
Dans le silence des souffrances des communautés, il y a ceux qui regardent avec passivité, d’autres qui agissent sans combler les attentes, puis il y a une troisième catégorie de citoyens : ceux qui observent avec attention, questionnent sans juger, analysent avec objectivité et documentent pour éclairer. Soulémane AHODJIDE fait partie de ces derniers. L’étudiant de l’Ecole Doctorale des Sciences Agronomiques et de l’Eau de l’Université de Parakou (EDSAE-UP) l’a clairement démontré à travers sa thèse de doctorat, soutenue publiquement le mercredi 24 juin 2026, avec la mention « Très honorable et les félicitations du jury »
« Cartographie des inégalités socio-spatiales de l’accès à l’eau potable dans la commune de Parakou ». C’est le thème sur lequel ont porté les réflexions de Soulémane AHODJIDE dans le cadre de sa thèse de doctorat unique, soutenue publiquement le mercredi 24 juin 2026 à l’Université de Parakou. Le document de 320 pages a reçu les appréciations d’un jury international composé d’éminents professeurs du Bénin et du Togo.

Membres du jury
Dans son grand oral, l’impétrant fait observer que l’accès équitable et durable à l’eau potable reste un défi majeur dans les villes des pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne. A Parakou, précise-t-il, cette ressource vitale est marquée par de fortes inégalités socio-spatiales. Pour Soulémane AHODJIDE, sa recherche ne prétend aucunement délivrer une solution miracle aux problèmes que pose l’accès à l’eau dans la commune de Parakou, mais elle vise à éclairer les autorités en charge de la gestion de cette ressource vitale. « Nous voulons contribuer à une prise de décision éclairée à partir d’une modélisation des inégalités socio-spatiales observées dans la gestion de l’eau », a-t-il indiqué.
Accès à l’eau potable : des disparités persistantes à Parakou
Les résultats de la recherche, basés sur une enquête impliquant plus de 400 ménages et des échanges avec différents acteurs du secteur de l’eau, mettent en lumière une disparité socio-spatiale entre les ménages urbains et ceux des zones périurbaines. A en croire l’impétrant, les ménages urbains, plus aisés, disposent d’infrastructures d’accès à l’eau potable de qualité, tandis que ceux éloignés du centre-ville restent vulnérables. « L’accessibilité reste un défi pour une part significative de la population, avec des distances à parcourir parfois importantes et des coûts prohibitifs pour les plus défavorisés », souligne-t-il.

Soulémane AHODJIDE
Soulémane AHODJIDE pointe du doigt les pannes fréquentes, la faible couverture des infrastructures et les problèmes d’assainissement, qui limitent davantage l’accès à une eau de qualité.
Un modèle pour réduire les inégalités
Pour faciliter un accès équitable et durable à l’eau potable, Soulémane AHODJIDE ne s’est pas limité à une étude scientifique basée sur des théories. Il propose un modèle pour réduire les écarts observés dans l’approvisionnement en eau potable dans la troisième ville à statut particulier. « Les inégalités en matière d’accès à l’eau potable persistent comme une problématique tangible. Il apparaît pertinent de développer un modèle qui soit à la fois adapté, inclusif et reproductible, en vue de contribuer à la réduction durable des inégalités », suggère-t-il. En proposant ce modèle, l’impétrant poursuit une vision qu’il affiche clairement : un accès équitable, durable et de qualité à l’eau potable à l’horizon 2030, en mettant fin aux disparités socio-spatiales d’approvisionnement en eau potable à Parakou.
Soulémane AHODJIDE n’a pas conclu sa présentation sans rappeler que la réduction des inégalités d’accès à l’eau potable nécessite une approche intégrée, fondée sur l’équité territoriale, l’efficacité des services, l’engagement des communautés et la synergie entre acteurs publics et privés. Pour lui, c’est à cette condition que l’eau, en tant que droit fondamental, pourra véritablement être accessible à tous.
Le verdict du jury
La soutenance de Soulémane AHODJIDE s’est déroulée en présence d’une forte assistance, mais surtout sous le regard critique et objectif d’un jury bien constitué. Dans le fond comme dans la forme, le travail de l’impétrant a été passé au peigne fin. Si quelques observations ont été faites par les membres du jury pour améliorer la qualité scientifique du travail, ceux-ci ont, à l’unanimité, salué la rigueur méthodologique, la qualité des analyses faites ainsi que la fiabilité des résultats obtenus par l’impétrant. La séance a été clôturée par le verdict du jury, prononcé par son Président, le Prof. Dr. Ir. Jacob YABI, qui a salué la qualité du travail abattu par l’impétrant, avant de lui décerner la mention « Très honorables avec les félicitations du jury ».

Port de toge
Faut-il le souligner, Soulémane AHODJIDE a planché devant un jury composé de 7 membres. Il s’agit du Dr. Ir. Jacob YABI, Professeur Titulaire à la Faculté d’Agronomie de l’Université de Parakou (Président du jury) ; du Dr. Jean-Bosco Kpatindé VODOUNOU, Professeur Titulaire à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Parakou (Directeur de thèse) ; du Dr. Frédéric M’Bouaré KOMBIENI, Maître de Conférences à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Parakou (Co-Directeur de thèse) ; du Dr. José Edgard GNELE, Professeur Titulaire à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Parakou (1er Examinateur) ; du Dr. Padabô KADOUZA, Professeur Titulaire à l’Université de Kara au Togo (2ème Examinateur dont l’intervention s’est faite par visioconférence) ; du Dr. Sylvain Ahotondji VISSOH, Professeur Titulaire à l’Université d’Abomey-Calavi (3ème Examinateur), et du Dr. Yvon Carmen HOUNTONDJI, Maître de Conférences à l’Université de Parakou (4ème Examinateur).
Pour Soulémane AHODJIDE, désormais Docteur en Aménagement et Gestion des Ressources Naturelles (AGRN), cette thèse représente bien plus qu’un aboutissement de parcours académique. Elle constitue une boussole pour les décideurs politiques, un guide pour orienter les actions en faveur d’un accès renforcé à l’eau potable dans la commune de Parakou et au-delà.
Dr. Soulémane AHODJIDE se dit donc disponible à collaborer avec toutes les parties prenantes, notamment les autorités municipales ainsi que les responsables de la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB), en vue d’une opérationnalisation du modèle proposé, pour renforcer l’accès à l’eau potable et réduire les inégalités persistantes au sein de la population.
Contacts (Dr. Soulémane AHODJIDE) : +229 01 60 12 11 70 / 01 97 12 84 91
Venance Ayébo TOSSOUKPE
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