Publié le: 12 mars 2020 Par: Journal Santé Environnement Commentaire: 0
Pour célébrer la femme en prélude à la journée internationale de la femme, nous sommes allés à la rencontre d’une remarquable femme de la sphère environnementale au Bénin pour décortiquer de la crise environnementale au Bénin et dans le monde. Un entretien exclusif à lire absolument.

Madame, présentez vous à notre lectorat Eco-francophone et Eco-francophile.
Je suis Mehouede Yvonne Adjovi-Boco, sociolinguiste, conseiller technique à l’écocitoyenneté et la déconcentration au Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable.
Megan Valère SOSSOU : Il y a des décennies la planète terre subit les affres de la nature. Il s’agit sans doute d’une crise environnementale qui perdure. 
Comment appréciez-vous la crise environnementale dans le monde et plus précisément au Bénin ?
Mme Mehouede Yvonne Adjovi-Boco : Puisque vous m’avez informé de l’opportunité de la journée internationale de la femme, je voudrais d’abord reconnaitre que ce mois est attribué à l’évaluation de l’inclusion féminine ; rappelons au passage que le Bénin depuis la nuit des temps a lié une journée par semaine au principe femelle car le jeudi en fongbé c’est gnonnuzangbé la journée de la femme. Et ce pays étant le berceau du vodùn l’esprit suprême qui féconde les principes mâle et femelle, la complémentarité y est la norme sacrée établie.
Tout porte donc à croire par ce rappel que sans l’isoler il est accordé à la femme un rôle de levier, aux fins qu’elle assume les exigences de reproduction pour que la balance de la vie. Qui dit ‘vie’ inclut l’ensemble de l’écosystème qui s’entretient en araignée, avec l’humain (homme-femme) doté de raison au cœur des 4 éléments à savoir le feu, l’air, l’eau, la terre, dont il a le co-bénéfice et l’entière responsabilité.
S’agissant de reproduction, l’humain dont la population s’accroit, semble s’inquiéter de ses propres besoins croissant de consommation et de production face aux éléments naturels. Cette angoisse est un signal d’alertes sur le principe du pollueur payeur car sa tendance à la facilité de prélever n’épargne pas la nature.
C’est donc moins la démographie que le mode de vie qui donne l’alerte car la terre n’étant pas élastique chacun craint l’explosion sous la pression des choix exercés à sa surface. Cette alerte est maintenue par la conscience que l’humain vit sur la surface de la terre et qu’à l’intérieur du globe terrestre vit le magma brulant dont les éruptions de laves volcaniques sont impressionnantes ; par ailleurs à l’extérieur la terre tourne autour du soleil brulant.
Depuis quelques temps les images du télescope chinois sur l’existence du « trou noir » qui semble être une ancienne planète ayant disparu sonne une autre alerte. En effet il pourrait supposer qu’il y a une limite qui s’impose naturellement aux planètes au risque qu’elles disparaissent. Et dans cet univers sans frontières, l’évolution scientifique effrénée donne le vertige à l’horizon humain.
Donc parlons de série d’alertes sans vivre en crise, car nous sommes encore en vie avec le climat, malgré les catastrophes qui nous font craindre de nouveaux risques ; et il faut donc répondre individuellement à une solution collective.
Megan Valère SOSSOU : Selon vous la responsabilité de conjuguer cette crise ou de répondre à cette alerte incombe à qui ? Les citoyens ? Les gouvernants ? Ou qui d’autres ?
Mme Mehouede Yvonne Adjovi-Boco : Depuis le sommet de Rio en 1992, l’alerte démarrée dix ans plutôt par les nations continue de s’organiser dans l’esprit des Nations pour l’unité. Elle inclut les notions de l’environnement humain, des « droits » de la famille humaine et de notre avenir à tous puis nous sommes le monde et un monde est une santé ; donc la mobilisation mondiale interpelle de plus en plus le rôle de chaque individu dans une organisation complémentaire qui veille le bilan carbone local et respecte la balance cosmique globale.
A ce seuil d’alerte il s’agit de consentir des devoirs avant les droits. Le climat est apparu comme une loi immanente qui évalue, juge et régule les actions individuelles sur l’environnement collectif. Désormais le bilan permet d’évaluer le pollueur-payeur.
Lorsque vous prélevez chaque jour de l’oxygène à l’air vous devez pouvoir le rembourser. Lorsque vous vivez au bord de la mer ou d’un cours d’eau vous devez opérer des choix compatibles… donc l’individu qui compose le complexe étatique est impliqué et ceux qui acceptent des responsabilités doivent eux aussi les assumer au nom de l’individu et des ménages ; des élus chefs de quartiers/villages, dignitaires et leaders d’opinion jusqu’aux gouvernants et organisations civiles et politiques, ils régulent les producteurs de biens économiques, matériels ou sociaux, qu’ils soient individuels ou collectifs.
Megan Valère SOSSOU : Comment appréciez-vous le comportement (état des lieux) des citoyens béninois face à cette crise environnementale ?
Mme Mehouede Yvonne Adjovi-Boco : Le comportement se traduit concrètement par le mode de vie et les effets ou impacts de la consommation et de la production sur le milieu. Un individu sera dit citoyen lorsqu’il est réconcilié avec sa cité. Lorsque l’humain va au-delà de lui-même à des influences et au rayonnement d’un service climato-environnemental, il devient utile ; il produit en harmonie avec les éléments qui le caractérisent, et, éco citoyen, il devient un guichet service de valeur ajoutée qui cotise à, et convergent vers le progrès social collectif : il plante des arbres, il évite de salir, il produit moins de déchets, bref, il pense en 3R –Réduire Réutiliser Recycler.
Il faut donc consommer local, produire ce qui est compatible avec le climat sous les tropiques ; il faut adopter les choix pour un bilan carbone neutre qui produit l’oxygène et répare le carbone. Si vous pensez arbres à toute occasion, des essences autochtones, peu gourmandes en eau, aux racines pivotantes, alors oui vous contribuez, et si par ailleurs vous n’exagérez pas en consommant avec des déchets recyclables biodégradables, avec de la matière organique, alors c’est encore mieux.
Les comportements prennent leur source dans une éducation tridimensionnelle, en famille et de provenance connue, à l’école et dans la rue. Dans le contexte actuel le taux d’alphabétisés en langue officielle étrangère n’autorise ni au silence, encore moins à l’indifférence, ni à l’économie de paroles. Il faut agir.
  Megan Valère SOSSOU :  Quels efforts faites-vous au MCVDD à travers votre rôle et pensez-vous qu’il y a espoir ?
Mme Mehouede Yvonne Adjovi-Boco : La synergie des secteurs du cadre de vie étant les villes durables, ce choix opéré produit déjà une grande avancée qui replace l’humain au cœur des éléments physiques ; il crée la relation qui valorise aussi la nature et découle de l’économie touristique dont le gouvernement du Bénin a fait l’option.
L’effort d’un mode de vie qui valorise le milieu de vie est un levier-qualité pour le niveau de vie ; et les options prises ont pour ambition de restaurer la confiance qui bannit la peur et les prédations. Le choix touristique étant une ouverture qui a besoin de confiance, le développement durable s’évalue lui-aussi à des repères écologiques confrontés aux références standard ; dans ce contexte d’environnement sans frontières s’impose donc l’application impérative de la loi cadre dont le Bénin s’est doté et des textes qui sanctionnent les violations.
La corruption désormais sanctionnée et la fin de l’impunité mais aussi le respect du foncier et de l’aménagement du territoire, les dispositions légales d’occupation des sols, des fonctions et vocations, amorcent le renforcement des grandes avancées.
Il y a une cohérence qui part de l’aménagement du territoire. Les marchés des territoires visent à créer des identités économiques à partir des terroirs vers les guichets de projets. Les études d’impact environnemental et social ; le plan 2D Décentralisation Déconcentration et la relecture des textes de la décentralisation ; la répartition aux communes du retour sur prélèvements de l’assiette fiscale locale à hauteur de 50% ; l’implication des dignitaires traditionnels et la discrimination positive au bénéfice des femmes dans la gestion locale ; ce sont autant d’alternatives mais aussi des représentations collectives qui réservent une reconnaissance à chacun.
Dans le processus de dématérialisation et de numérisation déjà en cours, il est prévu un système d’alerte visant à réduire les préjudices environnementaux et à optimiser le renseignement et la promotion du développement par chaque témoin d’événement en temps réel.
Megan Valère SOSSOU : Quel message avez-vous à l’endroit des citoyens béninois pour la préservation de l’environnement ? Et plus particulièrement aux femmes vu le nombre et la place qu’elles occupent dans la société béninoise ?
Mme Mehouede Yvonne Adjovi-Boco : Si l’environnement est un enjeu de proximité, c’est à cause de son urgence et l’inclusion de la femme devient de ce fait une prescription afin que ce soit l’affaire de tous. Il faut conduire les alternatives dans un mental évolué dont les symboles communs seront les bornes repères et des codes pour le mieux vivre ensemble.
Il reste que les acteurs décentralisés à divers niveaux de la chaine de décision dans la proximité, dépassent enfin le chantage électoraliste et les manipulations qui finissaient par pénaliser tout le monde.
La proximité issue de la décentralisation est une réalité de la démocratie contributive et l’environnement quant à lui est un enjeu de proximité ; à chacun donc d’y contribuer et non de le détruire par un comportement prédateur qui prélève et saccage par bouts, ce développement que tous sont supposés entretenir globalement et valoriser.
Le présent et l’avenir étant tributaires de choix de consommation climatiquement compatibles, il faut que les femmes évaluent leur inclusion aux côtés des hommes, et témoignent pour et manifestent de la reconnaissance en faveur des choix durables. Femmes et hommes sont deux faces complémentaires de la médaille de développement et il serait contreproductif de les isoler. Elles, sont des levains et doivent travailler à être aussi des leviers qui prennent la parole publique pour se porter au secours l’éducation et de la santé préventive.
Que chacun ensuite fasse ce qu’il a à faire, joue son rôle, celui auquel il est prédestiné et soit prêt à assumer sa responsabilité face aux lois qui régissent l’ensemble ; chacun (homme et femme) doit être conscient de la relation d’une même cordée, afin que nul ne soit de trop pour défendre le patrimoine hérité des anciens à léguer aux générations futures.
 
Megan Valère SOSSOU : Votre mot de fin à l’endroit du Blog EcoCitoyens TV
Mme Mehouede Yvonne Adjovi-Boco: B ravo à vous blog EcoCitoyens TV qui faites aussi ce que vous avez à faire. 
Mais 3R ne l’oubliez pas Réduire Réutiliser Récycler
Megan Valère SOSSOU : Madame Mehouede Yvonne Adjovi-Boco, nous vous remercions de l’honneur accordé à notre média.
Mme Mehouede Yvonne Adjovi-Boco : C’est moi qui vous remercie  
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