
( Un nouveau cadre légal pour protéger les PVVIH)
À l’occasion de la Journée internationale « Zéro discrimination » célébrée le 21 mars 2026 à Cotonou, le Bénin a réaffirmé son engagement à placer la dignité humaine au cœur de la riposte contre le VIH. Entre sensibilisation communautaire et vulgarisation de la nouvelle loi n°2026-02, les acteurs de la santé et de la société civile s’unissent pour lever les barrières de la stigmatisation et atteindre l’objectif d’élimination du sida d’ici 2030.

Le VIH (Virus de l’immunodéficience humaine), à l’origine du sida, affaiblit le système immunitaire et réduit la capacité de l’organisme à lutter contre les infections. Au Bénin, la riposte s’est progressivement structurée depuis les années 1980, combinant prévention, dépistage, traitements antirétroviraux et accompagnement psychosocial. Une nouvelle étape a été franchie avec la promulgation de la loi n°2026-02 du 9 février 2026. Ce texte renforce la protection des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et introduit des notions clés telles que l’auto-dépistage, la confidentialité, le consentement éclairé et la lutte contre la stigmatisation. La définition des populations clés y a également été précisée.
C’est dans ce contexte que le Bénin a commémoré la Journée internationale « Zéro discrimination ».
L’événement, initié par le ministère de la Santé à travers le CNLS-TP, s’est tenu le samedi 21 mars 2026 au grand amphithéâtre de la Faculté des sciences de la santé (FSS) de Cotonou. Il a réuni autorités, partenaires techniques, acteurs de la société civile et étudiants autour d’un objectif commun : promouvoir un environnement exempt de stigmatisation.

Placée sous le thème « Les personnes d’abord » (People first), cette édition met l’accent sur les droits humains dans la riposte au VIH. Elle vise à placer les PVVIH au centre des actions. Malgré les progrès enregistrés, les organisateurs rappellent que la stigmatisation reste un obstacle majeur à l’élimination du sida à l’horizon 2030. La journée a débuté par une caravane de sensibilisation entre le carrefour Cadjèhoun et la FSS. Encadrée par les forces de sécurité, elle a mobilisé des organisations communautaires et des conducteurs de taxi-moto formés à la sensibilisation, afin de renforcer l’ancrage local du message « zéro discrimination ».
Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a insisté sur la dimension humaine de la riposte : « La fin du VIH ne sera possible que si nous plaçons la dignité humaine au centre de nos actions », a-t-il affirmé.

Selon le préfet du Littoral, Alain Sourou Orounla, la portée sociale est un point convergent de cet engagement : « Zéro discrimination n’est pas seulement un idéal. C’est une exigence morale », a-t-il déclaré. Intervenant au nom du Système des Nations Unies, le Dr Jean Konan a rappelé que les préjugés freinent l’accès aux soins. « Une personne sur quatre vivant avec le VIH subit encore des discriminations », a-t-il précisé.
L’un des moments forts de cette célébration a été la présentation de la loi n°2026-02. Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le sida, Bachabi Moussa, a détaillé les innovations du texte. La loi passe de 37 à 59 articles, répartis en neuf chapitres. Plusieurs dispositions ont été modifiées ou ajoutées afin de renforcer la prévention, la prise en charge et la protection juridique des PVVIH.

Au-delà de la commémoration, les organisateurs visent une meilleure appropriation de la loi, un renforcement du plaidoyer et une sensibilisation accrue des populations. L’initiative entend aussi consolider la collaboration entre les acteurs, dans une approche intégrée alliant santé publique, droits humains et engagement communautaire. Malgré les avancées, la stigmatisation demeure une réalité qui pourrait freiner les efforts engagés.
Par ailleurs, Urielle Assogba la jeunesse étudiante en sciences sociales à la FSS, y voit un appel à l’engagement citoyen. Selon elle, la nouvelle loi devrait encourager les jeunes à « sensibiliser autour d’eux et de montrer que les personnes vivant avec le VIH ne sont pas à mettre à l’écart ».
Laura LEKE
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