
Le Geres rassemble les acteurs privés pour anticiper sur le Chaos à travers le projet 3R (Réduire, Réemployer, Recycler).
Face à l’expansion du solaire au Bénin, la gestion durable des déchets d’équipements solaires (DES) devient un enjeu stratégique. Cela ne peut en effet être défini de manière unilatérale. Ainsi, le vendredi 13 février 2026, plus d’une quarantaine acteurs publics et privés des secteurs solaires et déchets se sont réunis pour une première concertation pour structurer la filière et anticiper les défis liés à la fin de vie des équipements.

Co-organisé par la Direction Générale de la Planification Énergétique, de l’Électrification Rurale et de la Réglementation (DGPER)/ Ministère de l’Energie, de l’Eau et des Mines, AISER-Bénin et le Geres, l’atelier a été accueilli par New Hotel Sossa sis à Cotonou, dans le cadre du projet 3R porté par le Geres et cofinancé par : La fondation du Prince Albert II de Monaco, SOLIDAE Ville de Paris, Synergie Renouvelable et la Fondation Nexans.
À l’ouverture, Hugues Ekpinda, Représentant Pays de l’ONG Geres au Bénin, a expliqué la mission du Geres celle de définir un espace «juste et sûr », en accompagnant une transition énergétique juste, inclusive et durable, où les solutions techniques vont de pair avec la protection de l’environnement et le bien-être des communautés. Il a insisté sur l’importance d’anticiper les risques environnementaux liés à la croissance du solaire : « Il nous appartient d’éviter que la solution énergétique d’aujourd’hui ne devienne le problème environnemental de demain ».
Par suite, Laly Chacha Ghislain, Directeur des Énergies renouvelables et de la Maîtrise de l’Énergie au Ministère de l’Energie, de l’Eau et des Mines, a rappelé la vision du gouvernement : « Le Bénin s’est engagé résolument dans la transition énergétique avec l’objectif d’universaliser l’accès à l’électricité d’ici 2030. La montée en puissance du solaire impose désormais une gestion structurée des batteries, panneaux et onduleurs en fin de vie ».
Alahassa Gwladys, vice-présidente de l’Association Interprofessionnelle des Spécialistes Des Énergies Renouvelables (AISER-Bénin) a souligné dans son allocution les contraintes pratiques que rencontrent les entreprises membres de la faîtière pour assurer la fin de vie des équipements dans le respect des normes environnementales. Elle évoque l’importance de ce type de rassemblement pour l’avenir de la filière solaire PV au Bénin. «Certaines entreprises, leur responsabilité font un effort de gestion de la fin de vie des équipements déployés. Ces solutions sont accompagnées pour la plupart par GIZ Bénin à travers le projet Endev.»a-t-elle laissé entendre.


C’est ainsi que Espérance Houessou, Directeur de LAGAZEL Bénin, a rapporté les initiatives de reconditionnement des batteries lithium et des panneaux solaires développées par sa structure et lance l’appel aux acteurs à divers niveaux sur la nécessité de structurer un circuit professionnel de gestion des DES.
Représentant Izili/Qotto, Selma Goudalo a présenté les bonnes pratiques mises en place Qotto au Bénin pour réduire les déchets d’équipement solaires. Elle rappelle les contraintes pratiques essentiellement l’absence de solution pour le recyclage des panneaux solaires.
ARESS Bénin a également partagé l’expérience de l’entreprise sur la gestion de la fin de vie des équipements. Il rappelle que malgré la création d’une plateforme de démantèlement des produits en matières recyclables, l’absence de filière formelle paralyse la volonté de l’entreprise d’exceller dans son approche.
Wabi Zoulikha de la cellule Etude de la SGDS, a indiqué les actions de la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS SA). Et rappelle que la Société mène des réflexions sur les DEEE et a besoin de connaître les besoins des acteurs.
Alexandre Segla Houenou, représentant du Chargé de projet Endev/GIZ (Programme d’Accès à l’Énergie Durable), a exposé le volet « e-waste » et présenté les grandes lignes du Plan national de gestion des déchets d’équipements solaires, soulignant l’importance d’une approche concertée entre l’État et les opérateurs.
Enfin, Bruno Gbodjivi, chef du projet 3R a décrit les 3 composantes du projet 3R, ses objectifs et résultats escomptés au bout de 3 ans. Il a mis l’accent sur les expériences passées qui ont montré une réticence des acteurs à s’engager dans des démarches de concertation, notamment lorsqu’elles impliquent le partage de données techniques, économiques ou commerciales. Son intervention clarifie l’objectif du projet, et surtout l’approche participative à travers le cadre de concertation entre les acteurs. Il a présenté cet atelier comme la fondation du cadre de concertation.
Au-delà des communications officielles et des keynotes, les participants ont pris part à des travaux de groupe ont permis de formuler des recommandations concrètes en matière de réglementation, de collecte, de recyclage et de coordination. Cette première rencontre marque ainsi une étape vers la structuration d’une filière nationale de gestion des déchets d’équipements solaires, essentielle pour accompagner durablement la transition énergétique au Bénin.
Laura LEKE
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