
Phtalates, bisphénols… ces substances chimiques dangereuses, classées comme perturbateurs endocriniens, sont omniprésentes dans les plastiques du quotidien. Pourtant, aucun texte spécifique ne les encadre au Bénin. Un atelier de validation du rapport national organisé par JVE Bénin, le 22 avril 2026, a tiré la sonnette d’alarme et ouvert la voie à une feuille de route pour protéger la santé des populations et l’environnement.

La salle de conférence de la Direction Générale de l’Environnement et du Climat (DGEC) à Cotonou a abrité, ce mercredi, un atelier d’importance capitale pour la santé publique et l’environnement au Bénin. Il s’agissait de valider le Rapport national du projet intitulé « Réglementation des plastiques toxiques : rapports de situation par pays et campagnes nationales sur les phtalates, les bisphénols et les lacunes en matière de protection ».
Pourquoi phtalates et bisphénols inquiètent-ils ?
L’événement, mené par l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE Bénin) avec le soutien financier et technique du réseau international IPEN (International Pollutants Elimination Network), a réuni une diversité d’acteurs : cadres de la DGEC, universitaires, représentants d’organisations de la société civile. Tous étaient mobilisés autour d’un même constat : les Béninois côtoient quotidiennement, sans le savoir, des substances chimiques aux effets potentiellement désastreux sur leur santé.
Les phtalates, ajoutés aux plastiques pour les assouplir (jouets, films alimentaires, tuyaux), et les bisphénols, notamment le bisphénol A (BPA), utilisés pour fabriquer des plastiques rigides (bouteilles, récipients, résines), sont omniprésents dans notre environnement quotidien. Leur point commun : ils sont classés comme perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils peuvent interférer avec le système hormonal et affecter, entre autres, la reproduction.
Or, le travail dont le rapport a fait l’objet de validation a révélé une lacune majeure : il n’existe actuellement aucune réglementation spécifique au Bénin pour encadrer l’usage de ces deux familles de substances chimiques.
Un rapport et une feuille de route validés pour protéger la population
Face à ce constat, les participants ont unanimement salué le travail minutieux mené par JVE Bénin. Ils ont également exprimé leur gratitude envers le réseau IPEN pour son financement, tout en reconnaissant que les enjeux environnementaux et de santé humaine liés à ces substances imposent une action urgente.
Au terme des échanges, qualifiés de « très significatifs » par les organisateurs, le rapport a été formellement validé par l’assemblée sous réserve de l’intégration des recommandations et corrections formulées en séance.
Au-delà de la simple validation documentaire, cet atelier a permis de tracer une feuille de route opérationnelle, articulée autour d’actions à court, moyen et long terme. L’objectif prioritaire : faire adopter des textes réglementaires adaptés pour mieux encadrer l’usage des phtalates et des bisphénols, et ainsi renforcer la protection sanitaire des populations béninoises.
L’initiative revêt également une dimension internationale. Ce rapport national validé constitue une base structurante pour préparer une note conceptuelle destinée au prochain cycle du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM 9). Une manière pour le Bénin d’affirmer sa position sur la scène mondiale face à la problématique croissante des déchets et des polluants chimiques.
L’atelier a été rendu possible par l’aval de la Direction Générale de l’Environnement et du Climat, et a démontré la capacité des acteurs institutionnels, techniques et de la société civile à dialoguer pour faire avancer les priorités nationales. Les contributions recueillies permettront désormais de finaliser un document de référence nationale, partageable au niveau international, et de traduire les discussions en actes concrets.
En somme, ce 22 avril 2026 restera une date clé dans la prise de conscience collective sur les plastiques toxiques au Bénin. Reste à transformer cette alerte en réglementation : l’enjeu est de taille pour la santé des générations présentes et futures.
Megan Valère SOSSOU
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