
« Finir avec les nouvelles infections au VIH chez les enfants au Bénin ». C’est le thème de la phase décentralisée de la campagne nationale d’accélération de la prise en charge pédiatrique du VIH, lancée le 9 juillet à Cotonou. L’initiative vise à intensifier le dépistage et l’accès au traitement des enfants vivant avec le VIH afin de mettre fin aux nouvelles infections pédiatriques dans le pays.
Cette initiative fait suite au lancement national intervenu en septembre 2025, sous le leadership du ministère de la Santé, à travers le Programme Santé de Lutte contre le Sida (PSLS). Lors du lancement de cette nouvelle phase, Dr Christian Mouala, directeur multi pays Bénin-Togo-Côte d’Ivoire de l’ONUSIDA a insisté sur l’urgence de renforcer la réponse face aux défis persistants de la prise en charge des enfants vivant avec le VIH. « Notre présence dans cette salle n’est pas juste protocolaire, elle est vitale. Nous lançons officiellement la phase décentralisée de la campagne nationale d’accélération de la prise en charge pédiatrique avec les nouvelles infections VIH chez les enfants au Bénin », a-t-il déclaré
En effet, en dépit des avancées enregistrées dans la prévention de la transmission mère-enfant, la prise en charge pédiatrique demeure un défi majeur au Bénin. Les données officielles font état de 95 % de couverture en traitement antirétroviral chez les femmes enceintes vivant avec le VIH. En revanche, seuls 51 % des enfants vivant avec le VIH avaient accès au traitement en 2025, contre 36 % en 2023. Les principaux obstacles identifiés incluent le faible dépistage des enfants, leur maintien insuffisant dans les soins ainsi que la persistance de la stigmatisation et du déficit d’information autour de la prévention de la transmission mère-enfant. Ces difficultés favorisent les infections non diagnostiquées, les retards de traitement et augmentent le risque de mortalité infantile.
Dans son intervention, Dr Christian Mouala a rappelé aux différents acteurs l’urgence d’accélérer les actions sur le terrain. « Notre objectif n’est plus seulement de soigner, mais d’agir vite. C’est le sens profond du mot accélérer. Chers membres, ce comité de pilotage est le garant de cette transformation. Nous ne sommes pas ici pour gérer la routine, mais pour la bousculer », a-t-il affirmé.
Priorité accordée aux plus vulnérables
Les communautés des zones reculées du Bénin sont plus visées par cette campagne nationale. Selon Dr Moussa Bachabi, coordonnateur du PSLS, l’ambition de cette phase décentralisée de la campagne est claire : utiliser le potentiel de la visibilité des leaders féminins, politiques, religieux, communautaires, coutumiers et des élus locaux pour aider à rapprocher nos communautés de nos services de santé. Cette stratégie prévoit également le déploiement départemental ciblant prioritairement les zones à forte transmission mère-enfant et faible couverture des services, un mécanisme de suivi et de redevabilité avec revues trimestrielles, ainsi qu’une vaste campagne nationale de communication (spots radio-TV, vidéos, affiches, réseaux sociaux, WhatsApp, SMS).
A l’issue de cette campagne nationale, les autorités sanitaires espèrent des résultats concrets, notamment l’augmentation du dépistage chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 15 ans, l’identification d’un plus grand nombre d’enfants vivant avec le VIH, leur mise sous traitement ainsi que la réduction de la transmission mère-enfant. L’opération devra également permettre de renforcer la diffusion de messages de sensibilisation à travers les médias et les relais communautaires. L’appui des partenaires techniques et financiers, notamment l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA, le Fonds mondial, le Luxembourg et l’ONUSIDA, a été fortement salué dans la mise en œuvre de cette campagne nationale. Le coordonnateur du PSLS Dr Moussa Bachabi a également rendu hommage aux leaders communautaires, religieux et traditionnels mobilisés pour porter les messages de prévention au sein des populations. Il a ensuite appelé à la mobilisation de tous les acteurs afin que les objectifs fixés dans le cadre de cette campagne soient atteints. « Nous avons l’opportunité historique de changer la donne pour des milliers d’enfants, en faisant en sorte que cette campagne d’accélération de la prise en charge du VIH pédiatrique ne soit pas un vain mot, mais une réalité tangible qui sauve des vies et redonne le sourire à nos familles », a-t-il conclu avant de déclarer officiellement ouverts les travaux du comité de pilotage de la campagne.
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