
Le 4e Forum des médias du REMAPSEN a ouvert ses portes ce jeudi à Cotonou sur un constat partagé : pour vaincre les maladies tropicales négligées (MTN), il faut d’abord cesser de les ignorer. Placé sous le thème « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN », cet événement de deux jours rassemble experts, responsables sanitaires et professionnels des médias autour d’un défi de santé publique qui affecte plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde.

Co-organisé par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), l’ONG Speak Up Africa, la Fondation Raoul Follereau, le bureau pays de l’OMS et la Fondation Gates, le forum entend faire des médias un levier décisif dans ce combat.
Dès l’ouverture, le président du REMAPSEN, Youssouf Bamba, a planté le décor. « Vecteurs d’information, de sensibilisation et de mobilisation, les médias constituent un levier essentiel », a-t-il affirmé, soulignant leur pouvoir d’action pour la protection de l’environnement et l’élimination de ces pathologies.


Une urgence sanitaire rappelée par Françoise Sybille Assevedo, directrice adjointe de cabinet du ministre béninois de la Santé. « C’est une réalité douloureuse pour des milliers de populations rurales vivant dans des conditions précaires », a-t-elle déclaré, appelant les médias à « déconstruire les préjugés, lutter contre la stigmatisation et interpeller les décideurs ».
Donner une voix aux silencés
Les MTN un groupe d’une vingtaine d’affections comme la dengue, la bilharziose ou la maladie du sommeil frappent principalement les populations les plus pauvres et isolées. Le représentant de l’OMS au Bénin, Dr Jean Konan, a salué les progrès (22 pays ont éliminé au moins une MTN), mais insisté sur les inégalités persistantes. « Parler des MTN, c’est parler des inégalités. Le rôle des médias est déterminant pour humaniser ces pathologies », a-t-il souligné.
Un plaidoyer d’autant plus crucial en période de raréfaction des financements internationaux. Yaye Sophietou Diop, de Speak Up Africa, a lancé un appel à l’autonomie : « Avec le retrait progressif des grands partenaires, nos problématiques de santé doivent être réglées par nous-mêmes, Africains. »
Le forum, qui s’achèvera ce vendredi 30 janvier date de la Journée mondiale de lutte contre les MTN, vise à outiller les journalistes pour un traitement approfondi et continu de ce dossier de santé publique. L’enjeu est de taille : selon l’OMS, ces maladies causent environ 170 000 décès annuels, perpétuant un cycle de pauvreté.
Face à ce défi, le message est clair. Il ne s’agit plus seulement de relayer l’information, mais de devenir des acteurs actifs du changement, capables de transformer la lumière médiatique en actions concrètes pour des millions de personnes oubliées.
Megan Valère SOSSOU
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