La pression croissante des villes sur les terres agricoles préoccupe les acteurs engagés pour la justice foncière en Afrique. C’est autour de cette problématique que s’est ouverte, dimanche 2 août 2026 à l’hôtel Paradisia de Cotonou, la deuxième édition du Forum des Jeunes Africains sur le Foncier. Organisée par Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) Côte d’Ivoire, cette rencontre a réuni des jeunes militants, chercheurs, représentants communautaires et experts venus de plusieurs pays africains pour échanger sur les effets de l’urbanisation accélérée, les enjeux de gouvernance foncière et la préservation de la souveraineté alimentaire.

Placée sous le thème « Urbanisation galopante et souveraineté alimentaire : quand les villes avalent les terres nourricières de l’Afrique », cette première journée a permis de poser les bases des échanges sur les conséquences de l’expansion urbaine sur les espaces agricoles et les communautés qui en dépendent. Lors de la cérémonie d’ouverture, les participants ont rappelé la nécessité de renforcer la protection des terres agricoles face à une croissance urbaine qui gagne progressivement les zones rurales et périurbaines. Les discussions ont également porté sur l’importance d’une gouvernance foncière plus inclusive, prenant en compte les droits des communautés locales.
Après l’ouverture officielle, plusieurs panels ont marqué cette première journée de travaux. Le premier panel, consacré à la gouvernance foncière et à la protection des terres agricoles, a porté sur la pression urbaine et l’accaparement des terres. Les intervenants ont échangé sur les mécanismes qui fragilisent l’accès aux ressources foncières et sur les pistes de protection des espaces agricoles. Les échanges se sont poursuivis autour de l’agroécologie paysanne et de la résilience des systèmes alimentaires. Ce deuxième panel a mis en avant les alternatives permettant de renforcer la production locale et de préserver les capacités alimentaires des territoires africains.

La première journée s’est également intéressée à la place des jeunes et des femmes dans la défense des territoires nourriciers. À travers le panel consacré à la jeunesse, aux femmes et à l’avenir des territoires nourriciers, les participants ont souligné l’importance d’une implication accrue des acteurs communautaires dans les décisions liées au foncier. Il convient de noter que cette deuxième édition du Forum s’inscrit dans la continuité de la Déclaration d’Abidjan adoptée en 2025 lors de la première édition. Elle vise à renforcer la mobilisation des jeunes Africains autour d’une gouvernance foncière durable et équitable.
Les participants poursuivent ce lundi 3 août 2026 les échanges avec une nouvelle série de discussions consacrées précisément aux liens entre urbanisation, droit coutumier, droit moderne et intérêts privés. Les travaux devraient déboucher sur des recommandations communes pour une meilleure protection des terres nourricières africaines.
Laura LEKE
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