
Cet article s’appuie sur le profil publié par Forbes Afrique et sur les déclarations de Georges Alé rapportées par le magazine.
Alors que le président Romuald Wadagni entame son septennat ce dimanche 24 mai, son premier gouvernement a été dévoilé. Pour succéder à l’architecte José Tonato, connu pour la transformation des infrastructures béninoises, le chef de l’État a choisi un profil technique de premier ordre : Georges Alé. Ce docteur en génie civil, ancien cadre dirigeant chez Vinci et Bouygues, hérite d’un portefeuille stratégique alliant cadre de vie, des transports chargé du développement durable. Retour sur le parcours d’une « Excellence béninoise » que Forbes Afrique avait récemment mis à l’honneur.

C’est une nomination qui témoigne de la volonté du président Romuald Wadagni de poursuivre et d’amplifier la modernisation des infrastructures tout en intégrant les impératifs environnementaux. Georges Alé, nouveau ministre du Cadre de vie, des Transports et du Développement durable, n’est pas un inconnu dans le monde des BTP. À la tête de la Société de Développement de Projets (SDP), il s’est imposé en deux ans comme un acteur incontournable du conseil en gestion de projets en Afrique de l’Ouest.
Comme l’a récemment rapporté Forbes Afrique, ce parcours exceptionnel est d’abord celui d’un ingénieur de haute volée. « Ingénieur et docteur en génie civil formé à l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi au Bénin et à l’École polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse, Georges ALÉ est titulaire d’un MBA de l’INSEAD », rappelle le magazine économique. Une formation d’excellence qui lui a permis de passer près de vingt ans à des postes de direction chez deux géants mondiaux du BTP : Vinci et Bouygues.
Un parcours forgé sur les chantiers africains
Avant de fonder SDP en 2022, Georges Alé a gravi tous les échelons. Il a dirigé des projets complexes au Tchad, au Rwanda, en Ouganda, au Mali, au Niger et au Maroc. Selon Forbes Afrique, il est même devenu « le premier ressortissant d’Afrique subsaharienne nommé à un poste de direction de Vinci au Maroc », où il a supervisé l’aménagement de la vallée du Bouregreg entre Rabat et Salé.
Mais c’est peut-être au Niger qu’il a démontré sa capacité à transformer l’essai. Arrivé pour redresser une filiale en déclin dans un contexte sécuritaire tendu, il a fait passer le chiffre d’affaires de 5 à plus de 80 millions d’euros en trois ans. Une prouesse qui illustre sa maîtrise des défis, qu’ils soient techniques, humains ou financiers.

De retour au pays en 2018 comme administrateur-directeur général de Colas Afrique (groupe Bouygues), Georges Alé a obtenu de pouvoir s’installer à Cotonou. Une fierté particulière pour cet ingénieur qui confiait à Forbes Afrique : « Ma plus grande fierté est d’avoir réalisé dans mon pays des ouvrages complexes et prestigieux comme la place de l’Amazone, le boulevard de la Marina, l’aéroport de Cotonou ».
Ces réalisations emblématiques, qui ont marqué le mandat de Patrice Talon, placent aujourd’hui Georges Alé en héritier naturel de José Tonato. Mais son portfolio ministériel est élargi : il devra désormais conjuguer développement des transports et impératifs de durabilité.
Le défi environnemental et l’innovation
Nommé en juin 2024 membre du conseil d’administration du corridor Abidjan-Lagos – « l’un des projets les plus ambitieux d’Afrique, avec près de 1 000 km d’autoroutes à construire et un investissement de plus 16 milliards de dollars », souligne Forbes Afrique, Georges Alé a déjà une vision claire des enjeux.
Son entreprise SDP, spécialisée dans le conseil et la maîtrise d’ouvrage, illustre sa méthode : rigueur, digitalisation et prise en compte des aspects environnementaux. « Nous ne fournissons que de la prestation intellectuelle », expliquait-il, rappelant que son entreprise couvre « tous les aspects en matière de projet BTP : techniques, financiers, juridiques, sociaux environnementaux ».
Pour ce nouveau ministre, l’heure est à la transmission. Il dispense déjà des cours de leadership et de management de projets à l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi et organise des SDP Talks sur des sujets comme la mobilité urbaine ou l’utilisation des matériaux locaux.
Un défi de taille
En succédant à José Tonato, l’architecte qui a transformé le Bénin en matière d’infrastructures, Georges Alé sait qu’il sera attendu au tournant. Mais son parcours chez les géants mondiaux du BTP et son expérience dans la résolution de crises complexes (comme au Niger) laissent présager qu’il saura insuffler une nouvelle dynamique.
Le président Wadagni, qui a fait de l’efficacité et de la technocratie sa marque de fabrique, trouve avec Georges Alé un allié de taille pour relever les défis de la mobilité durable et de la qualité du cadre de vie. Reste à voir comment cet homme d’affaires accompli, habitué aux juteux contrats internationaux, transposera son savoir-faire au service de l’intérêt général.
Le nouveau ministre devra répondre à plusieurs urgences : réduction des émissions liées aux transports, gestion durable des déchets urbains, et intégration des critères environnementaux dans les grands projets routiers.
Megan Valère SOSSOU
Share this content:




