaine d’acteurs clés du secteur. Objectif : permettre aux organisations de la société civile (OSC) de s’approprier la Politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (PNAN) et d’en devenir de véritables partenaires stratégiques.

Pendant trois jours d’intenses travaux, les participants ont découvert en profondeur les grands axes de la PNAN. À travers des présentations détaillées, des échanges participatifs et des travaux de groupe, les organisations de la société civile présente ont pu comprendre les objectifs, les mécanismes de mise en œuvre, mais aussi les limites du document.

Yessoufou Lamidi, Chargé des activités techniques à l’ONG OBEPAB, témoigne, « On a eu à travailler pour comprendre la PNAN, relever les insuffisances qui par la suite ont été formulées en des recommandations à adresser à l’ANAN. »

Ces recommandations concernent notamment le manque de dispositifs de gouvernance clairement définis. Comme l’a souligné Lamidi, « La politique doit disposer d’un comité d’orientation, d’un comité technique et d’un comité d’exécution. Le document de politique doit être accompagné d’un plan d’action. » Dans le cas précis, la Politique fait référence à des programmes, mais les plans d’action n’ont pas été élaborés.

De son côté, Obed Zossou, de l’ONG CIPCRE Bénin, membre de l’ASCINB et Coordonnateur du champ d’action Agriculture Durable, Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (ADSAN)  déplore une exclusion des OSC dans les phases de conception, « Le document de la PNAN est un document très bien riche mais il a été remarqué dans la méthodologie que la société civile n’a pas été associée dans l’élaboration ni à la validation…… L’atelier nous a permis de mieux comprendre et de prendre une position pour que la place de la société civile puisse être reconnue. »

Rakiatou Seydou Tahirou Bada, Chargée de projet SIANSON appelle à une meilleure inclusion des populations vulnérables, « Nous souhaitons que les acquis de cet atelier soient bien pris en compte par l’ANAN, révisés s’il le faut en collaboration avec la société civile………  Il y a des domaines, des dimensions qui n’ont pas été prises en compte tel que la prise en compte des personnes à besoins spécifiques, qui n’est pas détaillée. »

Au terme des échanges, les participants ont adopté une note de position, une feuille de route et une liste de questions prioritaires. Ils se sont engagés à poursuivre leurs efforts à travers le plaidoyer, la sensibilisation, le suivi citoyen et des actions communautaires concrètes.

Pour Ariane Pamela Agbozo de Social Watch Bénin, « L’approche participative de l’atelier a permis d’aboutir à des résultats tangibles à savoir la note de prise de position, la feuille de route et les questions. Notre souhait est de maintenir le niveau d’engagement afin que nous puissions arriver à faire infléchir ceux qui sont en face de nous pour qu’ils puissent intégrer les organisations de la société civile dans le processus de mise en œuvre de cette politique. »

Gaudens Houessionon de l’ONG AUTRE – VIE salue pour sa part la pertinence de la rencontre, « Cet atelier vient à point nommé avec des échanges assez ouverts et riches. »

En clôturant les travaux, Dagbégnon Tossougbo, représentant la Direction de l’Alimentation et de la Nutrition Appliquée (DANA) a  remercié l’ASCINB pour son rôle moteur dans la veille citoyenne ayant abouti à l’appropriation de la PNAN par les organisations de la société civile, « Je voudrais vous exhorter à maintenir ce niveau d’engagement pour que le secteur de la nutrition et de l’alimentation se porte de plus en plus mieux. »

Avec cette initiative, l’ASCINB confirme son rôle de catalyseur entre les institutions publiques et les communautés pour une politique nutritionnelle plus inclusive, équitable et ancrée dans les réalités locales.

Megan Valère SOSSOU




PNAN 2024 : une société civile tenue à l’écart d’une politique qu’elle devra mettre en œuvre

Si la Politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (PNAN), adoptée en juillet 2024, est saluée pour sa vision, sa légitimité est fragilisée par le manque d’implication de la société civile dans son processus d’élaboration. Les acteurs communautaires, pourtant au cœur des interventions de terrain, n’ont pas été pleinement associés. Une exclusion dénoncée par plusieurs ONG, qui alertent sur les risques de non-appropriation locale et d’échec dans la mise en œuvre.

L’Alliance de la Société Civile pour l’Intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB), faitière des organisations de la société civile luttant contre la malnutrition au Bénin n’a pas été associée à la validation du document. Le texte officiel mentionne une consultation large, sans toutefois préciser les entités concernées, laissant planer un doute sur la représentativité réelle et la dimension inclusive du processus.

Une société civile absente du processus d’élaboration

Augustin Babagbeto, Chargé de Programmes à la Mutuelle de Jeunes Chrétiens pour le Développement (MJCD ONG), participant à l’atelier national d’appropriation de la PNAN organisé par l’ASCINB, estime que bien que la Politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition parte d’une bonne intention, elle souffre de lacunes majeures qui traduisent une faible implication de la société civile dans son élaboration.

À son avis, si les organisations de terrain avaient été associées, plusieurs de ces faiblesses auraient pu être évitées. Il souligne également qu’un grand nombre d’acteurs locaux ignorent même l’existence du document, ce qui, selon lui, compromet sérieusement son efficacité, puisque ceux chargés de sa mise en œuvre n’en ont pas connaissance ni appropriation. Il est convaincu qu’avec les apports constructifs de la société civile, le tir pourra être corrigé.

A noter que le document adopte une définition classique de la nutrition, centrée sur les processus biologiques. Une vision jugée trop étroite par les experts ayant passés au peigne fin le document. Pourtant, le Professeur Roch Mongbo, expert reconnu, avait proposé une définition plus intégrative, « La nutrition est l’ensemble des processus biologiques, sociaux, psychiques, environnementaux, par lesquels l’organisme humain valorise l’aliment pour la vie. »

Une telle définition aurait permis une meilleure prise en compte des facteurs sociaux, culturels et environnementaux dans la lutte contre la malnutrition.

L’absence d’approche communautaire

La stratégie proposée reste technocratique selon les experts. Elle néglige les dynamiques communautaires et les savoirs locaux. Aucune stratégie spécifique n’est prévue pour mobiliser les bénéficiaires, intégrer leurs réalités ni valoriser les dispositifs communautaires déjà en place, souvent portés par des ONG.

La PNAN n’analyse pas en profondeur les causes structurelles de la malnutrition, notamment les inégalités de genre, les pratiques culturelles, les difficultés d’accès aux soins, ou encore la précarité économique des femmes. Ces dimensions sont pourtant essentielles pour la réussite de toute politique nutritionnelle.

L’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), chargée du suivi, ne prévoit pas explicitement la participation des organisations de la société civile dans le mécanisme d’évaluation. Où sont les indicateurs ? Où est le plan d’action ?, s’interrogent les organisations de la société civile avant de noter que la société civile est totalement absente du dispositif de suivi comme à l’élaboration.

Vers une meilleure inclusion ?

Face à cette mise à l’écart, la société civile entend apporter ses contributions pour une politique inclusive et réaliste. Des consultations sont en cours actuellement à Grand Popo pour formuler des propositions concrètes afin d’améliorer la politique, renforcer la transparence et garantir l’appropriation communautaire.

Il est évident que sans la mobilisation des organisations de terrain, la PNAN risque de rester un texte sans effet. Une politique publique qui ne s’appuie pas sur ceux qui œuvrent au quotidien pour la nutrition est vouée à l’inefficacité.

Megan Valère SOSSOU




Nutrition au Bénin : la société civile se mobilise pour mieux s’approprier la PNAN

Ce mardi 24 juin 2025 s’est ouvert à Grand Popo l’atelier national d’appropriation de la Politique Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (PNAN). L’objectif est de renforcer la participation des organisations de la Société Civile à la gouvernance de la nutrition et la mise en œuvre de la PNAN.

Face à des indicateurs de malnutrition encore préoccupants, la mobilisation des organisations de la société civile (OSC) apparaît plus que jamais stratégique. C’est pourquoi, l’Alliance de la Société Civile pour l’Intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB), organise avec l’appui de ses partenaires Care Bénin Togo, GAIN, le Royaume des Pays – Bas un atelier national sous le signe de la nécessité d’une gouvernance participative pour l’amélioration de la nutrition au Bénin.

Pour Aurélien Atidegla, président de l’ASCINB, la tenue de cet atelier découle de constats préoccupants. « La société civile a été peu impliquée dans le processus ayant conduit à l’adoption de la PNAN », déplore-t-il, citant également la faible appropriation de la PNAN par les organisations de la société Civile.

L’enjeu, aujourd’hui, est donc de créer un espace de dialogue critique, pour mieux comprendre la politique nationale, en apprécier la pertinence et formuler des propositions concrètes pour son amélioration.

Une dynamique soutenue par les partenaires

Cette initiative est soutenue par plusieurs partenaires techniques et financiers, à l’image de Care Bénin-Togo, représenté à l’ouverture par Edmond Zinzindohoué, Chef de projet CASCADE. Ce dernier a salué l’initiative en la qualifiant d’alignée avec la théorie du changement portée par le projet. « Susciter la société civile pour améliorer la redevabilité dans le cadre de la nutrition », a-t-il souligné, appelant les participants à se positionner comme « forces de proposition ».

L’intervention de Dagbégnon Tossougbo, représentant de la Direction de l’Alimentation, de la Nutrition Appliquée (DANA), a permis de poser les jalons officiels de l’atelier. Saluant l’action engagée par l’ASCINB.

Si dans son intervention, Dagbégnon Tossougbo a voulu rassurer l’ASCINB sur l’inclusivité du processus ayant abouti à l’adoption de la PNAN, les acteurs de la société civile à travers l’ASCINB affirment n’avoir jamais contribué ni à l’élaboration, ni à la validation de ladite politique.

A noter que lors du lancement, l’absence de l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), bras opérationnel de l’État sur les questions nutritionnelles a été remarquée.

Une volonté d’aller de l’avant

Malgré ces divergences, l’ambiance reste constructive. Les OSC présentes à l’atelier réaffirment leur engagement à jouer un rôle actif dans l’amélioration et la mise en œuvre de la PNAN. Pour elles, cet atelier constitue une opportunité de faire entendre leurs voix, d’influencer les politiques publiques, mais surtout de contribuer efficacement à la lutte contre la malnutrition.

Au Bénin, la malnutrition reste un fléau silencieux qui affecte les groupes les plus vulnérables, notamment les enfants et les femmes enceintes. L’amélioration et l’appropriation collective de la PNAN pourrait bien être l’impulsion nécessaire pour faire reculer durablement la malnutrition au Bénin.

Megan Valère SOSSOU




Assemblée Générale Élective de l’AOLB : vers une nouvelle dynamique au service de la spécialité ORL libérale au Bénin

C’est dans une ambiance conviviale et empreinte de professionnalisme que s’est tenue ce samedi 21 juin 2025, à la Résidence Antoinette de Cotonou, l’Assemblée Générale Élective de l’Association des ORL Libéraux du Bénin (AOLB). Cette rencontre, organisée avec l’appui des laboratoires pharmaceutiques FRILAB et HK Pharma, a permis de faire le point sur la mandature écoulée, d’élire une nouvelle équipe dirigeante et de projeter les grandes ambitions de la corporation pour les trois prochaines années.

Dans son bilan moral, le Président sortant, Dr Serge Kpanou, a retracé les principaux jalons qui ont marqué la première mandature de l’AOLB. Il s’est réjoui de l’enracinement progressif de l’association dans l’écosystème sanitaire béninois, « Nous pouvons être fiers aujourd’hui. Nous avons obtenu notre numéro IFU et nous sommes désormais inscrits à la Plateforme Sanitaire du Secteur Privé (PSSP). Cela nous donne plus de visibilité et crédibilité aux côtés des autres associations de professionnels de santé », a-t-il souligné, visiblement ému.

Il a également rappelé l’implication active de l’AOLB dans le récent congrès conjoint SOBENORL/SORLAF, tenu les 9, 10 et 11 avril 2025, à Cotonou. « L’AOLB a été très dynamique dans l’organisation de ce congrès. Nous n’avons pas laissé la société mère tout faire, nous avons pris notre place et montré notre capacité de mobilisation », a-t-il insisté.

Cette première mandature aura aussi été marquée par l’organisation de plusieurs sessions de formation post-universitaire, dont certaines en synergie avec d’autres associations membres de la PSSP, notamment l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB), l’Association des Pharmaciens du Bénin et celle des Kinésithérapeutes.

Mais le Président sortant reste lucide sur les défis à venir, « L’Autorité de Régulation du Secteur de la Santé (ARS) nous engage dans une dynamique de regroupement et de structuration. Ce ne sera pas facile si nous ne prenons pas les devants pour travailler ensemble, dans un esprit de solidarité et de complémentarité », a-t-il averti.

Une équipe réélue autour de la continuité et de l’innovation

À l’issue du vote, le bureau sortant a été largement reconduit avec une seule nouvelle entrée : Dr Salouf Mouckaila, élu Secrétaire Général Adjoint. Le bureau exécutif pour la mandature 2025-2028 se compose comme suit :

  • Président : Dr Serge Kpanou (réélu)
  • Secrétaire Générale : Dr Osséni Lafia Marizoukatou (réélue)
  • Secrétaire Général Adjoint : Dr Salouf Mouckaila (nouvel élu)
  • Trésorière Générale : Dr Amoussa Osséni Assani Kassiratou (réélue)
  • Trésorière Générale Adjointe : Dr Badarou Elègbèdè Souratoulaye (réélue)

Au niveau du Commissariat aux Comptes, Dr Nago Ginette a été reconduite, accompagnée de Dr Lokossou Armelle.

Prenant la parole après sa réélection, le Président Kpanou a remercié les membres pour cette confiance renouvelée :

« Le parcours a été élogieux, mais les défis à venir sont importants. Nous devons désormais accentuer notre visibilité, renforcer la cohésion entre nos membres et travailler à l’union des cliniques au sein de notre association », a-t-il déclaré.

Il a également annoncé la structuration de nouveaux pôles de travail internes : un pôle chirurgie, un pôle exploration, et un pôle dédié aux cliniques de garde (week-end). L’objectif est d’éviter que les patients ne se dispersent dans l’offre de soins faute d’orientation claire.

« Nous voulons qu’à la fin de ce mandat, l’on puisse mesurer concrètement les progrès accomplis. Nous avons les ressources humaines, nous avons la volonté. Il nous faut maintenant de la méthode », a-t-il affirmé.

Vers une profession ORL libérale plus visible et structurée

Président du présidium de l’assemblée, le Dr Adahè Wilfrid Romain, Médecin ORL-CCF a livré un message sobre et encourageant en appelant les ORL libéraux à plus de solidarité et de responsabilité professionnelle. « Il faut que nous soyons représentatifs dans la spécialité. Le secteur public est déjà en place, mais nous devons nous organiser pour inverser la tendance qui donne souvent l’ascendant au public. C’est dans la solidarité et la qualité des soins que nous y parviendrons », a-t-il exhorté. Sur la question de la formation continue, Dr Adahè Wilfrid Romain a encouragé ses collègues à suivre les enseignements de la société mère et des institutions internationales tout en restant concentrés sur leur mission première : offrir des soins de qualité aux patients.

L’événement a également permis d’exprimer les attentes des membres, notamment en ce qui concerne le renforcement des collaborations avec le Ministère de la Santé, les structures hospitalières, et les partenaires techniques.

« Le rôle de l’AOLB est de fédérer les ORL libéraux autour de pratiques éthiques et professionnelles. Nous voulons participer activement aux concertations nationales, et être un relais pertinent entre le terrain et les institutions de régulation », a rappelé le Président Kpanou. Il a aussi évoqué la nécessité d’une meilleure coordination avec l’ARS, pour accompagner la dynamique nationale de structuration du secteur privé de santé. « Nous sommes prêts à jouer notre rôle dans cette mutation en cours », a-t-il conclu.

Une communauté renforcée autour de valeurs partagées

La tenue de cette assemblée a une fois de plus démontré l’engagement de la communauté ORL libérale à construire une association solide, respectée et utile à la profession comme aux patients. L’accompagnement des laboratoires partenaires, notamment FRILAB et HK Pharma, a été salué pour son importance dans la réussite de l’événement.

Avec cette nouvelle équipe dirigeante, des objectifs clairs et une dynamique collective consolidée, l’AOLB entame un nouveau cycle sous le sceau de la continuité, de l’innovation et de la solidarité professionnelle.

Mahugnon Josué TCHAGNONSI




Mobilisation régionale pour la nutrition : l’ASCINB porte la voix du Bénin à Lagos

Du 9 au 14 juin 2025, l’Alliance de la Société Civile pour l’Intensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB) a pris part à la rencontre régionale annuelle des Alliances de la Société Civile SUN de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et des îles (Comores et Madagascar), tenue à Lagos, au Nigeria. Cet événement a réuni les représentants de 22 pays autour du thème : « Une société civile plus forte pour accélérer les progrès en matière de nutrition ».

Dans un contexte de crises multiples — conflits, changement climatique, insécurité alimentaire, inégalités structurelles, et faiblesse des systèmes de santé —, les participants ont unanimement reconnu les défis persistants que pose la malnutrition dans la région. Ils ont aussi pointé les retards dans l’atteinte des objectifs 2030, exacerbés par un financement insuffisant et une faible coordination.

Face à cette situation, les délégués, dont l’ASCINB, ont réaffirmé leur engagement collectif à mettre fin à la malnutrition sous toutes ses formes, en renforçant leur collaboration avec les gouvernements, les Nations unies, les donateurs, le secteur privé et les communautés.

Les participants ont également réaffirmé leur volonté de poursuivre leurs efforts en faveur de la nutrition, en dépit des contraintes financières et des contextes souvent difficiles.

La déclaration finale appelle les gouvernements à instaurer un environnement propice à l’action de la société civile, fondé sur la transparence, la participation et la redevabilité. Elle les exhorte également à reconnaître pleinement le rôle stratégique des Alliances SUN dans la gouvernance des politiques de nutrition, et à accroître les ressources financières nationales allouées à ce secteur vital.

Les institutions régionales et le secteur privé sont, de leur côté, encouragés à investir durablement dans le renforcement institutionnel des alliances, en soutenant leur ancrage communautaire, leur capacité de plaidoyer et leur autonomie financière.

Quant aux partenaires techniques et financiers, la déclaration les invite à maintenir, voire renforcer leur soutien, afin de préserver les acquis obtenus et de favoriser la mise à l’échelle des solutions locales.

À l’issue de cette rencontre, les Alliances de la Société Civile SUN se déclarent « renforcées, alignées et mobilisées » pour intensifier leur engagement en faveur de l’élimination de la malnutrition en Afrique de l’Ouest, du Centre et des îles.

L’ASCINB, par sa présence, a réaffirmé sa détermination à jouer un rôle central dans la lutte contre la malnutrition au Bénin et à contribuer aux dynamiques régionales, dans un esprit de solidarité et d’engagement collectif.

Lire la Déclaration finale de cette rencontre ici

Megan Valère SOSSOU




Poliomyélite : le Bénin lance une campagne nationale pour vacciner 4 millions d’enfants

Du 20 au 23 juin 2025, le gouvernement béninois, à travers le ministère de la Santé, organise une vaste campagne de vaccination contre la polio. L’objectif : immuniser plus de 4 millions d’enfants de moins de cinq ans face au risque grandissant de circulation du poliovirus variant de type 2.

Trois cas confirmés de poliovirus variant de type 2 (PVDVc2) ont été détectés en 2025 au Bénin, notamment dans les départements du Plateau et du Borgou. Des analyses environnementales ont également révélé la présence du virus dans les eaux usées, signe d’une circulation continue dans certaines zones frontalières avec le Nigeria. Face à ce constat préoccupant, le ministère de la Santé a décidé de lancer une campagne nationale de vaccination avec le nouveau vaccin antipoliomyélitique oral de type 2 (nVPO2).

Cette décision s’aligne sur les recommandations de la Commission régionale de certification pour l’Afrique, formulées lors de sa 33e réunion statutaire.

Une stratégie basée sur la santé communautaire

La campagne, qui s’étend du 20 au 23 juin 2025, vise exactement 4 263 190 enfants âgés de 0 à 59 mois sur l’ensemble du territoire national. Elle s’inscrit dans le cadre du Grand Rattrapage vaccinal, sous le thème « L’immunisation pour tous est possible ».

Conformément à la Politique Nationale de Santé Communautaire initiée en 2020, chaque équipe de vaccination est composée de deux relais communautaires chargés de visiter environ 200 ménages chacun. Plus de 15 496 relais, 1 920 membres d’écoute sociale et de nombreux mobilisateurs ont été formés et déployés pour garantir le succès de cette campagne.

Présidant la cérémonie de lancement à Cotonou, le Ministre de la Santé, Professeur Benjamin Hounkpatin, a insisté sur l’importance stratégique de cette opération, « C’est pourquoi notre vigilance ne va jamais faiblir. Grâce à la vaccination, nous avons les moyens de lutter contre la maladie jusqu’à son éradication complète. Cette campagne s’inscrit donc dans une logique de renforcement du Programme Elargi de Vaccination mais aussi dans notre volonté politique de garantir la couverture sanitaire universelle. Le vaccin est sûr, efficace et gratuit. »

Il a également rappelé le rôle essentiel des agents de santé communautaire, « Chers relais communautaires, votre rôle est très déterminant. Vous êtes responsables de la qualité de la campagne. Chaque ménage doit être visité et aucun enfant ne doit être laissé pour compte. »

Un soutien massif des partenaires techniques et financiers

La campagne bénéficie d’un appui important de partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UNICEF, Gavi – l’Alliance du Vaccin, et Rotary International. Leurs représentants ont assisté à l’événement de lancement à Cotonou.

Le Représentant de l’OMS, Dr Kouamé Jean Konan, a souligné la nécessité de campagnes régulières, « Les enfants qui ne sont pas à jour de leur vaccination de routine sont des cibles pour la maladie et constituent aussi un risque pour les autres. […] La dernière campagne de riposte, en juin 2024, en est encore l’illustration. »

Une lutte contre la désinformation bien organisée

Pour contrer les fausses informations autour de la vaccination, les autorités béninoises ont mobilisé les chefs traditionnels, leaders communautaires et volontaires de santé, à travers les Composantes locales du Système de Santé (CoLOSS). Cette stratégie vise à renforcer la confiance des populations et encourager l’adhésion.

Le Représentant de l’UNICEF, M. Ousmane Niang, a salué leur implication, « Je témoigne ma reconnaissance à leur endroit pour leur rôle indéniable dans cette campagne. Je les encourage donc à plus d’efforts de mobilisation des parents pour un accueil chaleureux des équipes de vaccination. »

Cette campagne s’inscrit dans la stratégie de l’OMS pour l’Afrique, qui vise à interrompre tous les foyers de PVDVc2 d’ici fin 2025. Le Bénin, par cette action, réaffirme son engagement à garantir la santé de chaque enfant et à éliminer définitivement la poliomyélite sur son territoire.

Megan Valère SOSSOU




Des journalistes formés pour promouvoir la consommation de légumes et les bonnes pratiques culinaires

Les 22 et 23 mai 2025, la ville de Parakou a accueilli une session de formation à l’intention des professionnels des médias sur la consommation de légumes et les bonnes pratiques culinaires. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la composante 2 du projet Safe Veg avec l’appui de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) et du projet CASCADE soutenu par Care International Togo-Bénin et l’Union Européenne.

Photo de famille
Photo de famille

L’objectif de cette activité était d’outiller les journalistes afin qu’ils jouent un rôle de relais dans les communautés, en vue de favoriser un changement de comportement durable en matière d’alimentation. En effet, bien que les médias soient des acteurs clés de sensibilisation, il est constaté qu’ils disposent souvent de connaissances limitées sur la consommation des légumes et les pratiques culinaires appropriées. D’où la nécessité de renforcer leurs capacités dans ce domaine.

Pendant deux jours, des journalistes venus de tous les départements du pays et issus de différents organes de presse (radio, télévision, presse écrite et en ligne) ont pris part à des communications portant sur quatre thématiques principales :

  • « Importance des légumes pour l’organisme humain » ;
  • « Bonnes pratiques culinaires et d’hygiène des légumes » ;
  • « Bonnes pratiques de production maraîchère, y compris qualité sanitaire et quelques indices de reconnaissance des légumes de qualité » ;
  • « Pratiques de communication sur la consommation des légumes dans le contexte béninois ».

Ces thèmes ont été développés respectivement par le Dr Yann Eméric Madode, professeur associé de biochimie et technologies alimentaires à l’Université d’Abomey-Calavi, Djibril Aboubacar et Marcel Beria, expert en communication.

En plus des exposés, les participants ont pris part à des travaux de groupe, partages d’expériences et échanges de connaissances, ce qui a enrichi la formation et favorisé une meilleure appropriation des messages.

À l’unanimité, les journalistes ont salué la pertinence des thématiques abordées et la richesse des échanges. Ils ont exprimé le souhait de voir ce type d’initiative se pérenniser afin de renforcer régulièrement leurs compétences.

Lors de la clôture de l’atelier, le Dr Janvier Egah, enseignant à la Faculté d’Agronomie de l’Université de Parakou et coordonnateur national de la composante 2 du projet SAFEVEG, a exprimé sa satisfaction quant à la participation des journalistes :

« C’est le moment pour moi de témoigner toute ma gratitude à l’endroit de toutes les faitières des professionnels des médias. Votre disponibilité, votre engagement nous ont marqué et cela nous rassure du fait que nous resterons ensemble pour poursuivre le combat, c’est-à-dire la lutte contre l’insécurité alimentaire. »

De son côté, Florence Honvo Bello, cheffe du sous-bureau de Parakou pour la coordination des actions de l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), a formulé le vœu que les connaissances acquises servent durablement les productions médiatiques des participants. Le rôle des professionnels des médias n’est plus à démontrer. Ils sont importants dans la transmission des messages. C’est pourquoi, elle a souhaité qu’ils deviennent « des ambassadeurs convaincus de la promotion des légumes et des bonnes pratiques culinaires au service de la santé ». Les médias sont invités à influencer durablement les habitudes alimentaires, à déconstruire les idées reçues et promouvoir les bonnes habitudes nutritionnelles.

Megan Valère SOSSOU




Le projet CASCADE pour des régimes alimentaires sains et équilibrés dans les cantines scolaires

Le programme des cantines scolaires du gouvernement du Bénin reçoit un appui important du projet CASCADE mis en œuvre par le consortium CARE et GAIN. Plusieurs millions de francs CFA investis par des communes du nord et du sud pour l’amélioration de la nutrition des élèves fréquentant 5709 écoles publiques à cantine. Des résultats positifs motivés par les interventions du projet CASCADE au bout de deux années d’intervention.

Cantine scolaire
Des élèves d’une cantine scolaire

Au Bénin, le programme des cantines scolaires est l’un des programmes phares du gouvernement visant à offrir un repas chaud par jour aux écoliers des établissements publics.  Depuis 2018, la première initiative dénommée Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI) avait pris en compte des écoles primaires publiques autrefois sans cantine scolaire. Dans un article de 2022 sur l’état d’avancement des cantines scolaires, publié sur le site officiel du gouvernement, le budget consacré aux cantines scolaires est passé de 1,5 milliard en 2016 à 48,7 milliards de Francs CFA en 2022”. Malgré ces investissements, les cantines scolaires semblent ne pas satisfaire la qualité nutritionnelle et sanitaire des repas chauds servis aux écoliers. Cette situation a été évoquée par les acteurs du système éducatif et demeure un souci permanent aux membres des Cadres de Concertation Communale (CCC). Le suivi des services de nutrition offerts dans les communes constitue une activité importante du projet CASCADE. A cet effet, pour améliorer les services de nutrition, le projet CASCADE en collaboration avec ses partenaires et les CCC, a identifié le service ‘’ qualité des aliments servis par les cantines scolaires’’ pour apprécier la qualité des repas dans les 20 communes d’intervention du projet. L’approche Carte Communautaire de Performance (CCP) a été utilisée pour évaluer ce service ; rappelons que la CCP est un outil participatif de redevabilité sociale pour améliorer la qualité et la performance des services offerts aux communautés avec l’implication des acteurs de prise de décision ; Eudes HOUGBENOU, Assistante du gestionnaire du projet CASCADE souligne : « Il a été jugé pertinent pour CASCADE de réaliser la Carte Communautaire de Performance, afin de rapprocher les bénéficiaires et les prestataires de ce service. Cela facilitera la mise en œuvre d’un mécanisme de redevabilité, essentiel pour améliorer les performances des services. ». A ce titre, elle a permis de recueillir les perceptions des bénéficiaires sur le service de nutrition évalué et de proposer des actions de mitigation. A Kalalé dans le département du Borgou, malgré les efforts fournis au profit des cantines scolaires, la qualité des repas servis aux enfants reste à améliorer. Un fait que confirme Taïrou BANI KAO, Directeur de l’école primaire publique de Bessassi groupe A : « La difficulté que nous avons souvent, c’est une question de qualité. Les repas sont préparés sans des protéines ».

Après le diagnostic posé par le projet CASCADE à travers la Carte Communautaire de Performance (CCP), le projet a procédé à la formation des cadres techniques des communes sur l’outil Score d’Intégration de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle SISAN. A la suite de ces deux initiatives plusieurs millions ont été votés dans le budget 2024 en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN). Aussi, les Plans Annuels d’investissement (PAI) et plan de Travail Annuel (PTA) 2025 ont-ils connu une amélioration importante pour la prise en compte de la SAN. Au total, dix millions ont été décaissés par le budget communal au titre de l’année 2024 pour achat d’aliments de source protéinique et distribués aux écoles à cantines. « Avec le projet CASCADE, le conseil communal a compris qu’il faut accompagner le programme alimentaire des cantines, et ceci, en inscrivant des lignes de nutrition dans le budget communal. Et individuellement, il y a des élus qui sortent de l’argent de leur poche pour soutenir les cantines scolaires » a souligné Monsieur Sidi SIAKA le deuxième adjoint au Maire de Kalalé. Cet apport du conseil communal et des élus locaux grâce au projet CASCADE a eu des effets positifs ressentis dans les assiettes des enfants. Selon Taïrou BANI KAO : « Le projet CASCADE a pu convaincre la mairie qui appuie depuis 2024 en condiments comme des poissons, des œufs, des épices…et nos enfants ont aujourd’hui la chance d’être bien servis et de manger un repas complet».

A Klouékanmè dans le département du Couffo, les soixante-quinze écoles de la commune sont également impactées positivement par les interventions du projet CASCADE. Hormis les descentes inopinées qu’organisent fréquemment les membres du comité de supervision à travers le CCC, pour analyser les conditions d’hygiène des repas destinées aux enfants dans les cantines, c’est le conseil communal qui a appuyé les cantines avec un budget de trois millions de francs CFA. La question va au-delà d’une simple alimentation. Mais c’est un sujet qui détermine la qualité de la ressource humaine que le Bénin désire pour l’avenir. Pour Monsieur Aimé AKANDO, premier Adjoint au Maire de Klouékanmè : « Si on n’est pas sûr de garantir la qualité des repas à nos enfants, on n’est pas sûr non plus de garantir une bonne santé à nos enfants qui sont tenus de nous remplacer ».

Les perspectives du projet CASCADE pour les cantines scolaires sont grandes d’ici 2026, année qui marquera la fin du projet. L’implication des Mairies, des groupements AVEC, l’Union Communale des Producteurs, des communautés et des élus dans la gestion des cantines ; la disponibilité d’eau potable dans toutes les écoles à cantines, l’adoption des bonnes pratiques d’hygiènes et la diversification alimentaire dans les écoles à cantine sont entre autres des actions que projettent CASCADE.

A travers ces différentes actions, le projet CASCADE devient un véritable appui pour la bonne nutrition des enfants dans les écoles publiques qui est une priorité pour le gouvernement béninois.

Bamidélé LAOUROU




Amélioration de la nutrition à travers l’augmentation des rendements agricoles : le projet CASCADE change les pratiques de production des communautés béninoises.

A Tanguiéta dans le département de l’Atacora, les acteurs de la filière riz ont désormais de quoi se réjouir. Avec l’introduction de nouvelles techniques et outils propres à l’approche Farmers Field Business School (FFBS), les estimations en termes de tonnage ont largement augmenté grâce au projet CASCADE;. Plus de quatre (04) tonnes à l’hectare au cours de la campagne 2024 contre deux (02) tonnes par le passé.

Champ d’expérimentation de l’approche FFBS de la coopérative des producteurs de riz de Sonta, commune de Tanguiéta

L’Atacora est l’un des départements d’intervention du projet CASCADE, réputé pour la production du riz local. Ce riz riche en nutriments et prisé par les populations, est devenu de plus en plus rare sur le marché. Cet état de chose est dû aux facteurs tels que les variations climatiques et les techniques de production désuètes. Avec l’avènement du projet CASCADE, le secteur rizicole dans l’Atacora renait de ses cendres, avec l’approche FFBS. Farmers Field Business School (FFBS) est une approche d’apprentissage par la pratique qui intègre  pratiques d’agriculture durable, engagement sur le marché, genre, sécurité alimentaire et nutritionnelle, autonomisation des groupes vulnérables ainsi que le suivi et l’évaluation.

En 2024, la coopérative villageoise des producteurs de riz du village Sonta a adopté l’approche FFBS avec la mise en application de ses outils et techniques. Selon Pascaline KOUENE, secrétaire de la coopérative « cette première expérience est très positive. Les membres de notre coopérative sont satisfaits parce que nous avons augmenté le rendement et notre bien-être grâce à l’approche FFBS du projet CASCADE ».

Placée au cœur de tous les efforts, l’amélioration de la nutrition des femmes en âge de procréer et des enfants de 0 à 10 ans, est l’objectif principal poursuivi par le projet CASCADE. Par le passé, les producteurs ont tendance à brader presque toute leur production et faire face à des pénuries en période de soudure. Mais le projet CASCADE prône la priorisation de la consommation des produits par le producteur lui-même et la conservation d’une part pour la vente à un meilleur prix sur le marché. Pascaline KOUENE et sa coopérative ont pris conscience de cette nécessité et témoignent : « Les partenaires du projet CASCADE nous ont longtemps sensibilisé sur la nécessité pour nous de manger le riz que nous produisons au lieu d’aller tout vendre au marché à vil prix. D’ailleurs notre riz est de très bonne qualité et nous et nos familles devons en consommer ».

« La mise en œuvre de l’approche FFBS est une expérience réussie pour le projet CASCADE. Elle permet de regrouper les femmes autour du concret tout en renforçant leur capacité à mieux produire, à mieux vendre et à s’auto-suffire » témoigne Fiacre ALLADAYE, Chargé de projet CASCADE au sein de l’ONG ERAD, partenaire de CARE Bénin/Togo dans la mise en œuvre du projet. Des hommes bien outillés pour une meilleure applicabilité des principes de l’approche qu’a introduit le projet CASCADE, mais c’est aussi une synergie bien structurée entre différents acteurs de la filière : « Nous avons mis en place un dispositif de pérennisation qui regroupe tous les acteurs à savoir : la DDAEP, l’ATDA/CCeC, les structures agréées en conseil agricole, les producteurs et les bénéficiaires qui sont les groupements de femmes…En dehors de cette organisation technique, le projet CASCADE a également mis à la disposition des unités de démonstration (UD), tous les intrants agricoles nécessaires à la production. Toutes les activités notamment l’application des innovations, le déroulement des modules de formation et la définition des stratégies de réplication de l’approche, se sont déroulées sous le leadership des responsables de la DDAEP Atacora, de l’ATDA Pôle 3 et de ERAD ONG » a rajouté le Chargé de projet à ERAD ONG.

Pour bien se nourrir, la disponibilité des aliments est l’un des piliers importants. Renforcer ce pilier de la sécurité alimentaire, est devenu un défi important pour l’équipe du projet CASCADE. C’est ce qui fonde les partenariats avec les structures gouvernementales comme l’Agences territoriales de Développement Agricole (ATDA). Au sein de cette structure, les résultats obtenus à travers l’approche FFBS témoignent de la qualité de la synergie d’action. Selon Taofik TAPE BATTA, Chef de la Cellule Communale de Tanguiéta, l’approche FFBS est une approche innovante que l’ATDA a découverte. Il témoigne : « Nous sommes satisfaits par rapport aux résultats obtenus. Dans la zone, l’état des lieux montrait un rendement moyen qui tournait autour de deux (02) tonnes à l’hectare. Et lorsqu’on a mis en œuvre cette approche au niveau de la parcelle vulgarisée, nous sommes allés à quatre (04) tonnes à l’hectare. »

L’approche FFBS a été également appliquée dans d’autres communes du Bénin. A Nikki dans le Borgou et à Toviklin dans le Couffo, plusieurs groupements ont appliqué les techniques de cette approche, avec des résultats positifs enregistrés dans la production des fruits et légumes, de même que la production du niébé.

L’adoption des approches innovantes en termes de production agricole par les communautés leur ouvre ainsi les portes sur un avenir plus prometteur en termes de disponibilité alimentaire pour l’amélioration de la nutrition au sein des ménages Béninois. Chaque ménage s’engage donc à dupliquer l’approche pour la disponibilité alimentaire.

Bamidélé LAOUROU




Sécurité des soins au Bénin : l’ARS et Amnesty International œuvrent pour une charte des droits et devoirs des patients

L’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), avec l’appui financier d’Amnesty International, a organisé un atelier de co-construction et de pré-validation de la charte des droits et devoirs des patients au Bénin. Cet événement, qui a démarré le 11 mars et s’est achevé le 14 mars 2025, a rassemblé divers acteurs : société civile, professionnels de la santé, médias, associations de défense des droits humains et experts.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne d’éducation aux droits à la santé suivie de plaidoyer institutionnel conduite par Amnesty International. Selon Eric-Orion Biao, coordonnateur Éducation aux Droits Humains à Amnesty International, ce projet de charte faisait déjà partie des priorités de l’ARS dans son programme de renforcement du dispositif de sécurité des patients au Bénin. « Amnesty International nourrissait une profonde ambition pour sa concrétisation », a-t-il souligné avant d’expliquer que cette charte aura pour objectif de faire des patients et patientes des acteurs et actrices actifs et actives de leur propre santé.

Un document consensuel et participatif

Durant trois jours d’échanges, de communications et de travaux de groupe, les participants ont identifié 16 droits et 8 devoirs pour le projet de charte, ainsi qu’un plan national de vulgarisation.

Pour Enock Boni, juriste expert en droit de la santé à l’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), « le patient a des droits, mais il a aussi des devoirs. Or, la plupart des citoyens ignorent leurs droits en matière de soins de santé, ce qui limite leur capacité à les faire valoir. »

Selon lui, l’initiative vise à doter les établissements de santé d’une charte unique, harmonisée et standardisée. Ainsi, les droits des patients resteront identiques dans tous les centres de santé du pays, garantissant un traitement équitable et respectueux. « Posséder un droit sans le connaître, c’est presque ne pas l’avoir », a-t-il insisté.

Dagbeto Dieudonné, directeur exécutif d’Amnesty International Bénin, est revenu sur les motivations de cette initiative lors de la pré-validation des documents. Il explique : « Amnesty International a commandité en 2023 une étude qui a révélé plusieurs situations peu reluisantes, notamment une relation parfois tendue entre certains patients et certains professionnels de la santé, ce qui impacte la qualité des soins offerts. » Amnesty International Bénin reste engagé à poursuivre les prochaines étapes, notamment la finalisation, la signature et la vulgarisation de la charte pour la sécurité des patients au Bénin.

Pour Elisée Sessi Kinkpé, chargée de mission et représentant le ministre de la Santé, cette charte constitue un outil indispensable pour améliorer l’offre de soins de santé au Bénin.

Depuis le 28 mars 2024, un dispositif de sécurité des patients a été déployé dans tous les établissements de santé au Bénin par l’ARS. Son président, le Pr Lucien Dossou-Gbèté, a salué l’engagement des parties prenantes dans l’élaboration de cette charte : « Vous apportez la preuve de la bonne compréhension et de l’importance que revêt la sécurité des patients. (…) C’est ensemble que nous pouvons enrichir ce projet de charte et garantir qu’il réponde aux besoins et aux aspirations des parties prenantes. »

Une implication nécessaire des professionnels de santé

L’un des participants, Odelvis Camille Santos, médecin généraliste et membre de la commission d’écoute client de l’hôpital Saint-Martin de Papane à Tchaourou, a appelé les professionnels de santé à voir cette charte non pas comme une contrainte, mais comme un levier pour améliorer la qualité des soins. Il les invite à s’approprier son contenu afin d’en assurer une mise en œuvre efficace.

L’atelier de co-construction et de pré-validation de la charte des droits et devoirs des patients a permis d’élaborer une charte et un plan national de vulgarisation, deux outils qui contribueront à renforcer la protection des patients et à promouvoir un accès équitable à des soins de qualité au Bénin.

La balle est désormais dans le camp des autorités et des acteurs de la santé pour assurer la mise en application effective de cette charte dans tout le pays après sa validation définitive.

Megan Valère SOSSOU