
Au son des vagues de l’Atlantique et sur la plage de sable fin de Togbin, à Cotonou, EcoVibes prend forme aux couleurs de l’écologie et de la créativité. Dans une ambiance festive et participative, l’événement s’est révélé un espace d’échanges où des jeunes de divers horizons ont réfléchi à l’avenir de leur planète.
La plage de Togbin, site des tortues, a accueilli ce samedi 4 juillet 2026, la première édition d’EcoVibes. Alliant écologie et créativité, l’événement a réuni une trentaine de jeunes animés d’une volonté commune : agir aujourd’hui face aux défis de demain. Pour Ezéckiel GBEVO, Coordonnateur du projet, l’idée de cette initiative est née d’une analyse minutieuse et objective. « On a remarqué que, de nos jours, les jeunes s’intéressent beaucoup plus aux activités de divertissement qu’aux activités de protection de l’environnement. Nous nous sommes donc dit qu’il est important d’associer les deux pour avoir plus d’impact », fait-il observer.
Des ateliers thématiques pour des solutions concrètes
Ici, le cadre est local, mais les solutions pensées sont globales. Répartis en quatre (04) ateliers, les jeunes ’’écovibers’’ ont eu droit à des moments d’échanges conviviaux, riches et surtout constructifs. Les thèmes abordés sont tout aussi intéressants que préoccupants : l’engagement éco-citoyen des jeunes, l’importance des traditions dans la protection de l’environnement, et l’impact du tourisme sur les ressources naturelles.

Discussions/Ateliers thématiques
Ensemble, les participants ont co-construit des solutions qui incluent la promotion de l’éducation environnementale en milieu scolaire qui, selon eux, permettrait de susciter l’engagement éco-citoyen chez les plus jeunes. Des idées ont également émergé en faveur de l’intégration des traditions dans les projets de protection de l’environnement. Pour Paulette ATCHADE SAVIMBI, présidente de l’ONG PAULY AFRIQUE BIO et représentante des partenaires, la sacralisation est un meilleur moyen pour préserver les écosystèmes, tels que les forêts et les mangroves. Azilis GUERIN, participante à l’atelier thématique « Tourisme & Ressources naturelles », a défendu que la régulation des visites au niveau des sites touristiques permettrait, à coup sûr, de limiter la dégradation des ressources naturelles.


Selon la Française d’origine béninoise, les visites touristiques, lorsqu’elles ne sont pas encadrées, deviennent préjudiciables aux communautés locales et aux ressources naturelles. D’où la nécessité, souligne-t-elle, de définir des quotas de visites pour limiter la pression sur ces ressources.
De la visite au lâcher des tortues : quand les ‘’écovibers’’ plongent dans l’univers de celles qui portent la vie marine
Les tortues marines sont bien plus que de simples habitantes des océans : elles sont les jardinières et les sentinelles de la santé marine. A travers une visite conduite par Mme Philomène AKPODJI, Présidente du Conseil d’Administration de l’ONG AMSHARTE, les participants ont été entretenus sur les différents types de tortues marines rencontrées sur les côtes béninoises, leur cycle biologique, ainsi que leur importance dans l’écosystème marin.


Visite des tortues
Ainsi de la tortue luth à la tortue verte en passant par la tortue olivâtre et imbriquée, les participants n’ont pas manqué de curiosité pour tout savoir sur chacune de ces espèces. A en croire Mme AKPODJI, la tortue luth possède des vertus thérapeutiques dont elle avait, elle-même, bénéficié. « Quand j’étais petite, c’est sa graisse qu’on nous donnait. Quand un enfant fait la crise, on donne un peu de sa graisse à l’enfant, puis l’enfant revient », témoigne-t-elle. Les tortues participent également à l’équilibre de l’écosystème marin, car en consommant les méduses présentes dans la mer, elles favorisent la multiplication des poissons, souligne Mme AKPODJI. Elle n’a pas manqué de rappeler les menaces de capture et de mort dont sont victimes ces tortues marines, soulignant la nécessité de sensibiliser à leur préservation.

Lâcher de bébés tortues
La visite s’est achevée par le lâcher dans l’océan d’une dizaine de bébés tortues, un geste qui vient rappeler que la conservation de la biodiversité commence là où l’on choisit la responsabilité plutôt que la domination. Il faut souligner que cette étape a laissé place à un moment festif autour d’un buffet local, au rythme de musiques traditionnelles et modernes, sous la bénédiction d’un ciel qui s’est montré très clément.

Buffet local
De l’idée à l’action, EcoVibes aura tenu ses promesses
Au sortir de cet événement, organisateurs et participants sont unanimes sur un fait : EcoVibes a comblé toutes les attentes. « J’ai été agréablement surpris d’apprendre énormément de choses à travers EcoVibes. Les différentes activités nous ont permis de réfléchir mutuellement pour voir dans quelle mesure on pourrait régler les problèmes environnementaux en y incluant nos traditions et en amenant les citoyens à adopter des comportements écologiques », confie Moussa NASSIROU, l’un des participants à l’événement. Ezéckiel GBEVO n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction de voir les jeunes s’investir dans les différentes activités menées. « Je remercie tous les participants, les partenaires et tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce projet », a-t-il exprimé. Après avoir décerné un grand satisfécit aux organisateurs, Paulette ATCHADE SAVIMBI a émis le vœu que les échanges qui ont été menés aboutissent à des plaidoyers et à des mesures concrètes.
Rappelons qu’EcoVibes est co-organisé par E-Generation et Gbènakpon Groupe, avec le soutien de plusieurs partenaires dont l’ONG PAULY AFRIQUE BIO, EARTH AND WOMAN, SOS BIODIVERSITY, Flora’s Delice, et Action Terre Environnement.
Venance Ayébo TOSSOUKPE
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