
L’Association des cliniques privées du Bénin (ACPB) a officiellement lancé, ce vendredi 15 mai, les sixièmes journées nationales des cliniques privées du Bénin (JNCPB). Placées sous le thème « Numérique et innovation au service des cliniques privées du Bénin », ces assises réunissent professionnels de santé, partenaires techniques et financiers, ainsi que des institutions de la République pour réfléchir à l’opérationnalisation de la digitalisation dans le parcours de soins.
« Le système de santé mondiale connaît une transformation profonde. Le numérique modifie les pratiques médicales, la gestion et l’accès aux soins », a d’emblée planté le décor Josias Sohinto, président de l’ACPB. Pour lui, le Bénin ne peut rester en marge de cette révolution : « Aujourd’hui, le numérique n’est plus une option, il devient une nécessité stratégique. »
Le choix du thème a été salué par le représentant du ministre de la Santé, le professeur Jérôme Padonou, qui a procédé au lancement officiel des travaux. « Ces journées portent sur le thème ‘le numérique et l’innovation au service des cliniques privées’. Le choix de ce thème traduit parfaitement les enjeux actuels de notre système de santé et les mutations profondes qui s’opèrent aujourd’hui dans le domaine sanitaire à travers le monde », a-t-il déclaré, avant de rappeler l’attention particulière du gouvernement pour la sécurité des données sanitaires.
Numérique et complémentarité des acteurs de soins
Plusieurs interventions ont marqué l’ouverture. Le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Bénin a insisté sur la complémentarité des acteurs : « Vous savez, on ne peut parler du médecin sans parler du pharmacien. Les différents acteurs de la chaîne de soins sont complémentaires. […] Les produits pharmaceutiques occupent une place essentielle dans la prise en charge des patients, de la disponibilité des médicaments à leur dispensation sécurisée en passant par la traçabilité, le suivi thérapeutique et le conseil pharmaceutique. Aujourd’hui, les innovations numériques offrent des opportunités considérables pour améliorer la qualité des soins. »







Abondant dans le même sens, la représentante du représentant résident de l’OMS au Bénin a souligné que le numérique occupe désormais une place centrale dans le renforcement des systèmes sanitaires. Elle a cité des avancées concrètes (télémédecine, surveillance épidémiologique, dossiers médicaux électroniques) tout en mettant en garde : « Cette transformation digitale ne peut produire pleinement ses effets sans investissement adéquat dans les infrastructures numériques, la formation des ressources humaines, la protection des données de santé, la cybersécurité et la gouvernance des systèmes d’information sanitaire. »
Cinq axes pour une digitalisation innovante
Le président de la Plateforme du Secteur Sanitaire Privé du Bénin, Latif Mousse, a proposé cinq axes structurants : un système d’information interopérable centré sur le patient (dossier électronique fiable, accessible et sécurisé), le déploiement de la télémédecine, le recours à l’intelligence artificielle (aide au diagnostic, triage), un modèle de financement durable, et le renforcement continu des compétences. « On ne devait plus parler du privé, du public. Renforcement du système de santé de manière intelligente et rationnelle dans une cohésion vraiment des points de vue », a-t-il plaidé. Latif Mousse a conclu sur une vision ambitieuse : « Ensemble, nous puissions bâtir au Bénin un modèle d’établissement de santé numérique, sûr, humain et apprenant qui inspire la solution. Un modèle où l’innovation n’est pas une fin en soi mais un moyen d’offrir à chaque patient le bon soin au bon moment et au bon endroit. »
L’éthique et l’humain au cœur du numérique
Dr Abou ADEGBINDIN, Président du Conseil national de l’Ordre des médecins du Bénin a appelé à une adaptation contextualisée : « Nous devons avoir nos réalités et nous adapter à nos réalités. On ne doit pas aller prendre les données des Caucasiens pour venir les implanter à nos populations du Bénin. » Il a également insisté sur la place centrale de l’humain : « Le numérique ne doit pas faire perdre à la médecine sa dimension humaine. […] L’IA ne peut pas remplacer l’homme, il doit nous aider à mieux faire. »
Quant à Simone Condere, Directrice générale de Serena Medical Consulting, elle a vu dans cette rencontre « un acte fort, celui de reconnaître que le numérique n’est plus un sujet secondaire, mais un pilier structurant de l’avenir du secteur de la santé du Bénin ». Selon elle, les enjeux sont clairs : mieux organiser les soins, améliorer leur qualité et renforcer les capacités des acteurs.
Une ambition : bâtir un modèle de clinique numérique, sûr et humain
Le président Josias Sohinto a rappelé que ces sixièmes journées, qui incluent des formations pratiques depuis le lundi, visent à « améliorer l’expérience patient, renforcer le système par la base ». Il a formulé le vœu que ces assises débouchent sur « des recommandations fortes, des partenariats durables et surtout des actions concrètes pour accélérer la digitalisation des cliniques privées au Bénin ».
Les sixièmes journées nationales des cliniques privées du Bénin se poursuivent avec des ateliers et panels, confirmant six éditions d’échange et d’engagement collectif, preuve d’une dynamique qui s’ancre durablement dans le paysage sanitaire béninois.
Pour le compte de cette journée du 15 mai 2026, activités ont eu lieu dont une conférence inaugurale, une table ronde et deux ateliers thématiques sur l’apport du numérique au secteur sanitaire béninois animés par d’éminents experts nationaux et internationaux.
Rappelons que les sixièmes journées nationales des cliniques privées du Bénin se tiennent sur autorisation du gouvernement en conseil des ministres du 13 mai 2026.
Constance AGOSSA
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